Georges Lacombe an Hugo Schuchardt (445-06082)

von Georges Lacombe

an Hugo Schuchardt

Paris

07. 12. 1922

language Französisch

Schlagwörter: Euskaltzaindia - Real Academia de la Lengua Vasca - Académie de la Langue Basque Revue critique d'histoire et de littérature Société de Linguistique de Paris Cohen, Marcel Grammont, Maurice Musset, Alfred de Heine, Eduard Dodgson, Edward Spencer Meillet, Antoine Bonaparte, Louis Lucien Schuchardt, Hugo (1922) Schuchardt, Hugo (1922)

Zitiervorschlag: Georges Lacombe an Hugo Schuchardt (445-06082). Paris, 07. 12. 1922. Hrsg. von Katrin Purgay (2017). In: Bernhard Hurch (Hrsg.): Hugo Schuchardt Archiv. Online unter https://gams.uni-graz.at/o:hsa.letter.6137, abgerufen am 03. 02. 2023. Handle: hdl.handle.net/ 11471/518.10.1.6137.


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Paris, le 7 décembre 1922

Mon cher Maître,

Que me voici en retard avec vous! Mais il est vraiment impossible que je tarde davantage à vous féliciter du vote que nous avons à l’unanimité émis en votre faveur l’autre jour à l’Académie basque. Après plus de 35 ans de bascologie active vous méritiez dix fois ce que nous avons fait pour vous. Et ce n’est pas seulement l’Académie qui s’en réjouit: j’ai annoncé la chose à Marcel Cohen qui en était tout guilleret.

J’ai à vous remercier, et je le fais bien |2| sincèrement, pour votre dernier envoi, SprachlicheBeziehung,1 et particulièrement pour la note de la page 204 qui ouvre de nouveaux horizons. Vos travaux de linguistique générale font, à mon avis, mieux comprendre que ceux des Indo-européanistes purs l’évolution du language. Permettez-moi, aussi, de vous féliciter respectueusement, de votre note sur Grammont, qui est un euphorique – chez qui l’hyperbole devient de plus en plus un moyen habituel d’expression. Au cours de conférences qu’il donna récemment à la Sorbonne, il déclara, à notre grand ébahissement, que |3| deux poètes seulement avaient un rythme original, Pindare et Alfred de Musset. Cela n’a diminué en rien l’admiration que je professe pour un Heine par exemple, dont je sais par cœur une douzaine de poèmes.

Je n’ai pu encore avoir de détails précis sur la mort de Dodgson, si ce n’est qu’elle a eu lieu le 9 octobre. J’ai pu voir sa bibliothèque, que l’on m’a prié de cataloguer, travail facile que j’ai exécuté en quelques heures. A noter, dans le lot une enveloppe «scellée le 9 janvier 1899» contenant plus de 70 «lettres de Mr le Dr|4| H. Schuchardt à Mr E. S. Dodgson» (la plupart des autres lettres n’étaient pas réunies avec autant de soin); parmi ces lettres de vous à D. s’en trouvent deux de décembre 1897 commençant par «Verehrte Frau»; en tête de l’une d’elles Dodgson a écrit: «To miss E. M. Veigh Ferrar…»  elles sont, comme toutes les autres, fort intéressantes.

Avez-vous en connaissance des deux articles que Meillet a écrits sur votre Bréviaire, l’un dans le 1er n° d’octobre de la Revue critique d’histoire et de littérature, l’autre dans le dernier Bulletin |5| de la Société de Lingusitique? Ce dernier contient aussi quelques lignes de moi sur votre Basque de Sare. Que pensez-vous de tout cela ? J’ajoute d’ailleurs que – vous ne l’ignorez du reste pas – je pourrais écrire un article de 20 pages sur votre travail. Et puisque j’en parle à présent, permettez-moi de vous dire ici, dès à présent, ce que j’ai trouvé aux Aldudes relativement à votre note 28 de la page 36: en dehors de atheraia, j’y ai relevé minberaia, gostaia, et, tout récemment botaia. Ces |6| quatre exemples, dûment constatés, permettraient, d’esquisser une théorie explicative de cet -aia.

Ainsi que je vous l’avais promis, j’ai vérifié dans les mss. de Bonaparte ce qui nous intéresse concernant les mots signifiant paille en roncalais, salazarais, aezcoan et haut-navarrais méridional: Voici ce que j’ai trouvé à ce sujet:

  h.nav.-mér : agotz

  aezcoan : agotz; lasto

  salazarais : agotz; lasto

  roncalais : autz, lasto

Et en reparcourant ces manuscrits, |7| je trouve pour fougère deux mots que je ne crois pas vous avoir signalés encore, arecho (roman?) h.-nav.-mér. de Puente-la-Reina, et illeztor h.-nav. mér. d’Olza et de Goñi (à rapprocher de l’illestar (d’Elcano) déjà signalé.

J’aurais encore, mon cher Maître, bien d’autre choses à vous raconter, mais je ne voudrais pas abuser de votre attention bienveillante, et je termine en vous adressant tous mes meilleurs vœux, notamment, pour vos travaux et votre santé.

Votre respectueusement dévoué

G. Lacombe


1 HS 751a.

Faksimiles: Universitätsbibliothek Graz Abteilung für Sondersammlungen, Creative commons CC BY-NC https://creativecommons.org/licenses/by-nc/4.0/ (Sig. 06082)