Louis Couturat an Hugo Schuchardt (04-01962)

von Louis Couturat

an Hugo Schuchardt

Paris

28. 03. 1902

language Französisch

Schlagwörter: Internationale Sprache Académie des Sciences (Paris) Koninklijke Akademie van Wetenschappen (Amsterdam) Rossijskaja Akademija Nauk (St. Petersburg) Kaiserliche Akademie der Wissenschaften (Wien)language Esperanto Mach, Ernst Leipzig Wien

Zitiervorschlag: Louis Couturat an Hugo Schuchardt (04-01962). Paris, 28. 03. 1902. Hrsg. von Frank-Rutger Hausmann (2018). In: Bernhard Hurch (Hrsg.): Hugo Schuchardt Archiv. Online unter https://gams.uni-graz.at/o:hsa.letter.6970, abgerufen am 06. 02. 2023. Handle: hdl.handle.net/ 11471/518.10.1.6970.


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DÉLÉGATION POUR L’ADOPTION D’UNE LANGUE AUXILIAIRE INTERNATIONALE
SECRÉTAIRE : M. L. LEAU                                                TÉSORIER : M. L.COUTURAT
6, Rue Vavin                                                                         7, Rue Nicole
PARIS (6 e)                                                                            PARIS (5e)
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                                                                                                               Paris, le 28 mars 1902.

Monsieur et honoré Collègue,

Votre aimable carte nous a fait grand plaisir, et nous vous en remercions vivement. Nous sommes heureux de voir, non seulement que vous êtes un partisan zélé et convaincu de la Langue internationale (cela est connu depuis longtemps), mais encore que vous approuvez la méthode que nous avons adoptée pour aboutir à une solution pratique et définitive. Nous sommes d’autant plus disposés à suivre vos conseils, qu’ils s’accordent |2| parfaitement avec nos propres intentions. Oui, nous voulons tâcher de conquérir une à une les principales Académies adhérentes à l’Association internationale,1 et nous en faisons patiemment le siège. Seulement, nous ne donnons l’assaut que lorsque la brêche est faite, ou plutôt lorsque nous avons des intelligences dans la place, et que nous la savons disposée à se rendre. Vous savez que nous avons pour nous presque la moitié de l’ Académie des Sciences de Paris, et nous travaillons à y gagner une majorité. Il y a un an, M. Van der Waals,2 secrétaire de l’Académie des Sciences d’Amsterdam, me disait que la majorité de ses collègues était bien disposée, et j’espère même que cette Académie va émettre un vœu en notre faveur. Le Prof. Ostwald,3 de Leipzig, est un partisan militant de la L. I. et travaille à nous gagner |3| l’adhésion des Sociétés savantes dont il est membre. M. Baudouin de Courtenay4 fait de même à l’Académie de S t Petersbourg. Enfin, parmi vos collègues, le Prof. Ernst Mach, de Wien, s’est déclaré favorable dès la première heure.5 Malheureusement, il a été gravement malade, et est paralysé dans son activité. Nous espérons que vous pouvez peu à peu convertir à notre idée la plupart de vos collègues, et nous vous prions de nous signaler ceux qui se montreraient disposés à nous seconder. Ce n’est que le jour où nous serons sûrs d’avoir une majorité à l’Académie de Wien que nous risquerons une invitation officielle. En attendant, le mieux serait qu’un des membres (vous-même, si possible) fît en son nom personnel une communication (analogue à celle du Général Sebert,6 que je vous ai envoyé, mais |3| sans préconiser aucun projet particulier) qui mette ses collègues au courant de la question et appelle sur elle leur attention. Une telle démarche ne risque rien; et elle donne déjà une ouverture et une consécration officielle à l’idée, elle la lance dans le public, par la presse, et elle prépare les esprits, tant dans l’Académie qu’au dehors, à faire bon accueil à votre proposition; elle les accoutume à y penser sans parti pris et sans moquerie. Enfin elle peut décider des Sociétés du même pays à nous donner leur adhésion, ce qui servira à entraîner plus tard l’Académie elle-même.

Nous nous rapportons absolument à vous sur ce qu’il y a à faire, et sur le moment opportun où il faudra agir;

nous vous remercions de votre bienveillance et de vos conseils, nous vous prions de nous les continuer, et d’agréer, Monsieur et honoré Collègue, l’expression de notre respectueuse considération.
Louis Couturat.


1 Vgl. Brief 01960.

2 Johannes Diderik Van der Waals (1837-1923), niederl. Physiker, Nobelpreisträger 1910.

3 Wilhelm Ostwald (1853-1932), deutsch-baltischer Chemiker; vgl. HSA 08424-08426.

4 Jan Baudouin de Courtenay (1845-1929); HSA 00578-00611. Vgl. auch Frank Häusler, „Baudouin de Courtenays Stellung zum Problem der Weltsprachen“, STUF - Language Typology and Universals 34, Heft 1-6, 293-297.

5 Vgl. Ernst Mach, HSA Brief 01-06745 (Wien, 15. April 1902): „Herr L. Couturat der sich in der Ihnen bekannten Angelegenheit der internationalen Hilfssprache an Sie gewendet hat, hat auch mir in dieser Angelegenheit geschrieben. Er wünscht, dass die Sache auch durch die Wiener Akademie moralisch gefördert werde. Ich bin nun schon wegen meines Faches wenig geeignet in diesem Sinne zu wirken, hoffe aber, dass Sie, als der Berufenste, der Akademie nahelegen werden, sich der Sache anzunehmen. Es geht ja auch zunächst die philosophisch historische Classe an. Ich bin bereit in der mathematischen Classe dafür Stimmung zu machen“. Vgl. auch die Briefe 02-06746, 03-NL174-2914 ff.; des Weiteren die entsprechenden Korrespondenzen von Wilhelm Ostwald, Alfred H. Fried und Viktor Lang mit Schuchardt.

6 Hippolyte Sebert (1839-1930), franz. Artillerieoffizier und Gelehrter, Anhänger der Esperanto-Bewegung. Vgl. Briefe 01959 und 01982.

Faksimiles: Universitätsbibliothek Graz Abteilung für Sondersammlungen, Creative commons CC BY-NC https://creativecommons.org/licenses/by-nc/4.0/ (Sig. 01962)