Henri Gaidoz an Hugo Schuchardt (126-03298)

von Henri Gaidoz

an Hugo Schuchardt

Paris

25. 04. 1899

language Französisch

Schlagwörter: Politik- und Zeitgeschichte Nationalismus Mélusine. Recueil de mythologie, littérature populaire, traditions et usages. Preußische Jahrbücher

Zitiervorschlag: Henri Gaidoz an Hugo Schuchardt (126-03298). Paris, 25. 04. 1899. Hrsg. von Magdalena Rattey (2017). In: Bernhard Hurch (Hrsg.): Hugo Schuchardt Archiv. Online unter https://gams.uni-graz.at/o:hsa.letter.5286, abgerufen am 14. 04. 2024. Handle: hdl.handle.net/11471/518.10.1.5286.


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22 Rue Servandoni, Paris
25 Avril 1899

Cher Monsieur,

Puisque vous allez quitter Gotha, je ne veux pas vous laisser partir, sans régler cette correspondance, grosso modo du moins, car il faudrait une brochure pour traiter tous les points touchés ou développés dans vos dernières lettres.

1) Mon calendrier français à effeuiller donnait hier pour devise cette phrase de Mignet (un de nos historiens de ce siècle) que j’appliquerai un jour ou l’autre à la nationalité allemande se plaignant de subir en Autriche et en Russie le traitement qu’elle fait subir aux autres dans l’Empire d’Allemagne: «Il est rare que les hommes de parti n’éprouvent pas le sort qu’ils ont fait subir.» 1 C’est, vous le voyez, la même pensée que celle de votre écrivain danois.

2) Votre mémoire vous trompe quand vous pensiez m’avoir prévenu que ce discours de Lamanski était tout récent.2 D’après votre découpure, ce serait Wladimir Lamanski3, homme d’affaires et de Bonne, non pas son frère, l’ancien Professeur à l’Université de Petersbourg, Slaviste et Slavophile et rédacteur de la Jivaïa Starina4 (recueil de Folk-lore, comme vous pouvez savoir). Quoiqu’il en soit, je ne pourrai rien faire de ce discours tant qu’il ne sera pas publié in-extenso et tant que je n’en aurai pas une traduction que, |2| d’après le traducteur, je pourrai croire impartiale. – Le résumé de ce journal allemand est certainement tendancieux, tout au moins: c’est excuse de journaliste pour ces polémiques malheureusement si envenimées de la presse.

3). Je ne vous ai envoyé les articles de l’ Indépendance Belge que parce qu’un journal d’un pays neutre les a en quelque sorte adoptés en les publiant. Je vous ai signalé la brochure de Weissenburg am Sand5 parce qu’elle est l’œuvre d’un Allemand. Je pourrais vous signaler un article des Preussische Jahrbücher6 dans le même sens, il y a un an ou deux. Mais je sais que ce sont des symptômes isolés et je regrette qu’il n’y ait pas plus d’Allemands – au moins un second Hans Delbrück dans les Universités d’Allemagne et d’Autriche – pour juger les choses avec autant de philosophie et d’équité. Mais sans la neutralisation de l’Alsace Lorraine, la paix matérielle entre les deux pays ne pourra pas devenir une entente cordiale, au moins de 40 ou 50 ans. Et, qui sait? l’union des deux pays se fera peut-être par le triomphe du socialisme dans tout l’ouest du continent Européen (l’Allemagne comprise).

4). Vous trouvez qu’il n’y a pas de chauvinisme en Allemagne? Le chauvinisme n’y a pas la phrase pamphlétaire et déclamatoire de Déroulède et de Rochefort [1]: mais il a mieux, par exemple les Alldeutsche Blätter publiés par l’Alldeutscher Verband7, et le |3| Heimdall8, publié par l’Alldeutscher Sprach und Schriftverein… sans compter bien d’autres publications de combat. Et le Kampf um das Deutschum9 de Munich! Nombreuses sont les publications de pangermanisme, tandis qu’en France il n’y en a pas de panfrancisme, - et le fait que je suis forcé de fabriquer ce néologisme le montre bien!

5) Je n’ai rien lu de Nietzsche, et je ne crois pas que j’en lise jamais rien, quand je n’ai pas encore ouvert des livres envoyés pour compte-rendu à Mélusine il y a 15 et 18 mois. Je vous envie que vos yeux restent sains et vous permettent de lire autant que vous voulez.

Comme je prévois que je ne pourrai pas continuer cette lettre avant deux ou trois jours, je préfère expédier dès maintenant ce qui est écrit.

Bien à vous

HGaidoz

[1] Je vois par votre lettre qu’on leur attribue à l’étranger une importance qu’ils n’ont pas en France.


1 Dieses Zitat stammt aus: Mignet, François-Auguste. 1824. Histoire de la révolution française, depuis 1789 jusqu’en 1814. Paris: Firmin Didot, père et fils. (Vgl. Ausgabe von 1839, S. 164). François-Auguste-Marie Mignet (1796-1884) war frz. Schriftsteller, Journalist und Historiker.

2 Im Schreiben vom 20. April 1899 ( 123-SG37) fügt Schuchardt aber in einer Klammer hinzu, dass der Vortrag „vor ganz Kurzem“ stattgefunden habe.

3 Gaidoz dürfte hier versehentlich die Vornamen der Brüder verwechselt haben. Denn Wladimir Lamanski war der Slawist (siehe Brief vom 15. April 1899, 120-SG35, Schuchardt an Gaidoz).

4 Russ. Живая старина. Die französische Übersetzung des Titels dieser ethnographischen Ausgabe der Kaiserlichen Russischen Geographischen Gesellschaft lautete L’Antiquité ou la Tradition vivante. Lamanski hatte ab 1890 die Leitung über diese Ausgabe (vgl. Léger Louis. Recueil d'articles en l'honneur de V.-J. Lamansky à l'occasion du cinquantième anniversaire de ses débuts scientifiques. In: Journal des savants. 7e année, Avril 1909. pp. 187-188).

5 Siehe Brief vom 18. April 1899, Gaidoz an Schuchardt.

6 Die Preußischen Jahrbücher (1858-1935) waren eine Zeitschrift für Politik, Geschichte, Literatur und Staatswissenschaften. Sie wurden im Zeichen des konstitutionellen Liberalismus gegründet. Hans Delbrück (1848-1929), deutscher Historiker und Politiker, war von 1889 bis 1919 Alleinherausgeber der Jahrbücher (vgl. Angaben der ÖNB und Thimme, Anneliese, "Delbrück, Hans Gottlieb Leopold" in: Neue Deutsche Biographie 3 (1957), S. 577-578 [ Onlinefassung]).

7 Siehe Brief vom 7. April 1899, Gaidoz an Schuchardt.

8 Heimdall: Monatsschr. für dt. Art ; Zeitschr. für reines Deutschtum u. Alt-Deutschtum, zugl. Vereinsbl. d. Alldeutschen Sprach- und Schriftvereins, d. Allgemeinen Deutschen Schriftvereins, Jungdeutscher Bünde u. Deutsch-Völkischer Vereine. Dieses Publikationsorgan erschien von 1896-1932. Heimdall ist der Name des nordischen Gottes und Wächters der Götter. Der Alldeutsche Sprach- und Schriftverein wurde 1898 von Adolf Reinecke (1861-1940) gegründet. (Vgl. Wikipedia; Puschner, Uwe, "Pfister, Hermann von" in: Neue Deutsche Biographie 20 (2001), S. 338-340 [ Onlinefassung]).

9 Die Reihe Der Kampf um das Deutschtum wurde vom Alldeutschen Verband publiziert. 16 Hefte dieser Reihe erschienen zwischen 1897 und 1911 im Verlag des Verbandmitglieds Julius Friedrich Lehmann in München. (Vgl. Hering 2003: 183, Berit Pleitner: Alldeutscher Verband. In: Online-Lexikon zur Kultur und Geschichte der Deutschen im östlichen Europa, 2014.).

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