Louis Joseph Albert Mallac an Hugo Schuchardt (14-06825)

von Louis Joseph Albert Mallac

an Hugo Schuchardt

Paris

18. 05. 1883

language Französisch

Zitiervorschlag: Louis Joseph Albert Mallac an Hugo Schuchardt (14-06825). Paris, 18. 05. 1883. Hrsg. von Frank-Rutger Hausmann (2019). In: Bernhard Hurch (Hrsg.): Hugo Schuchardt Archiv. Online unter https://gams.uni-graz.at/o:hsa.letter.8015, abgerufen am 17. 04. 2024. Handle: hdl.handle.net/11471/518.10.1.8015.


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Paris, 18 Mai 1883

Vous voyez, Monsieur, par la livrée de deuil1 de ce papier que je viens de perdre un des Miens. C’est un neveu, beau garçon de 37 ans,2 qui a succombé à l’île Maurice, à une dysenterie purulente qui l’a enlevé en l’espace de quelques jours. Ce climat, si salubre autrefois, est devenu abominablement malsain, et on y meurt facilement.

J’espère que notre ami Brissac3 n’est pas malade. Je n’ai rien reçu de lui par cette malle; et pourtant il aurait pu, comme l’ont fait mes autres amis, m’adresser ses condoléances à l‘occasion de la mort de mon neveu. J’ai peur que cela ne soit un indice qu’il a été empêché de m’écrire, pour une raison ou pour une autre

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Croyez-bien, cher Monsieur, que, de mon côté, je désire vivement faire votre connaissance. Je fais des vœux pour que quelque mission savante vous oblige à faire un voyage en France, c’est-à-dire à Paris.4 Il ne faudra pas alors oublier qu’il y a, au N° 10 du boulevard Malesherbes, un esprit ignorant, il est vrai, mais ouvert aux études que vous aimez, et qui sera bien heureux de s’en entretenir avec vous. Je vous lirai mes sonnets, à moins que d‘ici là je ne me sois décidé à les faire imprimer,5 auquel cas vous pourrez être sûr d’être un des premiers de ceux auquels je me propose d’en offrir un exemplaire.

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En attendant, voici un sonnet oú j’ai songé de faire de la couleur locale. C’est un souvenir de la 20e année … passée, hélas! depuis longtemps.

Je vais lire votre lettre à Barclay et stimuler son zèle

pour qu’il relance à son tour Mr. Callie des Seychelles.6

Croyez, che Monsieur, à l’expression de tous mes meilleurs sentiments
Albert Mallac

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Sous les tropiques Sonnet.

Au fond du grand verger, oasis de verdure,

Où le mandarinier, le letchi rutilant,

Le manguier, l’ananas à la rugueuse armure

Mêlent leurs fruits, de pourpre et d’or étincelant,

Se cache un ajoupa.7 Les murs et la toiture

Sont faits de vétiver.8 Sous cet abri branlant

Habite un vieil Indien qui n’a pour nourriture

Qu’un peu de poisson sec, de dholl9 et de vig blanc.10

C’est dans cette retraite, o Madame adorée,

Qu’un Matin de printemps je vous ai rencontrée,

Loin des regards jaloux d’un tyran odieux.

Et que votre beauté, sans rivale en ce Monde

Eclairant ce taudis de sa lumière blonde

Transforma l’humble Case en paradis des Dieux.

A. M.


1 „Trauerrand“.

2 Eigenartig; Mallac war zu diesem Zeitpunkt mit 26 Jahren elf Jahre jünger als dieser „Neffe“!

3 Vermutlich Henri Brissac (1826-1906), franz. Journalist und sozialistisher Politiker. Im HSA ist jedoch keine Korrespondenz von ihm erhalten.

4 Der von Wolf, Nachlaß, 1993, 631-632 erstellte Reisekalender Schuchardts weist nur eine Paris-Reise im Jahr 1874 auf!

5 Mallac, Sonnets, Paris: Th. Bourselet, 1887; In-16, III-130 p.

6 Nicht identifiziert.

7 „In the Caribbean: a wooden-framed hut or shelter with a thatched roof and (sometimes) open sides“..

8 Tropische Grasart.

9 „A tropical African and Asian leguminous shrub“.

10 Nicht identifiziert.

Faksimiles: Universitätsbibliothek Graz Abteilung für Sondersammlungen, Creative commons CC BY-NC https://creativecommons.org/licenses/by-nc/4.0/ (Sig. 06825)