Gaston Paris an Hugo Schuchardt (38-08650)

von Gaston Paris

an Hugo Schuchardt

Unbekannt

1882

language Französisch

Schlagwörter: Bos, Alphonse Baissac, Charles Réunion Genfersee Paris Bos, Alphonse (1880) Baissac, Charles (1880) Schuchardt, Hugo (1881) Bähler, Ursula (2004) Schuchardt, Hugo (1866)

Zitiervorschlag: Gaston Paris an Hugo Schuchardt (38-08650). Unbekannt, 1882. Hrsg. von Ursula Bähler, Bernhard Hurch und Nicolas Morel (2023). In: Bernhard Hurch (Hrsg.): Hugo Schuchardt Archiv. Online unter https://gams.uni-graz.at/o:hsa.letter.11745, abgerufen am 15. 05. 2026. Handle: hdl.handle.net/11471/518.10.1.11745.


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[s. l.] [s. d.]1

Mon cher ami,

J’ai beau chercher dans ma tête, je ne vois personne à vous indiquer: je ne me suis guère occupé de parlers créoles, et je n’ai pas de relations dans les régions où il se parlent. Cependant un de mes amis est employé depuis deux ans comme ingénieur dans notre colonie de la Réunion2; je pourrai, si vous le voulez, lui écrire et lui transmettre les demandes que vous jugeriez intéressantes. Je suis heureux de vous voir vous occuper de cette question curieuse, qui soulève tant de problèmes et est bien plus haute et profonde qu’elle n’en a l’air. Vous verrez dans le n° d’octobre de la Romania (qui est paru depuis quinze jours; comment en êtes-vous encore à juillet?) un article de Bos3 sur le livre de Baissac, où il y a quelques bonnes remarques.

Vous vous moquez de moi avec votre modestie. Ne croyez pas que je me fasse d’illusions sur nos rangs respectifs dans la science. Le hasard des circonstances fait que mes travaux ont attiré bien plus d’attention qu’ils ne l’auraient fait autrement. Dans le royaume des |2| aveugles, vous le savez, les borgnes sont rois4. Mais si même j’étais en état de faire de bons travaux, je n’ai jamais le temps suivi, le recueillement nécessaire; ma vie s’éparpille en mille occupations dissemblables, et on ne fait rien de bien que par la profondeur continue de la réflexion. Aussi généralement, en linguistique, quand je crois avoir trouvé quelque chose de nouveau, je m’aperçois que c’est la découverte d’un autre, et le plus souvent de vous, qui vous êtes plu à cacher des œufs dans tous les coins de votre étonnant livre5, que vous devriez bien, suivant mon ancien avis, revoir, refondre et compléter6.

J’ai gardé, moi aussi, le plus agréable souvenir des journées passées avec vous sur les bords du Léman, et aussi de votre visite à Paris, et je serai enchanté de l’occasion de renouveler ces relations. En attendant, je vous souhaite une bonne année et vous prie de croire toujours à mes sentiments très dévoués.

GParis

Je n’ai vu votre lettre qu’aujourd’hui, revenant de ma tournée


1 Lettre manuscrite, [s. l.], [début janvier 1882].

2 Il s'agtit de Jules Fleury. Voir l. du 12 janvier 1882 (HS 39-24457) et du 12 février 1882 (GP 40-08577).

3 Alphonse Bos (1835-1913), médecin à Florence, puis au service des Messageries maritimes, s’est initié à la philologie française en autodidacte. Lors de ses fréquents voyages, il s’est intéressé aux langues créoles et a notamment publié un article sur le créole de l’île Maurice dans la Romania 9/36 (Bos 1880). Il a publié un compte rendu de Baissac (1880) dans la Romania 10/40 (1881). Quant à la correspondance entre Bos et Schuchardt, voir Hausmann (HSA 2021).

4 Remarque en partie auto-ironique? G. Paris avait perdu un œil en 1845 (Bähler 2004a, 28; 664).

5 Le Vokalismus des Vulgärlateins (Schuchardt 1866a).

6 G. Paris envisageait même d’en traduire l'introduction avec l’aide de Schuchardt. Voir les l. du 17 février 1873 (GP 08-08564), du 22 février 1873 (HS 09-24456) et du 18 mars 1873 (HS 10-24456).

Faksimiles: Universitätsbibliothek Graz Abteilung für Sondersammlungen, Creative commons CC BY-NC https://creativecommons.org/licenses/by-nc/4.0/ (Sig. 08650)