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        <title>Avertissement</title>
        <author>Anonyme (Joseph Marie Durey de Morsan)</author>
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        <edition>Moralische Wochenschriften</edition>
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          <name>Klaus-Dieter Ertler</name>
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          <name>Mario Müller</name>
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          <name>Gerlinde Schneider</name>
          <name>Martina Scholger</name>
          <name>Johannes Stigler</name>
          <name>Gunter Vasold</name>
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          <resp>Applikationsentwicklung</resp>
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        <publisher>
          <orgName ref="http://romanistik.uni-graz.at/">Institut für Romanistik,
                        Universität Graz</orgName>
        </publisher>
        <publisher>
          <orgName ref="http://informationsmodellierung.uni-graz.at">Zentrum für
                        Informationsmodellierung, Universität Graz</orgName>
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        <pubPlace>Graz</pubPlace>
        <date when="2019-01-14">14.01.2019</date>
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        <bibl>Anonyme: La Bigarure ou Gazette galante, historique, litteraire, critique,
                    morale, satirique, serieuse et badine. Tome Quatrieme. La Haye : chez Pierre
                    Gosse junior, Libraire. 1750, 3-6 </bibl>
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          <title level="j">La
                        Bigarure</title>
          <biblScope unit="volume">4</biblScope>
          <biblScope unit="issue">000</biblScope>
          <date>1750</date>
          <placeName>Frankreich</placeName>
        </bibl>
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            <term xml:lang="de">Autopoetische Reflexion</term>
            <term xml:lang="it">Riflessione Autopoetica</term>
            <term xml:lang="en">Autopoetical
                            Reflection</term>
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                            Autopoética</term>
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<p rend="EU"><milestone unit="E1" xml:id="FR.1"></milestone> </p>
<div1><head><hi rend="smallcaps">Avertissement</hi></head>
<p rend="SO"><hi rend="smallcaps"><milestone unit="E2" xml:id="FR.2"></milestone> <milestone unit="MT" xml:id="FR.3"></milestone> Ri</hi><hi rend="italic">en</hi> <hi rend="italic">ne démontre mieux la petitesse de certains esprits, que la peine qu’on a à leur faire entendre les choses les plus simples. Par le titre que nous avions donné dabord &lt;sic&gt; à cette Feuille, &amp; par l’explication que nous y avions jointe de tout ce qu’elle contient, nous croyions avoir mis tout le monde au fait de notre projet ; Cependant nous avons appris qu’il y avoit des gens qui, non seulement l’ignoroient encore, mais qui avoient même de nos Feuilles une idée toute différente de ce qu’elles sont dans la réalité. Il est vrai que nous devons bien moins nous en prendre à ces personnes, qu’à la méchanceté de quelques Envieux qui ont, apparemment, jugé qu’il étoit de leur intérêt de les décrier. Ils les leur ont representé comme un Réchauffé de vieux Contes à dormir de bout, plus faux, &amp; plus ridicules mille fois, que ceux de</hi> Peau d’Ane, de la Barbe bleue, <hi rend="italic">de la</hi> Femme au nez de boudin, &amp;c. <hi rend="italic">comme une Rapsodie sans choix, sans goût, &amp; sans discernement, en un mot comme un fatras d’impertinences &amp; de Vieilles Balivernes, ramassées par un sot qui n’eut jamais d’autre talent que celui d’ennuyer le Public. </hi></p>
<p><hi rend="italic">C’est, en effet, en ces termes que se sont expliquez sur notre travail deux Ecrivains Périodiques, dans le dessein, apparemment, de voir leurs Feuilles s’élever sur les ruines de celle-ci. Comme tout le monde connoit le désinteressement &amp; le mérite de ces Messieurs, personne n’a été étonné de leur entendre tenir ce langage</hi>. <hi rend="italic">On auroit été trompé, au contraire, s’ils avoient parlé autrement. C’auroit été pour la première fois de leur vie. Pour nous, qui connoissions leur caractere, nous nous attendions à ce torrent d’injures de leur part : Aussi, bien loin de nous fâcher, il nous a fort divertis ; &amp; nous nous sommes bien gardés d’y répondre. En effet</hi> <hi rend="italic">qu’aurions-nous avancé par-là ? Ce que nous aurions pu dire d’eux n’auroit rien ajouté à ce que le Public en sҫait déja, &amp; auroit été suspect à ceux qui ne les connoissent pas. Ce n’est point à un Ecrivain, lorsqu’il a tant soit peu de jugement, à répondre aux sottises dont ses envieux s’efforcent de l’accabler. C’est à ses Lecteurs à juger s’il les mérite. Dès qu’ils lui rendent justice, il doit être plus que content. </hi></p>
<p><hi rend="italic">Grace à l’indulgence des notres, nous avons eu cette satisfaction ; &amp; tout ce que la Jalousie à pu dire &amp; écrire contre cette Feuille, n’a servi qu’à la leur faire lire avec encore plus d’ardeur, &amp; plus d’empressement, qu’ils ne faisoient auparavant. Nous leur en devons, sans doute, un remerciment. Nous nous aquitons de ce devoir, en les assurant que nous sommes extrêmement sensibles à leurs bontez, que notre reconnoissance les égale, &amp; que nous tâcherons de nous en rendre dignes de plus en plus par les nouveaux efforts que nous ferons pour leur plaire. C’étoit le but que nous nous étions principalement proposez en leur presentant cette Feuille. </hi></p>
<p><hi rend="italic">Sans rien changer au plan que nous nous y sommes fait, &amp; que nous avons suivi, nous avons cru, pour mettre tout le monde au fait de ce qu’elle contient, devoir en expliquer une seconde fois le titre, d’une manière qui en donnât une idée juste, nette, &amp; précise. C’est ce que nous avons fait à la tête de ce quatrieme Volume, en joignant à son premier titre, de</hi> <hi rend="smallcaps">Bigarure</hi>, <hi rend="italic">celui de</hi> <hi rend="smallcaps">Gazette</hi> Galante, Historique, Littéraire, Critique, Morale, Satirique, Sérieuse, &amp; Badine. <hi rend="italic">Si ce titre, &amp; le petit détail dont il est encore suivi, ne suffisent pas pour donner de cette Feuille l’idée qu’on en doit avoir, &amp; de ce qu’elle est réellement ; nous avouerons franchement que nous ne sҫavons point de quelle maniere il s’y faut prendre pour se faire entendre à certaines personnes. </hi></p>
<p><hi rend="italic">A l’égard de celles qui pouroient s’être laissé surprendre aux clabauderies de nos Enrieux, nous n’avons point d’autre grace à leur demander que celle de vouloir bien jetter les yeux sur la Table des Matieres contenues dans nos deux premiers Volumes, &amp; sur le troisieme ; Elles y verront précisément le contraire de ce qu’on leur en a dit, et reconnoitront si nous leur en avons imposé en donnant à cette Feuille le titre de</hi> <hi rend="smallcaps">Bigarure</hi>, <hi rend="italic">ou de</hi> <hi rend="smallcaps">Gazette</hi>, Galante Littérarie, &amp;c.</p>
<p><hi rend="italic">Mais en voulant remedier à un petit mal, n’allons nous point, comme il arrive quelquefois, en faire un beaucoup plus grand ? Nous ferons peut-être taire les Envieux ; mais ne nous mettrons-nous point à dos Messieurs les Gazetiers. La chose seroit à craindre pour nous si nous allions sur leurs brisées. Mais ils ont deja pu voir, depuis huit mois que notre Feuille se débite, que ce ne fut jamais, &amp; nous leur declarons encore ici que ce n’est point notre intention. Au reste, si la chose arrive quelquefois (comme il se peut faire qu’elle soit déja arrivée, à notre insҫu) ce ne sera, tout au plus, que dans quelques fuits curieux &amp; interressants qu’ils ne font ordinairement qu’effleurer dans leurs Gazettes, &amp; dont on nous envoye les détails circonstanciez que leurs Correspondants leur laissent souvent ignorer. En ce cas, ils ont trop de raison &amp; trop d’équité pour trouver mauvais que d’autres qu’eux en instruisent le Public. Ce n’est point alors un larcin, ni un tort qu’on leur fait. C’est un devoir ; c’est un droit sur lequel ces Messieurs n’ont, ni ne peuvent former, aucune prétention.</hi></p>
<p><hi rend="italic">Qu’ils se tranquilisent donc, &amp; qu’ils soient persuadez que notre intention n’est pas de leur faire le moindre tort. On n’a point vu, &amp; l’on ne verra jamais dans notre Feuille, de Messes solemnelles chant’es &lt;sic&gt; par la Musique Royale, &amp; auxquelles L.M. ont assisté, point de Voyages de la Cour à</hi> Fontainebleau, <hi rend="italic">à l’</hi>Escurial, <hi rend="italic">aux Bains de</hi> las Caldas, <hi rend="italic">à</hi> Portici, <hi rend="italic">à</hi> Castel-Gandolphe, <hi rend="italic">à la</hi> Verue, <hi rend="italic">à</hi> Schonbrun, <hi rend="italic">à</hi> Leipsig, <hi rend="italic">à</hi> Potsdam, &amp;c. <hi rend="italic">point d’Assemblée ni de tenue de Conseils dont on ignore le sujet, les délibérations, &amp; le résultat ; point de Conjectures sur la proximité d’une Guerre immanquable, même dans le sein de la plus profonde Paix, point de grandes</hi> <hi rend="italic">parties de Chasse, faites par tels &amp; tels Princes, ou Seigneurs ; point d’allées &amp; de venues de Couriers expédiez par les Ministres de telle &amp; telle Cour à telle autre ; point de Morts de ces grands personnages dont on ne connoit que les noms, &amp; qui pendant leur vie n’ont eu d’autre mérite que celui que leur donna le hazard qui les fit naitre ce qu’ils ont été ; point de Mariage de la fille de Madame la Marquise, la Comtesse, la Baronne une telle avec le fils de Monsieur un tel, Fermier Général ; point de Fianҫailles entre Mr. Le Marquis, le Comte, le Baron de N…. &amp; la petite fille d’un riche Juif d’Amsterdam, ou d’un gros Marchand de la rue S.</hi> Denis ; <hi rend="italic">point d’annonce de l’arrivée des Vaisseaux de la Compagnie, ni de la vente de ses Marchandises ; en un mot on n’a point vu, &amp; l’on ne verra point dans notre Feuille, de faits de cette nature, ni de cette importance. Comme il y a des gens, d’un goût particulier &amp; extraordinaire, qui ne trouvent pas dans touts &lt;sic&gt; ces faits le grand intérêt que d’autres croyent y voir n’est-il pas juste qu’ils ayent aussi pour eux une Gazette qui soit de leur goût ? C’est pour ces personnes que nous imaginames, il y a huit mois, la notre d’où nous avons banni la multitude &amp; l’inutilité des faits &amp; des événements qui leur sont très indifferents, pour ne leur donner que ceux que nous avons cru qui leur feroient plaisir. Elles nous ont paru en être satisfaites jusqu’à ce jour. Comme c’étoit l’unique but que nous nous proposions, nous ne croyons pas, pour l’amour de quelques personnes enrieuses, &amp; de mauvaise humeur, devoir discontinuer notre travail. S’en fâche donc qui voudra, nous poursuivrons notre tâche, en laissant à ces Messieurs la liberté d’en faire autant, &amp; même mieux. Nous en serons charmez pour le Public. Au reste</hi>,</p>
<p rend="CI"><milestone unit="ZM" xml:id="FR.4"></milestone> Nos obtrectare si volet Malignitas,<lb></lb>Imitari dum non possit, obtrectet, licet.</p>
<p rend="QU"><hi rend="smallcaps">Phædr</hi>. Lib. V. <hi rend="italic">Prolog</hi>. <milestone rend="closer" unit="ZM"></milestone> <milestone rend="closer" unit="MT"></milestone> <milestone rend="closer" unit="E2"></milestone> <milestone rend="closer" unit="E1"></milestone></p>
<p></p></div1></body>
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              <seg synch="#FR.1" type="E1"> Avertissement <seg synch="#FR.2" type="E2">
                  <seg synch="#FR.3" type="MT"> Rien ne démontre mieux la
                                        petitesse de certains esprits, que la peine qu’on a à leur
                                        faire entendre les choses les plus simples. Par le titre que
                                        nous avions donné dabord &lt;sic&gt; à cette Feuille, &amp;
                                        par l’explication que nous y avions jointe de tout ce
                                        qu’elle contient, nous croyions avoir mis tout le monde au
                                        fait de notre projet ; Cependant nous avons appris qu’il y
                                        avoit des gens qui, non seulement l’ignoroient encore, mais
                                        qui avoient même de nos Feuilles une idée toute différente
                                        de ce qu’elles sont dans la réalité. Il est vrai que nous
                                        devons bien moins nous en prendre à ces personnes, qu’à la
                                        méchanceté de quelques Envieux qui ont, apparemment, jugé
                                        qu’il étoit de leur intérêt de les décrier. Ils les leur ont
                                        representé comme un Réchauffé de vieux Contes à dormir de
                                        bout, plus faux, &amp; plus ridicules mille fois, que ceux
                                        de Peau d’Ane, de la Barbe bleue, de la Femme au nez de
                                        boudin, &amp;c. comme une Rapsodie sans choix, sans           
                             goût, &amp; sans discernement, en un mot comme un fatras
                                        d’impertinences &amp; de Vieilles Balivernes, ramassées par
                                        un sot qui n’eut jamais d’autre talent que celui d’ennuyer
                                        le Public. C’est, en effet, en ces termes que se sont
                                        expliquez sur notre travail deux Ecrivains Périodiques, dans
                                        le dessein, apparemment, de voir leurs Feuilles s’élever sur
                                        les ruines de celle-ci. Comme tout le monde connoit le
                                        désinteressement &amp; le mérite de ces Messieurs, personne
                                        n’a été étonné de leur entendre tenir ce langage. On auroit
                                        été trompé, au contraire, s’ils avoient parlé autrement.
                                        C’auroit été pour la première fois de leur vie. Pour nous,
                                        qui connoissions leur caractere, nous nous attendions à ce
                                        torrent d’injures de leur part : Aussi, bien loin de nous
                                        fâcher, il nous a fort divertis ; &amp; nous nous sommes
                                        bien gardés d’y répondre. En effet qu’aurions-nous avancé
                                        par-là ? Ce que nous aurions pu dire d’eux n’auroit rien
                                        ajouté à ce que le Public en sҫait déja, &amp; auroit été
                                        suspect à ceux qui ne les connoissent pas. Ce n’est point à
                                        un Ecrivain, lorsqu’il a tant soit peu de jugement, à
                                        répondre aux sottises dont ses envieux s’efforcent de
                                        l’accabler. C’est à ses Lecteurs à juger s’il les mérite.
                                        Dès qu’ils lui rendent justice, il doit être plus que
                                        content. Grace à l’indulgence des notres, nous avons eu
                                        cette satisfaction ; &amp; tout ce que la Jalousie à pu
                                        dire &amp; écrire contre cette Feuille, n’a servi qu’à la
                                        leur faire lire avec encore plus d’ardeur, &amp; plus
                                        d’empressement, qu’ils ne faisoient auparavant. Nous leur en
                                        devons, sans doute, un remerciment. Nous nous aquitons de ce
                                        devoir, en les assurant que nous sommes extrêmement
                                        sensibles à leurs bontez, que notre reconnoissance les
                                        égale, &amp; que nous tâcherons de nous en rendre dignes de
                                        plus en plus par les nouveaux efforts que nous ferons pour
                                        leur plaire. C’étoit le but que nous nous étions
                                        principalement proposez en leur presentant cette Feuille.
                                        Sans rien changer au plan que nous nous y sommes fait, &amp;
                                        que nous avons suivi, nous avons cru, pour mettre tout le
                                        monde au fait de ce qu’elle contient, devoir en expliquer
                                        une seconde fois le titre, d’une manière qui en donnât une
                                        idée juste, nette, &amp; précise. C’est ce que nous avons
                                        fait à la tête de ce quatrieme Volume, en joignant à son
                                        premier titre, de Bigarure, celui de Gazette Galante,
                                        Historique, Littéraire, Critique, Morale, Satirique,                    
                    Sérieuse, &amp; Badine. Si ce titre, &amp; le petit détail
                                        dont il est encore suivi, ne suffisent pas pour donner de
                                        cette Feuille l’idée qu’on en doit avoir, &amp; de ce
                                        qu’elle est réellement ; nous avouerons franchement que nous
                                        ne sҫavons point de quelle maniere il s’y faut prendre pour
                                        se faire entendre à certaines personnes. A l’égard de celles
                                        qui pouroient s’être laissé surprendre aux clabauderies de
                                        nos Enrieux, nous n’avons point d’autre grace à leur
                                        demander que celle de vouloir bien jetter les yeux sur la
                                        Table des Matieres contenues dans nos deux premiers
                                        Volumes, &amp; sur le troisieme ; Elles y verront
                                        précisément le contraire de ce qu’on leur en a dit, et
                                        reconnoitront si nous leur en avons imposé en donnant à
                                        cette Feuille le titre de Bigarure, ou de Gazette, Galante
                                        Littérarie, &amp;c. Mais en voulant remedier à un petit mal,
                                        n’allons nous point, comme il arrive quelquefois, en faire
                                        un beaucoup plus grand ? Nous ferons peut-être taire les
                                        Envieux ; mais ne nous mettrons-nous point à dos Messieurs
                                        les Gazetiers. La chose seroit à craindre pour nous si nous
                                        allions sur leurs brisées. Mais ils ont deja pu voir, depuis
                                        huit mois que notre Feuille se débite, que ce ne fut jamais,
                                        &amp; nous leur declarons encore ici que ce n’est point
                                        notre intention. Au reste, si la chose arrive quelquefois
                                        (comme il se peut faire qu’elle soit déja arrivée, à notre
                                        insҫu) ce ne sera, tout au plus, que dans quelques fuits
                                        curieux &amp; interressants qu’ils ne font ordinairement
                                        qu’effleurer dans leurs Gazettes, &amp; dont on nous envoye
                                        les détails circonstanciez que leurs Correspondants leur
                                        laissent souvent ignorer. En ce cas, ils ont trop de raison
                                        &amp; trop d’équité pour trouver mauvais que d’autres qu’eux
                                        en instruisent le Public. Ce n’est point alors un larcin, ni
                                        un tort qu’on leur fait. C’est un devoir ; c’est un droit
                                        sur lequel ces Messieurs n’ont, ni ne peuvent former, aucune
                                        prétention. Qu’ils se tranquilisent donc, &amp; qu’ils
                                        soient persuadez que notre intention n’est pas de leur faire
                                        le moindre tort. On n’a point vu, &amp; l’on ne verra jamais
                                        dans notre Feuille, de Messes solemnelles chant’es
                                        &lt;sic&gt; par la Musique Royale, &amp; auxquelles L.M. ont
                                        assisté, point de Voyages de la Cour à Fontainebleau, à
                                        l’Escurial, aux Bains de las Caldas, à Portici, à
                                        Castel-Gandolphe, à la Verue, à Schonbrun, à Leipsig, à
                                        Potsdam, &amp;c. point d’Assemblée ni de tenue de Conseils        
                                dont on ignore le sujet, les délibérations, &amp; le
                                        résultat ; point de Conjectures sur la proximité d’une
                                        Guerre immanquable, même dans le sein de la plus profonde
                                        Paix, point de grandes parties de Chasse, faites par tels
                                        &amp; tels Princes, ou Seigneurs ; point d’allées &amp; de
                                        venues de Couriers expédiez par les Ministres de telle &amp;
                                        telle Cour à telle autre ; point de Morts de ces grands
                                        personnages dont on ne connoit que les noms, &amp; qui
                                        pendant leur vie n’ont eu d’autre mérite que celui que leur
                                        donna le hazard qui les fit naitre ce qu’ils ont été ; point
                                        de Mariage de la fille de Madame la Marquise, la Comtesse,
                                        la Baronne une telle avec le fils de Monsieur un tel,
                                        Fermier Général ; point de Fianҫailles entre Mr. Le Marquis,
                                        le Comte, le Baron de N…. &amp; la petite fille d’un riche
                                        Juif d’Amsterdam, ou d’un gros Marchand de la rue S. Denis ;
                                        point d’annonce de l’arrivée des Vaisseaux de la Compagnie,
                                        ni de la vente de ses Marchandises ; en un mot on n’a point
                                        vu, &amp; l’on ne verra point dans notre Feuille, de faits
                                        de cette nature, ni de cette importance. Comme il y a des
                                        gens, d’un goût particulier &amp; extraordinaire, qui ne
                                        trouvent pas dans touts &lt;sic&gt; ces faits le grand
                                        intérêt que d’autres croyent y voir n’est-il pas juste
                                        qu’ils ayent aussi pour eux une Gazette qui soit de leur
                                        goût ? C’est pour ces personnes que nous imaginames, il y a
                                        huit mois, la notre d’où nous avons banni la multitude &amp;
                                        l’inutilité des faits &amp; des événements qui leur sont
                                        très indifferents, pour ne leur donner que ceux que nous
                                        avons cru qui leur feroient plaisir. Elles nous ont paru en
                                        être satisfaites jusqu’à ce jour. Comme c’étoit l’unique but
                                        que nous nous proposions, nous ne croyons pas, pour l’amour
                                        de quelques personnes enrieuses, &amp; de mauvaise humeur,
                                        devoir discontinuer notre travail. S’en fâche donc qui
                                        voudra, nous poursuivrons notre tâche, en laissant à ces
                                        Messieurs la liberté d’en faire autant, &amp; même mieux.
                                        Nous en serons charmez pour le Public. Au reste, <seg synch="#FR.4" type="ZM"> Nos obtrectare si volet
                                            Malignitas,<lb></lb>Imitari dum non possit, obtrectet,
                                            licet. <seg type="QU">Phædr. Lib. V. Prolog. </seg>
                    </seg>
                  </seg>
                </seg>
              </seg>
            </ab>
          </div>
        </body>
      </text>
    </group>
  </text>
</TEI>
