Henri Gaidoz an Hugo Schuchardt (081-03276)

von Henri Gaidoz

an Hugo Schuchardt

Paris

01. 03. 1896

language Französisch

Schlagwörter: Grazer Tagespost Wolf, Michaela (1993)

Zitiervorschlag: Henri Gaidoz an Hugo Schuchardt (081-03276). Paris, 01. 03. 1896. Hrsg. von Magdalena Rattey (2017). In: Bernhard Hurch (Hrsg.): Hugo Schuchardt Archiv. Online unter https://gams.uni-graz.at/o:hsa.letter.5236, abgerufen am 14. 04. 2024. Handle: hdl.handle.net/11471/518.10.1.5236.


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22 Rue Servandoni
>Paris, 1er Mars 1896.1

Cher Monsieur,

Je vous remercie pour les renseignements précis que m’apporte votre nouvelle lettre. Ils confirment – en me donnant des dates et des textes – ce qui avait écrit le Temps. Je savais du reste déjà qu’on peut avoir confiance dans ce journal – qui est à proprement parler le journal alsacien de Paris – pour ses nouvelles d’Alsace.

Quand à votre distinction entre districts allemands, français et mêlés, aucun esprit libéral ne l’admettra dans les cas dont il s’agit. Vous devez savoir que la classe moyenne était en Alsace francisée de langue ou au moins de sentiment; or, quand dans une localité quelconque on empêche un père de famille de donner un prénom français à son enfant, ou quand on lui impose une |2| nouvelle graphie de son nom patronymique, il y a oppression linguistique – comme en Hongrie. Il y aurait lieu d’écrire là-dessus une brochure intitulée: Sind unsere Namen verunstaltbar?2 

L’explication du cas de Jenny est curieuse: elle montre que les autorités allemandes cherchent dans la Rumpel Kammer des vieilles lois françaises des instruments d’oppression. Cette loi du 11 Germinal An XI est tombée en désuétude en France, sauf pour empêcher l’emploi de prénoms ridicules (et aussi de noms de famille comme prénoms à la mode anglaise). C’est ainsi qu’il y a quelques années j’ai lu qu’on avait opposé cette loi à un révolutionnaire qui voulait appeler son fils: Lucifer-|3|Blanqui3 - Je me rappelle avoir entendu raconter que le professeur Edouard Reuss4 (de Strasbourg) avait donné à un de ses fils, mort jeune, le prénom d’Erwin (en souvenir d’Erwin de Steinbach5). Cela se passait sous le régime français, et on ne s’était pas autorisé, pour l’empêcher, de cette loi archaïque que l’autorité allemande a remise en vigueur en Alsace.

[Notiz am Rand mit Bleistift von H.S. : Also Böswilligkeit, wenn auch Gesetzmäßigkeit]

Si vous donniez suite à votre projet d’écrire sur l’emploi des langues en Alsace avant et après 1870, je pourrais tâcher de retrouver ce que j’ai écrit, avant 1870, pour le respect et la culture des langues provinciales en France, y compris l’allemand en Alsace. Ayant |4| toujours été libéral, et hostile au Sprachzwang des langues d’Etat, je n’ai pas eu à modifier mon attitude, et à changer de point de vue suivant que les mêmes faits se passent dans un pays ou dans un autre.

Merci pour l’amusante découpure sur les Kielstreifen.6 Mais elle est sans indication de provenance, ce qui m’étonne de la part d’un philologue: que ne m’envoyez-vous le journal entier? cela ne vous eût pas coûté plus cher!

Vous irez sans doute en Hongrie pour les fêtes du millénaire: vers quelle époque?

Bien à vous

HGaidoz


1 Laut Wolf (1993: 176) ist dieser Brief mit 14. März datiert.

2 Wohl eine Anspielung auf den Titel von Schuchardt, Hugo. 1895. Sind unsere Personennamen übersetzbar? Graz: Selbstverlag des Verfassers. [Archiv-/Breviernummer: 290].

3 Zu Blanqui: Louis-Auguste Blanqui (1805-1881), frz. Revolutionär, Mitglied der Kommune, um ihn bildete sich die Gruppe der blanquistes .

4 Edouard Guillaume Eugène Reuss (1804-1891),  protestantischer Theologe. Er schrieb auf Deutsch und auf Französisch, so erschien z.B. seine neue Auslegung des Neuen Testaments unter dem deutschen Titel: Die Geschichte der Heiligen Schriften Neuen Testaments 1842 in Halle bei C.A. Schwetschke und Sohn.

5 Erwin von Steinbach, ein elsässischer Steinmetz und Baumeister, starb 1318 in Straßburg. Er leitete den Bau der Straßburger Münsterbauhütte (Werkstattverband). (Siehe Genaueres in Rosemann, Heinz Rudolf, "Erwin von Steinbach" in: Neue Deutsche Biographie 4 (1959), S. 636 f. [ Onlinefassung]).

6 Das Erscheinungsdatum betreffend gibt Schuchardt Gaidoz im Brief vom 3. März 1896 (082-SG17) folgende Auskunft: „er stand in der ‚Grazer Tagespost’ von demselben Tage“. Somit könnte sich jener selbe Tag auf den 13. Februar 1896 beziehen, der diesem Brief vorgeht. Allerdings war das Ergebnis der Durchsicht der Ausgabe hinsichtlich des Kielstreifen-Artikels vom 13. Februar negativ.

Faksimiles: Universitätsbibliothek Graz Abteilung für Sondersammlungen, Creative commons CC BY-NC https://creativecommons.org/licenses/by-nc/4.0/ (Sig. 03276)