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      <titleStmt>
        <title>N°. 21.</title>
        <author>Anonyme (Joseph Marie Durey de Morsan)</author>
      </titleStmt>
      <editionStmt>
        <edition>Moralische Wochenschriften</edition>
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          <name>Klaus-Dieter Ertler</name>
          <resp>Herausgeber</resp>
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        <respStmt>
          <name>Hannah Bakanitsch</name>
          <resp>Mitarbeiter</resp>
        </respStmt>
        <respStmt>
          <name>Elisabeth Hobisch</name>
          <resp>Herausgeber</resp>
        </respStmt>
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          <name>Katharina Jost</name>
          <resp>Mitarbeiter</resp>
        </respStmt>
        <respStmt>
          <name>Mario Müller</name>
          <resp>Mitarbeiter</resp>
        </respStmt>
        <respStmt>
          <name>Sarah Lang</name>
          <name>Gerlinde Schneider</name>
          <name>Martina Scholger</name>
          <name>Johannes Stigler</name>
          <name>Gunter Vasold</name>
          <resp>Datenmodellierung</resp>
          <resp>Applikationsentwicklung</resp>
        </respStmt>
      </editionStmt>
      <publicationStmt>
        <publisher>
          <orgName ref="http://romanistik.uni-graz.at/">Institut für Romanistik,
                        Universität Graz</orgName>
        </publisher>
        <publisher>
          <orgName ref="http://informationsmodellierung.uni-graz.at">Zentrum für
                        Informationsmodellierung, Universität Graz</orgName>
        </publisher>
        <pubPlace>Graz</pubPlace>
        <date when="2019-01-14">14.01.2019</date>
        <idno type="PID">o:mws.7169</idno>
      </publicationStmt>
      <sourceDesc>
        <bibl>Anonyme: La Bigarure ou Gazette galante, historique, litteraire, critique,
                    morale, satirique, serieuse et badine. Tome Quatrieme. La Haye : chez Pierre
                    Gosse junior, Libraire. 1750, 7-8 </bibl>
        <bibl type="Gesamtausgabe" xml:id="BIG">
          <title level="j">La
                        Bigarure</title>
          <biblScope unit="volume">4</biblScope>
          <biblScope unit="issue">021</biblScope>
          <date>1750</date>
          <placeName>Frankreich</placeName>
        </bibl>
      </sourceDesc>
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      <editorialDecl>
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            <interpGrp type="Narrative_Darstellungsebenen">
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              <interp xml:id="AE">Allgemeine Erzählung</interp>
              <interp xml:id="SP">Selbstportrait</interp>
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              <interp xml:id="MT">Metatextualität</interp>
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        <name type="place">Graz, Austria</name>
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        <language ident="fr">French</language>
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<p rend="SO"><hi rend="smallcaps"><milestone unit="E2" xml:id="FR.2"></milestone> <milestone unit="LB" xml:id="FR.3"></milestone> Vous</hi> me demandez, Monsieur, l’éclaircissement et le détail d’un événement dont vous me marquez que vous venez d’entendre parler, mais d’une manière fort confuse. C’est, dites-vous, une emeute arrivée à <hi rend="italic">Vincennes</hi>, à l’occasion de l’enlevement qu’on y a, dit-on, voulu faire de quelques Enfans. Comme ce Vilage n’est qu’à une petite lieuë d’ici, vous avez présumé que j’en devois être instruit, si tant est que la chose ait valu la peine que l’on s’en informat. </p>
<p><hi rend="smallcaps">Assurement</hi>, Monsieur, elle le méritoit ; &amp; je puis vous protester que depuis tres long-tems, nous n’avons point eu d’événement ici qui ait fait plus de bruit, ni qui ait eu de plus fâcheuses suites. Aussi aurois-je été le premier à vous en informer si la chose m’avoit été possible plus tôt. Mais, comme dans la premiere chaleur des émotions populaires, il est impossible de démeler la vérité, &amp; que celle-ci a duré pendant plusieurs jours, j’ai cru devoir attendre qu’elle fut finie, &amp; que les esprits fussent calmez &amp; tranquilles, pour pouvoir en aprendre plus surement tout le détail, &amp; vous en instruire ensuite. C’est ce que je suis en état de faire aujourdhui ; de manière que non seulement vous ne perdrez rien pour avoir attendu, mais que vous seriez même fâché que je l’eusse fait plus-tôt, par la raison que ce que j’aurois pu vous en écrire n’auroit pas eu le même degré de certitude. L’examen &amp; la discussion des grands événemens demandent du tems ; &amp; vous sҫa-<pb n="8"></pb>vez, Monsieur, que ce n’est que par ce moyen qu’on vient à bout de discerner la Vérité du Mensonge. Un Arrêt que notre Parlement vient de rendre à ce sujet, &amp; qui a enfin terminé tous ces troubles, vous prouvera que l’affaire a été des plus sérieuses. En voici l’Histoire &amp; le détail. </p>
<p><hi rend="smallcaps">On</hi> vous a trompé, Monsieur, quand on vous a dit que c’étoit à <hi rend="italic">Vincennes</hi> que ces tumultueuses Scènes se sont passées. Ce n’est point dans ce Vilage, mais dans notre Capitale même, où peu s’en est fallu qu’elles n’ayent ramené la fâmeuse &amp; sanglante journée des <hi rend="italic">Baricades*</hi><hi rend="superscript"><note n="1">* Voyez <hi rend="italic">Mezerai</hi>, Histoire de <hi rend="italic">France</hi>, &amp; tous nos autres Historiens, Regne de <hi rend="italic">Henri III</hi>, Anno 1588.</note></hi>. On ignore qui en ont été les premiers &amp; véritables auteurs ; mais il n’y a point à douter que ces révoltes (car nous en avons eu dans presque tous les quartiers de <hi rend="italic">Paris</hi>, &amp; cela pendant plus de huit jours) n’ayent été fomentées par des personnes mal-intentionnées pour le bien public, &amp; par cette sorte de gens qui ne trouvent leur compte qu’où les autres trouvent leur ruine. L’entreprise auroit paru difficile à tout autre. La bonté, la soumission, la douceur, &amp; la docilité, qui sont comme naturelles à nos <hi rend="italic">Parisiens</hi>, leur font regarder avec une espéce d’horreur tout ce qui a le moindre air de sédition. Mais quelque bons que soient les hommes, il n’y en a point dont on ne puisse faire tout ce qu’on veut lorsqu’on les sҫait prendre par leur foible ; &amp; malheureusement il n’y en a point sur la Terre qui n’ait le sien, plus ou moins grand. Il ne faloit donc que prendre nos bons <hi rend="italic">Parisiens</hi> par le leur ; &amp; c’est ce que firent ces brouillons, en leur faisant craindre l’enlevement de leurs Enfans. <milestone rend="closer" unit="LB"></milestone> <milestone rend="closer" unit="E2"></milestone></p>
<p>(<hi rend="italic">La suite dans le No. suivant.</hi>) <milestone rend="closer" unit="E1"></milestone></p>
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                  <seg synch="#FR.3" type="LB"> Vous me demandez, Monsieur,
                                        l’éclaircissement et le détail d’un événement dont vous me
                                        marquez que vous venez d’entendre parler, mais d’une manière
                                        fort confuse. C’est, dites-vous, une emeute arrivée à
                                        Vincennes, à l’occasion de l’enlevement qu’on y a, dit-on,
                                        voulu faire de quelques Enfans. Comme ce Vilage n’est qu’à
                                        une petite lieuë d’ici, vous avez présumé que j’en devois
                                        être instruit, si tant est que la chose ait valu la peine
                                        que l’on s’en informat. Assurement, Monsieur, elle le
                                        méritoit ; &amp; je puis vous protester que depuis tres
                                        long-tems, nous n’avons point eu d’événement ici qui ait
                                        fait plus de bruit, ni qui ait eu de plus fâcheuses suites.
                                        Aussi aurois-je été le premier à vous en informer si la
                                        chose m’avoit été possible plus tôt. Mais, comme dans la
                                        premiere chaleur des émotions populaires, il est impossible
                                        de démeler la vérité, &amp; que celle-ci a duré pendant
                                        plusieurs jours, j’ai cru devoir attendre qu’elle fut finie,
                                        &amp; que les esprits fussent calmez &amp; tranquilles, pour
                                        pouvoir en aprendre plus surement tout le détail, &amp; vous
                                        en instruire ensuite. C’est ce que je suis en état de faire
                                        aujourdhui ; de manière que non seulement vous ne perdrez
                                        rien pour avoir attendu, mais que vous seriez même fâché que
                                        je l’eusse fait plus-tôt, par la raison que ce que j’aurois
                                        pu vous en écrire n’auroit pas eu le même degré de
                                        certitude. L’examen &amp; la discussion des grands événemens
                                        demandent du tems ; &amp; vous sҫa-<pb n="8"></pb>vez, Monsieur,
                                        que ce n’est que par ce moyen qu’on vient à bout de
                                        discerner la Vérité du Mensonge. Un Arrêt que notre
                                        Parlement vient de rendre à ce sujet, &amp; qui a enfin
                                        terminé tous ces troubles, vous prouvera que l’affaire a été
                                        des plus sérieuses. En voici l’Histoire &amp; le détail. On
                                        vous a trompé, Monsieur, quand on vous a dit que c’étoit à
                                        Vincennes que ces tumultueuses Scènes se sont passées. Ce    
                                    n’est point dans ce Vilage, mais dans notre Capitale même,
                                        où peu s’en est fallu qu’elles n’ayent ramené la fâmeuse
                                        &amp; sanglante journée des Baricades*<note n="1">* Voyez
                                            Mezerai, Histoire de France, &amp; tous nos autres
                                            Historiens, Regne de Henri III, Anno 1588.</note>. On
                                        ignore qui en ont été les premiers &amp; véritables
                                        auteurs ; mais il n’y a point à douter que ces révoltes (car
                                        nous en avons eu dans presque tous les quartiers de Paris,
                                        &amp; cela pendant plus de huit jours) n’ayent été fomentées
                                        par des personnes mal-intentionnées pour le bien public,
                                        &amp; par cette sorte de gens qui ne trouvent leur compte
                                        qu’où les autres trouvent leur ruine. L’entreprise auroit
                                        paru difficile à tout autre. La bonté, la soumission, la
                                        douceur, &amp; la docilité, qui sont comme naturelles à nos
                                        Parisiens, leur font regarder avec une espéce d’horreur tout
                                        ce qui a le moindre air de sédition. Mais quelque bons que
                                        soient les hommes, il n’y en a point dont on ne puisse faire
                                        tout ce qu’on veut lorsqu’on les sҫait prendre par leur
                                        foible ; &amp; malheureusement il n’y en a point sur la
                                        Terre qui n’ait le sien, plus ou moins grand. Il ne faloit
                                        donc que prendre nos bons Parisiens par le leur ; &amp;
                                        c’est ce que firent ces brouillons, en leur faisant craindre
                                        l’enlevement de leurs Enfans. </seg>
                </seg> (La suite dans le No. suivant.) </seg>
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