Georges Lacombe an Hugo Schuchardt (438-06077)

von Georges Lacombe

an Hugo Schuchardt

Gernika

13. 09. 1922

language Französisch

Schlagwörter: Universität Leiden Koninklijke Akademie van Wetenschappen (Amsterdam) Euskaltzaindia - Real Academia de la Lengua Vasca - Académie de la Langue Basquelanguage Baskischlanguage Sanskritlanguage Slawische Sprachen Gavel, Henri Meyer-Lübke, Wilhelm Navarro Tomás, Tomás Menéndez Pidal, Ramón Azkue y Aberasturi, Resurrección María de Urtel, Hermann Urquijo Ybarra, Julio de Leizarraga, Joanes Vinson, Julien Charencey, Hyacinthe de Leon, Albert Spanien Saint-Jean-de-Luz Gavel, Henri (1920)

Zitiervorschlag: Georges Lacombe an Hugo Schuchardt (438-06077). Gernika, 13. 09. 1922. Hrsg. von Katrin Purgay (2017). In: Bernhard Hurch (Hrsg.): Hugo Schuchardt Archiv. Online unter https://gams.uni-graz.at/o:hsa.letter.6130, abgerufen am 01. 02. 2023. Handle: hdl.handle.net/ 11471/518.10.1.6130.


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Guernica, le 12 sept. 19221

Cher et vénéré maître,

Un mot au galop, car le programme du congrès est infiniment chargé.

On a beaucoup travaillé jusqu’ici. Ont déjà fait leurs conférences: Gavel, Meyer-Lübke, Navarro Tomas, Pidal, Uhlenbeck etc. Tout s’est très bien passé. Vu Azkue, nouvellement rentré, frais et dispos: il va parler tout-á-l’heure de sémantique. – Je suis enchanté d’avoir fait la connaissance de M. Urtel, qui fera ce soir sa conférence sur les Etudes basques et l’Allemagne.

M. de Urquijo a reçu des mains de M. Meyer-Lübke, pour la revue, un article en allemand sur les mots basques (empruntés au roman) commençant par m: la polémique est |2| ouverte.

Gavel adopte votre huetza = abotza (ou agotza), après s’être fait un peu tirer l’oreille.

Urtel, qui est fort aimable, m’a montré la Parabole de l’Enf. prodigue en arcangirais: cela m’a fait penser à celle de Liçarrague.

Veuillez, mon cher maître, excuser la brièveté et le décousu de ma lettre: je suis très fatigué

Votre très respectueusement dévoué

G. Lacombe

P.S. - Sont en outre ici: Aranzadi, Saroïhandy, Léon etc. Quant à Dodgson, il paraît qu’il est en prison pour sodomie.

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Beilagen

Un grand savant à Bayonne

M. C. C. Ublenbeck [sic], professeur à l’Université de Leyde, membre de l’Académie des Sciences d’Amsterdam, membre d’honneur de l’Académie de langue basque, etc., se trouve depuis quelques jours à Bayonne. C’est un des linguistes les plus éminents de notre époque; il a écrit des ouvrages qui font autorité sur diverses langues indo-européennes (gothique, sanscrit, slave).

En outre, M. Uhlenbeck s’est révélé un américaniste de premier ordre ; dans ce domaine, ses études sur la langue des Pieds-Noirs de Montana, qu’il a étudiée sur place, ont apporté beaucoup de vues nouvelles à la linguistique générale.

En bascologie, nous devons au savant professeur hollandais un grand nombre de mémoires, parmi lesquels une «Phonétique comparative des dialectes basques»: ce travail est le premier de caractère nettement méthodique qui ait paru sur la prononciation euskarienne.

De Bayonne, M. et Mme Uhlenberck [sic] comptent aller visiter quelques villes d’Espagne, ensuite ils assisteront au Congrès basque de Guernica dont les travaux seront inaugurés le 10 septembre par Alphonse XIII.

G.L.

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Le Congrès basque de Guernica

Ainsi que nous l’avons annoncé précédemment, le Congrès Basque de Guernica (Biscaye) sera inauguré le 10 septembre prochain par Alphonse XIII: il durera jusqu’au 17 et pendant cette semaine se dérouleront, en grand nombre, des fêtes et réunions variées.

Il y a eu déjà plusieurs Congrès d’études euskariennes. Le premier en date – à moins que je ne me fourvoie – eut lieu à Paris en 1900. Beaucoup de gens y adhérèrent, mais, encore que les séances (se tinssent dans l’enceinte de l’Exposition universelle pourtant fertile en attractions de toute espèce, peu vinrent. Comme dit la chanson, nous étions sept: il y avait M. Vinson qui ### 2 Abbadie d’Arrast, le regretté comte de Charencey, M. Lévy d’Abartiague, M. de Aranzadi, M. Aguer-Barhendy et moi. Puis eut lieu un long interrègne, car nous devons attendre jusqu’en 1918 pour pouvoir mentionner un second Congrès, je veux dire celui d’Onate. Il fit contraste par son ampleur avec celui de 1900; on y remarqua le roi d’Espagne, des évêques, des bascolâtres, des bascophiles, des bascologues et même des bascophobes. Son succès fut éclatant. Deux ans après, en 1920, nouveau Congrès à Pampelune. On y agita force questions, mais la langue basque n’y fut point étudiée. L’année dernière enfin, à Durango, nous eûmes des «Euskalegunak», mot-à-mot des «Journées Basques», au cours desquelles plusieurs conférences euskéristiques furent prononcées.

Mais on peut dire d’ores et déjà que le Congrès de Guernica passera en splendeur et en importance toutes ces manifestations basquistiques. De grands savants étrangers y assisteront. Parmi eux, citons M. Meyer-Lübke à qui l’on doit une grammaire des langues romanes en quatre volumes et un dictionnaire latin-roman considérable, le plus récent et le mieux fait de tous; M. Uhlenbeck, indo-européanisant, américaniste et bascologue éminent, qui a récemment, comme nous l’avons relaté, séjourné à Bayonne, M. Urtel, ce linguiste hambourgeois qui pendant la guerre a étudié avec des prisonniers le basque d’Arcangues, celui de Saint-Jean-de-Luz et celui de Mauléon, et qui a déjà publié deux intéressants mémoires, l’un sur les onomatopées basques, l’autre sur l’ibérien dans le sud de la France; M. Albert Léon, professeur au lycée de Bayonne et chargé d’un cours libre à l’Université de Bordeaux, à la fois euskarisant et métaphysicien; M. Henri Gavel, hispaniste et bascologue, dont les Eléments de Phonétique basque, gros livre en dépit de son titre modeste, constituent un travail qu’il faut lire, etc…, etc…

Une vingtaine de conférences sont annoncées : nous comptons en parler quand elles auront eu lieu. Comme divertissements, signalons des danses, une exposition des œuvres les plus typiques des peintres basques, une exposition de costumes basques, des parties de pelote, des concours d’improvisation poétique, et j’en oublie.

Ou je me trompe fort, ou le Congrès de Guernica constituera une démonstration bascophilique sans précédent dans l’histoire, ainsi que je l’ai dit plus haut.

G.L.


1  Lacombe schreibt in seinem nächstem Brief, dass er sich im Datum geirrt habe, daher ist das Schreiben vom 13. und nicht vom 12.

2 Der Rest der Zeile nicht lesbar; es handelt sich aber um ein Attribut zu Vinson.

Faksimiles: Universitätsbibliothek Graz Abteilung für Sondersammlungen, Creative commons CC BY-NC https://creativecommons.org/licenses/by-nc/4.0/ (Sig. 06077)