Victor Henry an Hugo Schuchardt (31-04594)

von Victor Henry

an Hugo Schuchardt

Orsay, Essonne

14. 09. 1897

language Französisch

Zitiervorschlag: Victor Henry an Hugo Schuchardt (31-04594). Orsay, Essonne, 14. 09. 1897. Hrsg. von Frank-Rutger Hausmann (2019). In: Bernhard Hurch (Hrsg.): Hugo Schuchardt Archiv. Online unter https://gams.uni-graz.at/o:hsa.letter.6867, abgerufen am 01. 02. 2023. Handle: hdl.handle.net/ 11471/518.10.1.6867.


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Orsay (S. e. O.), 14 septembre 1897.
Rue de Paris, 42.

Cher collègue et ami,

Il faut que je vous réponde sans aucun retard; car autrement, avec les dispositions que vous m’annoncez et le beau temps qui paraît – enfin! – vouloir s’établir, ma lettre risquerait fort de ne plus vous rencontrer à Gotha. Ce n’est pas que je n’aie rien de nouveau à vous dire; car, dans ces derniers temps, j’ai eu, moi aussi, divers empêchements au travail, et j’en prévois malheursement |2| encore. Mais je tiens à vous temoigner de cœur ma sympathie pour les inquiétudes dont vous me faites part,1 ainsi qu’à vous adresser mes vives félicitations pour leur heureuse terminaison. Puissiez-vous conserver encore de longues années la chère affection dont vous m’entretenez!

Je n’ai pas été le seul à remarquer et à regretter votre absence au Congrès:2 votre nom a été souvent prononcé dans nos conversations internationales, et, sans connaître l’empêchement qui vous avait retenu, on est tombé d’accord qu’il fallait qu’il fût d’une réelle gravité pour nous priver d’un linguiste tel que vous parlant et écrivant le français aussi bien que l’allemand. Cela était d’autant |3| plus fâcheuse que notre section de linguistique pure –  je le dis à regret – avait attiré peu de visiteurs et brillait par une rare indigence de communications. Les autres sections ont été plus fécondes, et tout particulièrement celle de l’Inde, qui n’a pu épuiser son ordre du jour.

J’ai reçu ici la confirmation de ce que je savais de M. G. M.3 et de ce que vous m’apprenez à votre tour. Je n’ai pas besoin de vous répéter combien vivement je ressens cette épouvantable catastrophe, non seulement pour vous, mais encore pour moi-même et mes rapports avec notre infortuné collègue. G. M. a été le premier linguiste allemand qui a dit du bien d’une de mes œuvres, alors que Collitz4 m’avait accablé de ses injures et Brugmann5 de son dédain!

|4| Je m’occupe en ce moment d’un travail qui vous intéresserait, mais vous seul presque: phonétique et grammaire du dialecte de Colmar (Alsace), arrêtée en 1870, c’est-à-dire état d’un dialecte séparé de la langue mère depuis deux siècles, sans en avoir reçu – ou très peu – d’influence. Je m’y amuse à agiter des souvenirs d’enfance, sans me faire illusion sur le résultat; car, à supposer que je trouve un éditeur, qui me lira en France? et qui même en Allemagne?6

Veuillez, cher collègue et ami, présenter à Madame votre mère mes plus respectueux hommages, et me croire
Votre fidèlement dévoué
V. Henry

P. S.

Je ne me connais aucun parent de ma ligne paternelle, que je crois complètement éteinte et le nom d’Henry est fort commun.


1 Nachlassende Gesundheit von Schuchardts Mutter Malwine.

2 Vgl. Actes du Onzième Congrès International des Orientalistes: Paris 1897: 1ère section: Langues et archéologie des Pays Ariens, Paris: Leroux, 1898. Am Anfang des Bandes findet sich ein Teilnehmerverzeichnis, das Henry auf S. v erwähnt.

3 Vgl. Brief 04593.

4 Hermann Collitz (1855-1935), deutsch-amerikanischer Sprachwissenschaftler und Indologe. Seine Kritik an Henry konnte nicht nachgewiesen werden.

5 Karl Brugmann (1849-1919), Sanskritist, Allg. Sprachwissenschaftler.

6 Henry, Le dialecte alaman de Colmar (Haute Alsace) en 1870, grammaire et lexique, Paris: F. Alcan, 1900.

Faksimiles: Universitätsbibliothek Graz Abteilung für Sondersammlungen, Creative commons CC BY-NC https://creativecommons.org/licenses/by-nc/4.0/ (Sig. 04594)