Henri Gaidoz an Hugo Schuchardt (088-03279)

von Henri Gaidoz

an Hugo Schuchardt

Paris

27. 05. 1898

language Französisch

Schlagwörter: Das Ausland

Zitiervorschlag: Henri Gaidoz an Hugo Schuchardt (088-03279). Paris, 27. 05. 1898. Hrsg. von Magdalena Rattey (2017). In: Bernhard Hurch (Hrsg.): Hugo Schuchardt Archiv. Online unter https://gams.uni-graz.at/o:hsa.letter.5244, abgerufen am 14. 04. 2024. Handle: hdl.handle.net/11471/518.10.1.5244.


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Paris 27 Mai 98.

Cher Monsieur,

Je relis avec soin votre lettre1, que j’avais lue trop rapidement avant de vous répondre. Je vois que j’avais tort de dire formellement que vous avez dans ces questions nationales deux poids et deux mesures. Vous dites très justement « aucun peuple n’est juste envers un autre ».2 A cet aphorisme j’ajoute le suivant: « on s’indigne, à l’étranger, de ce qu’on admet ou tolère très bien chez soi »

Je vais exprimer d’une façon correcte la critique que j’avais dans l’esprit après avoir lu votre brochure3, et je la mets sous forme de syllogisme:

|2| Les Tchèques veulent rétablir l’ancienne “Couronne de St Wenceslas” avec domination de l’élément nationale tchèque, comme les Allemandes ont rétabli l’ancien Empire d’Allemagne avec domination de l’élément national allemand;

Or, les Allemands dans leur empire restauré écrasent les minorités nationales, au point de vue de la langue (expression ici du sentiment) et veulent forcer ces minorités à entrer dans le moule de la langue et, par suite, de la pensée allemande.

Donc, les Allemands de l’Empire d’Allemagne – et vous êtes un |3| Reichsdeutscher – n’ont pas le droit de s’indigner que les choses tournent en Bohême comme elles ont tourné en Allemagne.

Sur le fond même de la question, je sympathise avec les Allemands de Bohême comme avec les Polonais, Danois, Français et Francophiles (je veux dire Alsaciens) de l’Empire. Je sympathise aussi avec les Allemands d’Autriche des classes élevées de la société qui comme mon ami Frédéric de Hellwald4 étaient franchement et vraiment «Autrichiens».

Une des conséquences fâcheuses du conflit bohême est qu’il transforme ces Autrichiens en Allemands purs, que cela |4| mènera à la guerre civile, peut-être à l’intervention de l’Allemagne et de la Russie. Et quoiqu’il puisse résulter de cette dislocation, il y aura toujours des opprimés, ce seront les vaincus.

Pour moi, si j’étais appelé comme arbitre, je dirais aux Allemands, Tchèques, Slovènes, Italiens et autres: soyez Autrichiens comme les Français de Genève, les Allemands de Berne et les Italiens de Lugano sont Suisses, et tolérez-vous les uns les autres!

Bien à vous

HGaidoz


1 Es ist der Brief vom 24. Mai 1898 ( 086-SG19), Schuchardt an Gaidoz, gemeint.

2 Siehe Brief vom 24. Mai 1898 (086-SG19), Schuchardt an Gaidoz: „Kein Volk ist gegen das Andere gerecht“.

3 Schuchardt, Hugo. 1898. Tchèques et Allemands. Lettre de M. Hugo Schuchardt, Correspondant étranger de l'Institut de France à M. ***. Paris : Welter. [Archiv-/Breviernummer: 324].

4 Friedrich Anton Heller von Hellwald (1842-1892), geboren in Padua und gestorben in Bad Tölz. In seiner Tätigkeit als Schriftsteller verfasste er populärwissenschaftliche Werke in den Bereichen der Kulturgeschichte, Anthropologie, Geographie und Ethnographie. Von Hellwald war Anhänger der Darwinschen Lehren, weshalb er die ihm 1872 zugeteilte Schriftleitung des Stuttgarter Wochenblattes „Das Ausland“ 1882 schließlich verlor. (vgl. "Friedrich Anton Heller von Hellwald" in ÖBL 1815-1950, Bd. 2 (Lfg. 8, 1958), S. 262).

Faksimiles: Universitätsbibliothek Graz Abteilung für Sondersammlungen, Creative commons CC BY-NC https://creativecommons.org/licenses/by-nc/4.0/ (Sig. 03279)