Hugo Schuchardt an Henri Gaidoz (021-SG5)

von Hugo Schuchardt

an Henri Gaidoz

Graz

23. 06. 1882

language Französisch

Schlagwörter: Volksmusik

Zitiervorschlag: Hugo Schuchardt an Henri Gaidoz (021-SG5). Graz, 23. 06. 1882. Hrsg. von Magdalena Rattey (2017). In: Bernhard Hurch (Hrsg.): Hugo Schuchardt Archiv. Online unter https://gams.uni-graz.at/o:hsa.letter.5113, abgerufen am 14. 04. 2024. Handle: hdl.handle.net/11471/518.10.1.5113.


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Graz, 23 juin 1882

Cher Monsieur,

Quant à l’article sur Güterbock je n’y ai même pas encore pensé. Je vous ai dit que je ne travaille guère. C’est ma neurasthénie qui m’en empêche. Vous croyez voir que mon état me permet de travailler? Oui, quelquefois, mais assez rarement. Une maladie qui sans être dangereuse porte sur le système central des nerves, n’est pas très favorable aux études. Voulez vous un petit menu de mes maux? une congestion continuelle, des abattements, des angoisses ter|2|ribles, des oesophagismes, un bourdonnement d’oreille ininterrompu, mauvais sommeil, des crampes nerveuses etc. etc. Quand je me trouve un peu mieux, je ne suis pas toujours très disposé à travailler, je cherche à me réjouir, je monte à cheval, je flane, je dors beaucoup pendant la journée etc. Maintenant je suis végétarien – depuis quelques semaines; je crois que cela me fait du bien, mais d’abord cela rend assez faible et peu productif. Je regrette beaucoup que vous aussi vous trouviez mal, je vous conseillerais de faire une cure hydrothérapique – je m’y exercais un peu. Nous avons de très |3| bons établissemen[t]s en Allemagne et en Autriche; j’ai vu des cures merveilleuses quant à des maladies très – obstinées de toutes sortes. Venez avec moi à Alexanderbad dans le Fichtelgebirge!

Je vous demande pardon de vous avoir parlé de ma santé; mais il faut qu’on sache comme je me trouve à fin qu’on n’attende pas de moi des choses qui me sont impossibles. Ce que d’autres font en six jours, j’y ai besoin de six mois.

Et puis ces Zimmerianes me dégoutent à un point |4| incroyable de toutes les recherches scientifiques. Il aura mille fois raison, mais il est un reptile et je n’aime pas à me trouver avec des reptiles dans le même lieu. Il me viennent quelquefois des doutes serieux si tout ce que nous faisons est nécessaire ou utile. La science gâte notre vie; les études m’ont ruiné.

Comme M. Zimmer parle pour la seconde fois de ma blasphémie, je voudrais bien lui conseiller un peu de practique chrétienne; est-ce que ce serait permis?1

Bien à vous

HSchuchardt


1 Schuchardt fügte zwei Monate nach Beendigung seines Artikels „Zimmeriana“ für die Revue Celtique 5 diesem noch einen Kommentar hinzu: „Inzwischen ist mir Herrn Zimmer’s Selbstanzeige in den G. G. A. zu Gesicht gekommen. Es wundert mich durchaus nicht, dass ein Schriftgelehter, der so glaenzende Proben praktischen Christenthums gegeben hat, wie Herr Zimmer, sich immer noch nicht über die ‚Blasphemie‘ beruhigen kann, die ich durch ein gewisses Citat aus einer altirischen Hymne begangen habe. – Im Juni 1882. – H.S.“, vgl. [Archiv-/Breviernummer: 136]. Das „Citat“ steht am Ende der Rezension über Windischs Irische Texte, [Archiv-/Breviernummer: 129]. In der Fußnote [ 5] zum Brief vom 6. Juni 1882 (018-03225) ist Zimmers Äußerung über Schuchardts „Blasphemie“ wiedergegeben.

Faksimiles: Die Publikation der vorliegenden Materialien im „Hugo Schuchardt Archiv” erfolgt mit freundlicher Genehmigung des Fondo Lacombe (Euskaltzaindia). (Sig. SG5)