Georges Lacombe an Hugo Schuchardt (473-06097)

von Georges Lacombe

an Hugo Schuchardt

Paris

15. 11. 1923

language Französisch

Schlagwörter: Euskaltzaindia - Real Academia de la Lengua Vasca - Académie de la Langue Basque Azkue y Aberasturi, Resurrección María de Bähr, Gerhard Urquijo Ybarra, Julio de Campión y Jaymebon, Arturo Meillet, Antoine Cohen, Marcel Bonaparte, Louis Lucien Halle San Sebastian Schuchardt, Hugo (1922) Schuchardt, Hugo (1923) Bonaparte, Louis-Lucien (1869)

Zitiervorschlag: Georges Lacombe an Hugo Schuchardt (473-06097). Paris, 15. 11. 1923. Hrsg. von Katrin Purgay (2017). In: Bernhard Hurch (Hrsg.): Hugo Schuchardt Archiv. Online unter https://gams.uni-graz.at/o:hsa.letter.6166, abgerufen am 05. 02. 2023. Handle: hdl.handle.net/ 11471/518.10.1.6166.


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Paris, le 15 novembre 1923

Mon cher Maître,

Je viens de recevoir coup sur coup votre lettre recommandée du 10 (qui m’est parvenue via Bayonne) et votre carte postale du 12. – C’est avec la plus grande surprise que j’ai appris ce que vous ont écrit Azkue et Baehr, car durant les séances des 30 et 31 octobre auxquelles j’ai assisté à Bilbao l’ Académie n’a pris aucune décision de ce genre. C’est donc Azkue qui a pris sur lui, mais en son nom personnel uniquement, de vous écrire ce dont vous me faites part. Il est vrai, certes, que notre situation financière n’est pas aussi brillante aujourd’hui qu’elle pouvait l’être en juin, mais je |2| crois tout de même qu’il nous est parfaitement possible de tenir les engagements votés en juin, à condition bien entendu que la note de Halle ne soit pas exagérée. – Azkue étant toujours très distrait, je ne crois pas utile de lui écrire à ce sujet, d’autant que nous avions convenu la dernière fois que l’Académie se réunirait les 22 et 23 de ce mois–ci, c.à.d. jeudi et vendredi prochain à Saint-Sébastien. Je me rendrai à cette session, et je parlerai longuement et avec précision de la chose à vos amis Urquijo et Campion, qui sont les membres les plus influents de l’Académie, et j’ai le plus ferme espoir que |3| la chose s’arrangera définitivement: en tout cas, j’exigerai un vote. Après les immenses et inappréciables services que vous avez rendus et que vous continuez à rendre aux études basques avec un courage et une persévérance auxquelles je me plais à rendre un hommage mérité, il est inadmissible que les promesses qui vous ont été faites ne soient pas tenues.

Quelques remarques bascologiques:

1° Mon article de Langues du Monde aurait dû en effet être plus long, mais Meillet, qui a eu l’idée de cette publication, n’a pas voulu m’accorder plus de 8 pages. Quant à l’orthographe, j’ai dû aussi adopter celle que Marcel Cohen, secrétaire de |4| la rédaction, a préférée.

2° Durant mon dernier voyage aux Aldudes, j’ai découvert un 4e exemple à ajouter à atheraia, gostaia et minberaia : il s’agit de erdiraia. Voici en effet la phrase que j’ai entendue et notée soigneusement (il s’agit d’un malade qui me parlait de sa fièvre) : igandeaatsaldian ee, izanintzanho-oi ta hemeetzi t’ erdiraia (c.à.d. igande arratsaldean ere, izan nintzan hogoi eta hemeretzi, eta erdiraia) (dimanche après-midi aussi, j’avais été jusqu’à 39 degrés ½ (de fièvre)): il semble bien qu’ici erdiraia = erdiratia = erdiratua.

3° Voici quel est le sens du passage qui a donné lieu à la note 9 de votre Basque de Sare: |5|atákatu die batée = la partie a-t-elle été disputée? Très souvent, en assistant à des parties de pelote très acharnées, où les camps se suivaient de très près et où chaque point durait longtemps, j’ai entendu dire: ze partida atakatia!

4° Dans la dernière page de vos Primitiae, que vous avez bien voulu il y a quelques jours m’envoyer en épreuves, vous assimilez bethi à *beth-ik. C’est une belle découverte, et vous pouvez supprimer l’astérisque, car bethik existe parfaitement encore aujourd’hui. Je lis en effet dans le Cantique des Trois Enfants dans la Fournaise traduit en roncalais (par Mendigacha probablement) aux frais du P ceL.L. Bonaparte:1alaba eta gaiza guciuen gainetic|6|azca beza betic (laudet et superexaltet eum in sæcula), et plus loin la même phrase est répétée. D’autre part l’abbé Maidagan, secrétaire d’Azkue, qui est de Arechavaleta, (Guip.) où l’on parle une variété du biscayen, m’a affirmé que chez lui on ne disait jamais autrement que betik. Je suis donc heureux que les faits confirment votre hypothèse.

Macte animo, mon cher Maître, et veuillez me croire plus que jamais votre respectueusement dévoué

G. Lacombe

Je tiendrai compte de votre remarque dans mon article dont le titre définitif est: Ce qui a été écrit sur le basque de Sare2


1 Luis Loucien Bonaparte: Le cantique des trois Jeunes gens dans la fournaise, dans les dialectes basques d’Aezcoa, de Salazar et de Roncal, tel qu’il a été recueilli sur les lieux mêmes à Aribe, à Jaurrieta et à Vidangoz […]. Londres: Strangeways et Walden, 1868.

2 No parece que llegase a publicar nada por el estilo.

Faksimiles: Universitätsbibliothek Graz Abteilung für Sondersammlungen, Creative commons CC BY-NC https://creativecommons.org/licenses/by-nc/4.0/ (Sig. 06097)