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    <fileDesc>
      <titleStmt>
        <title>Discours XVII.</title>
        <author>Jean-François de Bastide</author>
      </titleStmt>
      <editionStmt>
        <edition>Moralische Wochenschriften</edition>
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          <name>Michaela Fischer</name>
          <resp>Editor</resp>
        </respStmt>
        <respStmt>
          <name> Karin Heiling</name>
          <resp>Editor</resp>
        </respStmt>
        <respStmt>
          <name> Sabine Sperr</name>
          <resp>Editor</resp>
        </respStmt>
        <respStmt>
          <name> Barbara Thuswalder</name>
          <resp>Editor</resp>
        </respStmt>
      </editionStmt>
      <publicationStmt>
        <publisher>Institut für Romanistik, Universität Graz</publisher>
        <date when="2015-04-01">01.04.2015</date>
        <idno type="PID">info:fedora/o:mws.3354</idno>
      </publicationStmt>
      <sourceDesc>
        <bibl>Jean-François de Bastide: Le Nouveau Spectateur. Tome II. Amsterdam und Paris:
                    Rollin und Bauche 1758, 425-431, </bibl>
        <bibl type="Einzelausgabe" xml:id="NS2">
          <title level="j">Le Nouveau Spectateur
                        (Bastide)</title>
          <biblScope type="vol">2</biblScope>
          <biblScope type="issue">017</biblScope>
          <date>1758</date>
          <placeName key="#GID.1">Frankreich</placeName>
        </bibl>
      </sourceDesc>
    </fileDesc>
    <encodingDesc>
      <editorialDecl>
        <interpretation>
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            <interpGrp type="Narrative_Darstellungsebenen">
              <interp xml:id="E1">Ebene 1</interp>
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              <interp xml:id="AE">Allgemeine Erzählung</interp>
              <interp xml:id="SP">Selbstportrait</interp>
              <interp xml:id="FP">Fremdportrait</interp>
              <interp xml:id="D">Dialog</interp>
              <interp xml:id="AL">Allegorisches Erzählen</interp>
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              <interp xml:id="F">Fabelerzählung</interp>
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              <interp xml:id="UT">Utopische Erzählung</interp>
              <interp xml:id="MT">Metatextualität</interp>
              <interp xml:id="ZM">Zitat/Motto</interp>
              <interp xml:id="LB">Leserbrief</interp>
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        </interpretation>
      </editorialDecl>
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        <name type="place">Graz, Austria</name>
      </creation>
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        <language ident="fr">French</language>
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          <term>
            <term xml:lang="de">Frauenbild</term>
            <term xml:lang="it">Immagine di
                            Donne</term>
            <term xml:lang="en">Image of Women</term>
            <term xml:lang="es">Imagen de Mujeres</term>
            <term xml:lang="fr">Image de la
                        femme</term>
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                <name ref="http://geonames.org/3017382" type="fcode:PCLI">France</name>
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                    <p rend="SO"><milestone unit="E1" xml:id="FR.1"></milestone></p>
                    <div1>
                        <head>Discours <hi rend="smallcaps">XVII.</hi></head>
                        <p rend="MO"><hi rend="italic"><milestone unit="ZM" xml:id="FR.2"></milestone> . . . .
                                Veteres arias tibi de pulmone revello.</hi></p>
                        <p rend="MO">Pers. Sat. V, v. 92.</p>
                        <p rend="UM">Je m’efforce de vous détromper &amp; de vous faire revenir de
                            vos ridicules &amp; anciennes idées. <milestone rend="closer" unit="ZM"></milestone></p>
                        <p><hi rend="smallcaps"><milestone unit="E2" xml:id="FR.3"></milestone> Ne</hi>
                            détournez point les yeux ; c’est à vous que mon signe s’adresse, c’est
                                <pb n="426"></pb> vous à qui je veux parler . . . . Vous tournes la
                            tête, vous cherchez quelqu’un à qui ce signe puisse s’adresser ? Je vous
                            dis que c’est à vous-même ; personne ici ne m’intéresse que vous. Vous
                            sçavez que depuis long temps je vous ai montré de l’attachement. . . .
                            Mais vous ne voulez point entendre mon signe, vous évitez mes regards :
                            oh, vous ne gagnerez rien à ce manége ; je suis décidé à vous parler,
                            &amp; vous serez obligé de m’écouter. . . . Ah ! vous cédez enfin, vous
                            venez à moi ! mais vous avez l’air étonné, confus : pourquoi cet
                            air-là ? Est-ce que vous devineriez ? . . . Oui, c’est cela même, vous
                            soupçonnez quelque dessein sérieux…. Vous ne vous trompez pas. Je veux
                            vous parler de <persName corresp="#NS2" key="Dorimene" subtype="U" xml:id="PN.1">Dorimene</persName>. Je veux vous dire que tout le monde
                            vous reproche les procédés que vous avez avec elle, le ton que vous avez
                            pris chez elle. On <pb n="427"></pb> m’en parle tous les jours ; j’ai voulu
                            en être témoin, j’y suis venu aujourd’hui exprès pour cela : je vous
                            écoute depuis deux heures, vous examine, l’examine elle-même, &amp; je
                            vois que vous n’êtes point condamné injustement. Il faut que je vous
                            parle sur cela. Je suis l’ami de votre famille, l’allié de votre mere,
                            &amp; de plus le censeur du ridicule, l’homme de qui la nation attend
                            l’extirpation de la fatuité, &amp; de la réforme des mœurs. . . .
                            Comment, Monsieur, vous me demandez en quoi vous vous êtes rendu
                            coupable ? Je dirois en tout, je vous reprocherois toute votre conduite,
                            tous vos procédés, tous vos discours, si je croyois qu’il fallût allumer
                            des flambeaux pour vous éclairer. Ne croyant pas cela, ne m’imaginant
                            pas que vous puissiez manquer à toutes les loix de la bienséance, de la
                            discrétion, de la justice, sans être <pb n="428"></pb> vous-même votre juge,
                            je me contenterai de vous dire que le crime qu’on vous reproche est
                            affreux. Quoi ? manquer à <persName corresp="#NS2" key="Dorimene" subtype="U" xml:id="PN.2">Dorimene</persName>, à une femme qui a
                            tant fait pour vous ; vouloir afficher en elle, un esclave ; abuser des
                            égards que l’on a pour elle dans sa maison, pour y contrarier
                            opiniâtrément tout le monde, y commander, y décider souverainement ?
                            . . . . Vous êtes bien aveugle. Quoi, vous ne voyez pas que c’est par
                            pitié pour sa situation que l’on vous dissimule devant elle le courroux
                            que fait naître votre conduite ! Je dis courroux, &amp; l’expression
                            n’est pas trop forte ; c’est le sentiment qui fait naître la tyrannie à
                            l’aspect de la victime qu’elle immole. Mais parlons de bonne foi, vous
                            êtes aussi instruit que moi-même des crimes que je vous reproche, &amp;
                            je perdrois mon temps à vouloir vous éclairer là-dessus ; c’est de
                            l’erreur qui <pb n="429"></pb> vous porte à les multiplier sans cesse, que
                            je dois vous parler. Vous attachez de la vanité à tout cet étalage de
                            domination ; vous vous figurez qu’il est du bon ton d’enchaîner une
                            femme au char triomphal sur lequel votre amour propre se promene tous
                            les jours : voilà les fondemens de votre procédé. Je vous assure,
                            Monsieur, que jamais édifice ne déposa autant contre les faux principes
                            d’un Architecte. Je ne sçais pas bien précisément quelle est la
                            convention que les jeunes gens peuvent avoir faire entr’eux au sujet de
                            tous ces travers qui les caractérisent aujourd’hui ; j’ignore s’ils se
                            surpasseroient à cet égard, &amp; qu’en conséquence ils soient obligés
                            d’extravaguer pour parvenir à cette renommée dont l’ambition les
                            dévote ; mais ce que je <pb n="430"></pb> sçais, c’est que parmi nous, parmi
                            les honnêtes gens, la morale &amp; la raison ont des loix si austeres
                            que, qui trompe une femme est cruel, qui l’affiche est bas, qui la
                            tyrannise est infame. Voilà toutes les épithetes employées ; s’il
                            falloit que j’en trouvasse une quatrieme pour titrer l’homme qui ajoute
                            à la tyrannie le cruel orgueil de s’en décorer, j’y serois fort
                            embarrassé. C’est une lâcheté si deshonorante, que la femme même qui
                            souffre qu’on l’en rende la victime, en est punie dans le monde comme
                            complice, &amp; est tous les jours appellée au tribunal de l’honneur,
                            pour rendre compte des motifs de sa patience, qu’elle ne peut faire
                            excuser que par un extrême aveuglement. . . . . . . J’allois continuer,
                            mais je fus interrompu. Mon cher parent, me dit le fat à qui je parlois,
                            écrivez tout ce que vous dites-là, &amp; il se trouvera <pb n="431"></pb>
                            des gens qui en pourront profiter. Pour moi, je vous avoue que je suis
                            dans une disposition toute contraire. Vous ne connoissez pas les femmes,
                            vous ne sçavez pas que tous nos crimes auprès d’elles sont de situation.
                            Esclavage ou tyrannie, voilà notre lot. Critiquez-nous après cela. . . .
                            Il me tourna le dos, &amp; s’eloigna. O jeune homme ! je ne vous
                            critiquerai plus ; vous ne méritiez pas l’honneur que je vous faisois.
                                <milestone rend="closer" unit="E2"></milestone>
                        </p>
                        <p rend="MO"><hi rend="italic">Fin du second Tome. <milestone rend="closer" unit="E1"></milestone></hi></p>
                        <p></p>
                    </div1>
                </body>
      </text>
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                                <seg type="U1">Discours XVII.</seg>
                                <seg synch="#FR.2" type="ZM"> . . . . Veteres arias tibi de pulmone
                                    revello. <seg type="MO">Pers. Sat. V, v. 92.</seg>
                                    <seg type="UM">Je m’efforce de vous détromper &amp; de vous
                                        faire revenir de vos ridicules &amp; anciennes idées.
                                    </seg></seg>
                                <seg synch="#FR.3" type="E2"> Ne détournez point les yeux ; c’est à
                                    vous que mon signe s’adresse, c’est <pb n="426"></pb>vous à qui je
                                    veux parler . . . . Vous tournes la tête, vous cherchez
                                    quelqu’un à qui ce signe puisse s’adresser ? Je vous dis que
                                    c’est à vous-même ; personne ici ne m’intéresse que vous. Vous
                                    sçavez que depuis long temps je vous ai montré de
                                    l’attachement. . . . Mais vous ne voulez point entendre mon
                                    signe, vous évitez mes regards : oh, vous ne gagnerez rien à ce
                                    manége ; je suis décidé à vous parler, &amp; vous serez obligé
                                    de m’écouter. . . . Ah ! vous cédez enfin, vous venez à moi !
                                    mais vous avez l’air étonné, confus : pourquoi cet air-là ?
                                    Est-ce que vous devineriez ? . . . Oui, c’est cela même, vous
                                    soupçonnez quelque dessein sérieux…. Vous ne vous trompez pas.
                                    Je veux vous parler de Dorimene. Je veux vous dire que tout le
                                    monde vous reproche les procédés que vous avez avec elle, le ton
                                    que vous avez pris chez elle. On <pb n="427"></pb>m’en parle tous
                                    les jours ; j’ai voulu en être témoin, j’y suis venu aujourd’hui
                                    exprès pour cela : je vous écoute depuis deux heures, vous
                                    examine, l’examine elle-même, &amp; je vois que vous n’êtes
                                    point condamné injustement. Il faut que je vous parle sur cela.
                                    Je suis l’ami de votre famille, l’allié de votre mere, &amp; de
                                    plus le censeur du ridicule, l’homme de qui la nation attend
                                    l’extirpation de la fatuité, &amp; de la réforme des
                                    mœurs. . . . Comment, Monsieur, vous me demandez en quoi vous
                                    vous êtes rendu coupable ? Je dirois en tout, je vous
                                    reprocherois toute votre conduite, tous vos procédés, tous vos
                                    discours, si je croyois qu’il fallût allumer des flambeaux pour
                                    vous éclairer. Ne croyant pas cela, ne m’imaginant pas que vous
                                    puissiez manquer à toutes les loix de la bienséance, de la
                                    discrétion, de la justice, sans être <pb n="428"></pb>vous-même
                                    votre juge, je me contenterai de vous dire que le crime qu’on
                                    vous reproche est affreux. Quoi ? manquer à Dorimene, à une
                                    femme qui a tant fait pour vous ; vouloir afficher en elle, un
                                    esclave ; abuser des égards que l’on a pour elle dans sa maison,
                                    pour y contrarier opiniâtrément tout le monde, y commander, y
                                    décider souverainement ? . . . . Vous êtes bien aveugle. Quoi,
                                    vous ne voyez pas que c’est par pitié pour sa situation que l’on
                                    vous dissimule devant elle le courroux que fait naître votre
                                    conduite ! Je dis courroux, &amp; l’expression n’est pas trop
                                    forte ; c’est le sentiment qui fait naître la tyrannie à
                                    l’aspect de la victime qu’elle immole. Mais parlons de bonne
                                    foi, vous êtes aussi instruit que moi-même des crimes que je
                                    vous reproche, &amp; je perdrois mon temps à vouloir vous
                                    éclairer là-dessus ; c’est de l’erreur qui <pb n="429"></pb>vous
                                    porte à les multiplier sans cesse, que je dois vous parler. Vous
                                    attachez de la vanité à tout cet étalage de domination ; vous
                                    vous figurez qu’il est du bon ton d’enchaîner une femme au char
                                    triomphal sur lequel votre amour propre se promene tous les
                                    jours : voilà les fondemens de votre procédé. Je vous assure,
                                    Monsieur, que jamais édifice ne déposa autant contre les faux
                                    principes d’un Architecte. Je ne sçais pas bien précisément
                                    quelle est la convention que les jeunes gens peuvent avoir faire
                                    entr’eux au sujet de tous ces travers qui les caractérisent
                                    aujourd’hui ; j’ignore s’ils se surpasseroient à cet égard,
                                    &amp; qu’en conséquence ils soient obligés d’extravaguer pour
                                    parvenir à cette renommée dont l’ambition les dévote ; mais ce
                                    que je <pb n="430"></pb>sçais, c’est que parmi nous, parmi les
                                    honnêtes gens, la morale &amp; la raison ont des loix si
                                    austeres que, qui trompe une femme est cruel, qui l’affiche est
                                    bas, qui la tyrannise est infame. Voilà toutes les épithetes
                                    employées ; s’il falloit que j’en trouvasse une quatrieme pour
                                    titrer l’homme qui ajoute à la tyrannie le cruel orgueil de s’en
                                    décorer, j’y serois fort embarrassé. C’est une lâcheté si
                                    deshonorante, que la femme même qui souffre qu’on l’en rende la
                                    victime, en est punie dans le monde comme complice, &amp; est
                                    tous les jours appellée au tribunal de l’honneur, pour rendre
                                    compte des motifs de sa patience, qu’elle ne peut faire excuser
                                    que par un extrême aveuglement. . . . . . . J’allois continuer,
                                    mais je fus interrompu. Mon cher parent, me dit le fat à qui je
                                    parlois, écrivez tout ce que vous dites-là, &amp; il se trouvera
                                        <pb n="431"></pb>des gens qui en pourront profiter. Pour moi, je
                                    vous avoue que je suis dans une disposition toute contraire.
                                    Vous ne connoissez pas les femmes, vous ne sçavez pas que tous           
                         nos crimes auprès d’elles sont de situation. Esclavage ou
                                    tyrannie, voilà notre lot. Critiquez-nous après cela. . . . Il
                                    me tourna le dos, &amp; s’eloigna. O jeune homme ! je ne vous
                                    critiquerai plus ; vous ne méritiez pas l’honneur que je vous
                                    faisois. </seg> Fin du second Tome. </seg>
                        </ab>
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