Georges Lacombe an Hugo Schuchardt (447-06083)

von Georges Lacombe

an Hugo Schuchardt

Paris

22. 12. 1922

language Französisch

Schlagwörter: Meillet, Antoine Leizarraga, Joanes Charencey, Hyacinthe de Baskenland Schuchardt, Hugo (1923) Schuchardt, Hugo (1922) Schuchardt, Hugo (1923)

Zitiervorschlag: Georges Lacombe an Hugo Schuchardt (447-06083). Paris, 22. 12. 1922. Hrsg. von Katrin Purgay (2017). In: Bernhard Hurch (Hrsg.): Hugo Schuchardt Archiv. Online unter https://gams.uni-graz.at/o:hsa.letter.6139, abgerufen am 01. 02. 2023. Handle: hdl.handle.net/ 11471/518.10.1.6139.


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Paris, 137 Bd St Michel, le 22 décembre 1922

Mon cher Maître,

Merci de votre longue et aimable lettre, qui m’a vivement intéressé.

C’est avec plaisir que j’ai constaté que vous travaillez sérieusement aux Primitiae dont la parution, en 1923, ne fait désormais plus de doute pour moi : et cette perspective me comble d’aise, car nous aurons ainsi – enfin! – une grammaire basque. Et il sera en effet très commode pour vous de la faire imprimer à |2| Graz même.

Dans le passage auquel vous faites allusion, Meillet s’est, conformément à son habitude, placé beaucoup plus au point de vue du professeur qui cherche à exercer une influence qu’au point de vue du savant pur et simple ; du moins, c’est ainsi que je comprends son «il serait dangereux…»

Puisque vous me citez deux errata de votre Basque de Sare, permettez-moi de vous en signaler un que je viens de découvrir (car il m’arrive souvent de refeuilleter votre important mémoire): |3| p. 16 vers le milieu, 1572 ( Liçarrague).

C’est de mémoire que je vous ai cité minberaia, gostaia et botaia. Dans mes notes aldudiennes je retrouverai peut-être des phrases où ces mots se trouvent. – (L’élaboration de mon travail traîne beaucoup plus que je ne voudrais surtout à cause de la phonétique, où je n’arrive pas, dans beaucoup de cas, à des résultats bien nets.). Ne peut-on admettre que ces -aia = -atia = -atua? Je n’ai pas encore d’opinion arrêtée sur cette question.

A propos de votre article sur luki,1 que je lirai avec plaisir, je me permets de vous signaler à tout |4| hasard que Charencey s’est occupé deux fois de ce mot, la première dans une brochure (p. 11) que je vous envoie par ce courrier avec les deux derniers numéros de Gure Herria, et la seconde dans un travail intitulé De quelques noms d’animaux en langue basque (Extrait du Compte-Rendu de la IIe Session des Assises de Caumont) Rouen 1897, où je trouve page 7:

« Loki, a. (sic!). – C’est le nom du renard en dialecte biscayen, visiblement apparenté au λύγξ « lynx » du Grec |5| aussi bien qu’au Luchs de l’Allemand (même sens); cf. le vieux Haut-allemand Luhs – Anglo-Saxon et vieux Saxon, Lox – Hollandais, Losh – Suédois, – Gothique Laûhô. Rapprochez-en le Lithuanien Lùszis. Il se pourrait fort bien qu’un terme analogue ait jadis existé en vieux Gaulois, mais nous n’en avons pas trouvé trace. Rappelons que M. Kluge tire ce mot de la racine que nous offre l’Allemand, Licht, « Lumière » - Anglo-Saxon, Lixan « Briller » - Latin, Lux, Lucere, parce que le Lynx a les yeux très brillants.»

|6| J’avoue mon ignorance par rapport au Swastika, mais il me semble me rappeler qu’il a paru quelque chose autrefois là-dessus dans le Bull. de la Société des Sc., Lett. et Arts de Bayonne: je m’informerai.

L’abbé Landerreche (qui a 80 ans et n’a jamais quitté le Pays basque) est en train de faire pour moi un travail très important intitulé: Rectifications au Dict. d’Azkue:2 il en est au mot aho et a déjà écrit 55 pages de remarques variées, dont plusieurs sont précieuses.

Mille bons vœux de nouvel an, mon cher Maître, et vivent les Primitiae!

Votre très respectueusement dévoué

G. Lacombe


1 HS 754.

2 No parece haberse publicado.

Faksimiles: Universitätsbibliothek Graz Abteilung für Sondersammlungen, Creative commons CC BY-NC https://creativecommons.org/licenses/by-nc/4.0/ (Sig. 06083)