Georges Lacombe an Hugo Schuchardt (421-06067)

von Georges Lacombe

an Hugo Schuchardt

Paris

27. 03. 1922

language Französisch

Schlagwörter: Société de Linguistique de Parislanguage Baskischlanguage Semitische Sprachen Meillet, Antoine Saussure, Ferdinand de Gröber, Gustav Leizarraga, Joanes Urquijo Ybarra, Julio de Azkue y Aberasturi, Resurrección María de Bonaparte, Louis Lucien Cohen, Marcel Reinisch, Leo Schuchardt, Hugo (1919) Schuchardt, Hugo (1919) Schuchardt, Hugo (1917)

Zitiervorschlag: Georges Lacombe an Hugo Schuchardt (421-06067). Paris, 27. 03. 1922. Hrsg. von Katrin Purgay (2017). In: Bernhard Hurch (Hrsg.): Hugo Schuchardt Archiv. Online unter https://gams.uni-graz.at/o:hsa.letter.6113, abgerufen am 03. 02. 2023. Handle: hdl.handle.net/ 11471/518.10.1.6113.


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Paris, le 27 mars 1922

Mon cher Maître,

Ce n’est pas vous, mais moi, qui suis très en retard: j’ai en effet à vous remercier de votre lettre du 1er mars et de votre carte plus récente, ainsi que de tous vos aimables envois, dont je vous suis fort reconnaissant. Sprachursprung I et II m’ayant donné une forte envie de connaître la suite, j’écris, à cet effet, à Berlin. Quant à Sprachverwandtschaft, cette brochure fut tout-à-fait la bienvenue: possédant tout ce que Meillet a écrit sur la question et vos travaux antérieurs sur le même sujet, me voici en état d’étudier à fond cette importante question. En outre, j’ai vu avec plaisir dans une note que vous aviez rendu compte du Cours de F. de Saussure: je vais tâcher d’atteindre cette étude que je m’en voudrais de ne pas connaître. – Merci aussi pur les Separata |2| de la Zeitschr. de Gröber : je vois que lorsque vous faites du roman vous pensez toujours au basque, et ce n’est pas moi qui m’en plaindrai!

Merci, enfin, tout particulièrement, pour l’avant-garde du Saratar, reçue ce matin : je l’ai, comme de juste, dévorée, et j’espère que je pourrai bientôt compléter mon repas. Ce que vous dites de la Parab. de l’Enf. prodigue de Liçarrague joint à ce que m’écrit Urquijo: «J’ai de très bonnes nouvelles de M. Schuchardt» m’incite à croire que l’année 1922 ne s’écoulera pas sans que ce nouveau travail voie le jour. Travaillons! Macte animo! Nous aurons toute l’eternité pour nous reposer.

Dans votre lettre du 1er mars, vous me demandiez ce que signifie |3| proprement Vendryes. Il me semble que nous sommes en présence de Veneriensis (cf. Port-Vendres, Vendredi etc.)

Je m’intéresse toujours à iratze, iraztor etc. Si vous avez quelque point de vue nouveau sur la question, vous seriez bien aimable de m’en faire part. Je me trouvais il y a un mois à Bilbao, et j’en ai profité pour faire des fouilles dans le Supplément manuscrit, constamment tenu à jour et qui va bientôt atteindre la valeur de 300 pages, du Dictionnaire d’Azkue. Je n’ai trouvé là que des variantes sans grand intérêt, tout juste dignes de figurer dans une étude d’ensemble, mais, en revanche, en mettant à feu et à sang les moindres papiers de Bonaparte, trois mots m’en ont paru |4| dignes de vous être signalés : igatz (ronc.[ ) ] (cf. ugarte, iguzki etc.) et surtout iñazkor et il̃estar. Nous aurions peut-être, comme second élément –kor (?) ou orri???

L’autre jour, à la Société de Linguistique, j’ai, à la suite d’une belle communication de Marcel Cohen sur l’unité chamito- sémitique, tenté une timide intervention à propos du basque. Mais on n’a pas voulu me suivre, et comme je me hasardais à mentionner le nubien, M. Delafosse a soutenu que cette langue n’avait rien à faire avec le chamito-sémitique, que la grammaire de Reinisch ne valait pas grand-chose, que celle de Lepsius était meilleure, etc.

Je n’insiste pas et vous adresse, mon cher Maître, l’expression de mon respectueux attachement

G. Lacombe

Faksimiles: Universitätsbibliothek Graz Abteilung für Sondersammlungen, Creative commons CC BY-NC https://creativecommons.org/licenses/by-nc/4.0/ (Sig. 06067)