Georges Lacombe an Hugo Schuchardt (317-06025)

von Georges Lacombe

an Hugo Schuchardt

Saint-Jean-de-Luz

07. 09. 1913

language Französisch

Schlagwörter: language Baskisch Urquijo Ybarra, Julio de Trebitsch, Rudolf Karras, Ehrhardt Champion, Honoré Duvoisin, Jean-Pierre Bonaparte, Louis Lucien Collins, Viktor Azkue y Aberasturi, Resurrección María de Baskenland Paris Schuchardt, Hugo (1914)

Zitiervorschlag: Georges Lacombe an Hugo Schuchardt (317-06025). Saint-Jean-de-Luz, 07. 09. 1913. Hrsg. von Katrin Purgay (2017). In: Bernhard Hurch (Hrsg.): Hugo Schuchardt Archiv. Online unter https://gams.uni-graz.at/o:hsa.letter.5983, abgerufen am 03. 02. 2023. Handle: hdl.handle.net/ 11471/518.10.1.5983.


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Le 7 septembre 1913

Mon cher Maître,

Je vous remercie de votre aimable lettre et de son importante annexe du 29 août, ainsi que de votre carte du 30. Si je ne vous ai pas répondu plus tôt, c’est que je viens seulement d’en prendre connaissance, mon absence hors du pays basque s’étant prolongée plus que je n’aurais cru.

Avant de reprendre les diverses questions dont j’ai à vous parler, j’ai des excuses à vous adresser. En arrivant à Paris, je me suis aperçu |2| que j’avais oublié d’emporter avec moi en voyage les clefs de mon appartement, et comme à ce moment ma mère était absente de Bayonne je n’ai pu me les faire envoyer et ai dû descendre à l’hôtel. Pour pénétrer jusqu’au livre que j’ai promis de vous expédier, il eût fallu que je fisse défoncer quatre serrures par un serrurier et j’ai reculé devant cette opération. Je ne pourrai donc, à mon grand regret, tenir ma promesse qu’à mon retour, c’est-à-dire fin octobre.

Cela dit, entrons en matière.

Dès que Urquijo sera de |3| retour (je l’attends ici dans quatre ou cinq jours ainsi que M. Trebitsch) je lui soumettrai le questionnaire que j’ai préparé pour l’Atlas et lui lirai les excellents conseils que vous voulez bien nous donner, que nous mettrons à profit et pour lesquels je vous remercie vivement. Il va sans dire que nous vous tiendrons au courant de nos essais. Il faut espérer que du 15 au 30 nous achèverons le labourdin de la côte (vulgo kostatar). – Grâce aux explications orales et écrites que vous avez bien voulu me donner, je comprends bien maintenant l’utilité qu’il y aurait aussi à composer un Atlas historique: j’en parlerai aussi |4| à Urquijo.

Je n’ai pas encore reçu de Karras ou de J. de U. le tirage à part de B. u. H. Il me faudra donc encore, peut-être, avoir recours une fois de plus à votre obligeance: ce n’est pas seulement chez moi de la bibliomanie, mais ces tirages sont utiles ne serait-ce que par leur pagination différente de celle du périodique où ils paraissent, et aussi pour pouvoir être reliés.

Il ne m’est malheureusement pas possible de vous dire grand chose de précis sur Adarca. Je me souviens qu’un de mes amis, l’abbé Bidart, curé d’Ibarrole, avait installé autrefois une petite palombière dans un lieu appelé Azarka. Nous aurions peut-être |5| ici le même suffixe. J’espère voir demain à Urrugne (fêtes d’Abbadie) l’ami Broussain, qui a un très grand nombre de noms de lieux basques dans la tête et je l’interviewerai un peu là-dessus.

Je ne crois pas que les 40 fr. que proposait autrefois Champion pour une Bible Duvois. constituent une faute d’impression. Je sais qu’il a vendu il y a quelques années 4 cartes de Bonaparte (édition lithographiée) au prix dérisoire de 10 fr. chacune. Il est maintenant brouillé avec Collins et ne vend plus les travaux de Bonap.

|6| Vous êtes très aimable de me promettre quelque chose encore sur le jeu de paume. J’attendrai donc avec plaisir un mot de vous avant de publier mon article. Je me suis toujours passionné pour ce jeu sous toutes ses formes, je le pratique encore un peu à l’occasion et j’ai fait une quantité de comptes-rendus de parties. A Paris je vous enverrai le catalogue de la petite bibliothèque pelotesque que j’ai constituée.

J’ai parlé à cet excellent d’Andurain de la communication que vous me chargez de lui faire. Il vous adresse ses meilleurs remerciements |7| et ses hommages. Il est très content de son séjour à Graz, et, du coup, il affirme qu’il va se mettre à étudier à fond le basque.

Il va sans dire (je m’en porte absolument garant) que Urquijo ne peut être qu’enchanté de l’apparition avant la revue du tirage à part de Bask. u. Hamit. Il est naturel (le n° étant très en retard) que votre travail soit distribué avant son apparition. Je suis sûr que, loin d’en être offusqué, M. de Urquijo en sera fort heureux.

C’est grâce à vous que j’ai fait la connaissance de larunba. J’interviewerai tous les |8| Basques auprès desquels je me trouverai pour tirer cette affaire au clair, et en attendant, j’écris à Azkue pour avoir, si possible, des renseignements complémentaires.

Il me tarde de revoir M. Trebitsch. Un journaliste, M. Genes (nor da?) a cru devoir protester dans un article assez comique d’ailleurs contre les agissements des bascophiles complices du Dr Trebitsch, à qui on laisse emporter loin du pays basque des documents ethnographiques qui devraient y rester. Roby et de Urquijo ont cru devoir répondre et ils ont bien fait. La xénophobie fait assez souvent divaguer ceux qui en sont atteints.

Veuillez, mon cher Maître, agréer l’assurance de mes sentiments très respectueux et dévoués

G. Lacombe

(Je suis à St J. de Luz, Modern Hôtel pour |5| un mois environ)

Faksimiles: Universitätsbibliothek Graz Abteilung für Sondersammlungen, Creative commons CC BY-NC https://creativecommons.org/licenses/by-nc/4.0/ (Sig. 06025)