Hugo Schuchardt an Gaston Paris (32-24456)
von Hugo Schuchardt
an Gaston Paris
09. 08. 1877
Französisch
Schlagwörter: Bopp-Stiftung Savigny-Stiftung Romania (Zeitschrift) Tasso, Torquato Milá y Fontanals, Manuel D'Ovidio, Francesco Tobler, Adolf Stünkel, Ludwig Berlin München Wien Schuchardt, Hugo (1877) [o. A.] (1877) Tasso, Torquato (1581) [o. A.] (1877) Schuchardt, Hugo (1877) Ovidio, Francesco d' (1877)
Zitiervorschlag: Hugo Schuchardt an Gaston Paris (32-24456). Graz, 09. 08. 1877. Hrsg. von Ursula Bähler, Bernhard Hurch und Nicolas Morel (2023). In: Bernhard Hurch (Hrsg.): Hugo Schuchardt Archiv. Online unter https://gams.uni-graz.at/o:hsa.letter.11739, abgerufen am 08. 09. 2026. Handle: hdl.handle.net/11471/518.10.1.11739.
À M. Gaston Paris
Graz, 9 août 77
Tres cher ami!
Je vous suis extrêmement reconnaissant de l’excellente traduction que vous avez donnée de mon article et des flatteuses observations dont vous l’avez accompagnée1; de même, je vous dois encore des remercîments pour votre aimable lettre du 9 avril. Seulement quand vous dites que vous ne trouvez pas mes idées très-pratiques, je me suis |2| ressouvenu des vers du Tasse:
Così all’egro fanciul porgiamo aspersi
Di soave licor gli orli del vaso
Succhi amari ingannato intanto ei beve...2
Excusez, je dis ça en plaisantant; je suis parfaitement persuadé de la sincerité des sympathies que vous témoignez à mes idées et je m’en félicite. Probablement, j’aborderai encore le côté pratique de la question, en parlant principalement de la Boppstiftung3 et de la Savignystiftung4, la quelle |3| se trouve dans les mains des académies de Berlin, Munich et Vienne. – Quand vous m’accusez d’avoir oublié les travaux de Milá y Fontanals5, vous vous trompez; tout au contraire, j’y ai pensé assez fort en écrivant les lignes auxquelles se rapporte votre observation. Mais par «pays» – et ce sera une faute d’expression que j’aurai commise – je n’entends pas des états, mais des territoires linguistiques. Comme Catalan, j’ai mis M. Milá y F. dans les rangs des Provençaux. |4| J’ai eu tort, mais pas tant que vous le supposez. Pourriez-vous en deux lignes donner une petite rectification de mon «oubli»6? Ca n’intéressera guère les lecteurs de la Romania, j’en conviens; mais il me serait désagréable au dernier point si M.Milá croyait que j’eusse pu oublier des mérites comme les siens. – Auriez-vous aussi la bonté de faire traduire la petite note ci-jointe et de l’insérer dans le prochain numéro7? J’avais l’intention de l’écrire en italien; mais pour le moment – comme mes parents sont venus me voir – je suis en très-grande hâte et par conséquent je l’ai écrite en allemand. Je suis très-étonné qu’un homme comme d’Ovidio8 n’ait pas vu la chose la plus simple du monde9.
Je vous serre la main
H S.
M. Tobler a déclaré qu’il ne répondra pas à mon article sur Stünkel10; est-ce que j’aurais raison?
1 Traduction de Schuchardt (Schuchardt 1877c) dans la «Chronique» (1877b).
2 Torquato Tasso, Gerusalemme Liberata, I, 1.
3 La fondation Bopp a été créée en 1866 à l’Académie royale des sciences de Prusse à Berlin. Elle offre un prix d’encouragement à un chercheur dans le champ des langues indo-européennes comparées.
4 La fondation Savigny se donne pour but de poursuivre l’œuvre du juriste et homme d’État berlinois Friedrich Carl von Savigny, notamment par la publication de la Zeitschrift der Savigny-Stiftung für Rechtsgeschichte.
5 Dans une note ajoutée à la traduction de l’article de Schuchardt, Paris précise en effet que celui-ci dans son appel en vue de la création d’une Diezstiftung, ne mentionne pas les travaux de Manuel Milà y Fontanals, (1818-1884), spécialiste des dialectes espagnols et plus particulièrement du catalan, qui, «tant pour la linguistique que pour la littérature, se placent au premier rang» («Chronique» 1877b, 311, n. 2).
6 C’est chose faite dans la Romania 6/23: «M. Schuchardt nous prie de dire que s’il n’a pas mentionné, à propos de l’Espagne, les remarquables travaux de M. Milà y Fontanals, c’est qu’il rattachait la Catalogne, patrie de l’éminent romaniste, au groupe de la langue d’oc» («Chronique» 1877c, 480).
7 Ladite note n’est pas conservée avec la correspondance. Il s’agit certainement de l’article intitulé «Sur le redoublement des consonnes en italien dans les syllabes protoniques» (Schuchardt 1877d).
8 Francesco d’Ovidio (1849-1925) avait publié, dans la Romania 6/22, un article intitulé «Delle voci italiane che raddoppiano una consonante prima della vocale accentata» (d’Ovidio 1877), auquel réagit Schuchardt dans son article (Schuchardt 1877d).
9 C’est-à-dire que «Le redoublement [des consonnes dans les exemples allégués par Schuchardt] se produit à la fin de la syllabe INITIALE» (Schuchardt 1877d, 594, en italique et avec les majuscules dans l’original).
10 Schuchardt le sait par Gustav Gröber qui lui écrit le 31 mai 1877: «T. erklärte, dass er auf Ihre Besprechung von Stünkels Schrift nicht erwidern würde» (HSA 018-04017).
Faksimiles: gallica.bnf.fr/Bibliothèque nationale de France (Sig. BnF, NAF 24456, fol. 449-450)
