Louis Couturat an Hugo Schuchardt (40-01998)

von Louis Couturat

an Hugo Schuchardt

Paris

10. 01. 1907

language Französisch

Schlagwörter: Österreichische Akademie der Wissenschaften (Wien) Internationale Verständigungssprache Association Internationale des Académies Magyar Tudományos Akadémia (Budapest) Ostwald, Wilhelm Baudouin de Courtenay, Jan

Zitiervorschlag: Louis Couturat an Hugo Schuchardt (40-01998). Paris, 10. 01. 1907. Hrsg. von Frank-Rutger Hausmann (2018). In: Bernhard Hurch (Hrsg.): Hugo Schuchardt Archiv. Online unter https://gams.uni-graz.at/o:hsa.letter.7038, abgerufen am 06. 02. 2023. Handle: hdl.handle.net/ 11471/518.10.1.7038.


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DÉLÉGATION POUR L’ADOPTION D’UNE LANGUE AUXILIAIRE INTERNATIONALE  
SECRÉTAIRE : M. L. LEAU                                                TÉSORIER : M. L.COUTURAT
6, Rue Vavin                                                                         7, Rue Nicole
PARIS (6 e)                                                                            PARIS (5e)
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                                                                                                            Paris, le 10 janvier 1907.

Monsieur et honoré Collègue,

Nous vous envoyons ci-joint une copie de la lettre que nous enverrons le 15 janvier, à M le Président de l’Académie de Vienne.1 Nous espérons que vous en approuverez la rédaction, et que vous voudrez bien appuyer notre démarche de la manière qui vous semblera la plus convenable, par exemple, en envoyant au Président cette copie signée de vous (nous pouvons vous en fournir une autre), comme nous ont promis de le faire plusieurs savants de divers |2| pays qui patronnent notre œuvre, et à qui nous envoyons en même temps d’autres copies (MM Mach, Ostwald, Baudouin de Courtenay, Mourlon).2

Nous nous occupons de préparer l’élection du Comité: nous espérons toujours que vous pourrez prendre part à ses travaux. Nous invitons (sur le conseil de M. Mach) M de Szily,3 secrétaire de l’Académie hongroise; et M William James,4 l’illustre psychologue américain. M. Otto Jespersen,5 à qui j’avais écrit pour le sonder, n’a pas encore répondu. Je vais lui écrire de nouveau.

Notre projet d’action est approuvé par la presque unanimité de nos co-délégués, et cela nous fait espérer une unanimité semblable pour lélection du Comité. Seuls font quelque opposition deux ou trois Espérantistes fanatiques, qui, considérant l’Esperanto comme la solution unique |3| et intangible, n’admettent pas qu’on le discute et qu’on le mette en question. Mais nous avons avec nous la grande majorité des Espérantistes, plus raisonnables et plus conciliants, à l’exemple de leur Majstro le Dr Zamenhof. D’ailleurs, il se manifeste parmi eux des tendances réformistes assez puissantes, qui faciliteront la tâche du Comité en lui permettant de choisir entre divers projets de réformes. Beaucoup d’Espérantistes, qui craignent que ces tendances n’animent à la longue des dissensions ou même une scission, considèrent la Délégation et son Comité futur comme la planche de salut. Il est certain que, tant qu’une autorité internationale n’aura pas fixé et consacré la L. I., et obtenu pour elle les sanctions officielles, elle sera à la merci des concurrences ou des schismes.

J’ai lu récemment un mémoire du Dr|4| Zamenhof (datant de 1900): Esenco kaj estonteco del‘ ideo [= de la ideo] de lingvo internacia, dans sa Fundamenta Krestomatio (Hachette 1903).6 C’est le meilleur exposé de la question et le plus beau plaidoyer en faveur de l’Esperanto. M. de Beaufront en a fait une traduction abrégé qu’il a présenté en 1900 au Congrès de l’Assoc. franç. pour l’avancement des sciences.7 Si vous désirez lire cette traduction (qui contient tout l’essentiel), je puis vous le procurer. Je considère cette lecture indispensable pour quiconque veut juger l’Esperanto et aussi apprécier son auteur.

Veuillez agréer, Monsieur et honoré Collègue, avec nos vœux sincères pour le nouvel an, l’expression de notre respectueux dévouement
Louis Couturat

P. S. En rédigeant votre [gem. notre ?] lettre, nous avons eu soin de nous abriter le plus possible derrière votre autorité. Cela rendra plus difficile un refus catégorique de la part de l’Académie; il faudra qu’elle y mette au moins des „précautions oratoires“.


1 Leider nicht beigefügt. Vgl. jedoch den Brief von Ernst Mach an den Akademie-Präsidenten Eduard Suess (Wien, 15.1.1907; Kopie Wien, ÖAW Archiv, Bestand „Association internationale“ C 12, Schachtel 4):
„Hochgeehrter Herr College!
Obwohl ich den Herrn von der Délégation ect abgeraten habe, in Sachen der internationalen Hilfssprache noch einen Schritt bei der Akademie zu tun, da Schuchardt, der einzige begeisterte Vertreter, die Flinte ins Korn geworfen hat, und da bei der naturwissenschaftlichen Classe schon gar kein Interesse für diese Aufgabe zu erregen ist, so hat die Délégation doch beschlossen noch eine Bitte an die Akademie zu richten. Diesen Schritt durch einen Brief an den Präsidenten zu begleiten, konnte ich nicht ablehnen. Dagegen habe ich mich mit Rücksicht auf meine Gesundheit nicht bestimmt sehen können, die Angelegenheit bei einem Congress zu vertreten.
Die Mitglieder der Délégation glauben nun auch nicht mehr an einen positiven Erfolg bei der Association der Akademien, hoffen aber diesmal auf ein entschiedenes billigendes oder missbilligendes Urteil statt einer ausweichenden Antwort, um mit oder gegen die Unterstützung der Akademien ihr Werk fortzusetzen. Sie haben wol eingesehen, dass, wie die Akademien keine Eisenbahnen gebaut, aber die fertigen gerne genützt haben, sie es in dieser Sache ähnlich halten werden. Dies zur Erläuterung meines beiliegenden Briefes.
In aufrichtiger Verehrung Ihr ergebenster gez. Ernst Mach
Wann werden die Europäder so klug sein wie die Japaner, in wichtigen allgemeinen Kulturfragen die Nationalität aus dem Spiel zu lassen!?“

2 Alle sind in den bisherigen Briefen bereits genannt und identifiziert.

3 Kálmán Szily (1838-1924), Physiker, Sprachwissenschaftler, erster Generalsekretär der Ungarischen Akademie der Wissenschaften.

4 William James (1842-1910), US-amerikanischer Psychologe und Philosophie, von 1876 bis 1907 Professor in Harvard.

5 Otto Jespersen (1860-1943), dänischer Linguist und Anglist, seit 1893 Professor in Kopenhagen. Vgl. auch HSA 05116.

6 L. L. Zamenhof, Fundamenta krestomatio de la lingvo esperanto, Paris: Hachette, 1903.

7 Louis de Beaufront, „Essence et avenir de l'idee d'une langue internationale“, Comptes rendus de l'association Française pour l'avancement des Sciences. Congrès de Paris 1900 , Paris: Chaix, 1901, 1057-1079.

Faksimiles: Universitätsbibliothek Graz Abteilung für Sondersammlungen, Creative commons CC BY-NC https://creativecommons.org/licenses/by-nc/4.0/ (Sig. 01998)