Wentworth Webster an Hugo Schuchardt (30-012670)

von Wentworth Webster

an Hugo Schuchardt

Sare

08. 06. 1892

language Französisch

Schlagwörter: Euskal-Erria: Revista bascongada Société Ramondlanguage Baskischlanguage Französischlanguage Spanisch Dodgson, Edward Spencer Elissamburu, Jean Baptiste Bonaparte, Louis Lucien Etcheverry, Auguste Sare Saint-Jean-de-Luz Rio de Janeiro Schuchardt, Hugo (1892) Vinson, Julien (1891–1898) Lassère, Henri (1890) Webster, Wentworth (1892) Webster, Wentworth (1890)

Zitiervorschlag: Wentworth Webster an Hugo Schuchardt (30-012670). Sare, 08. 06. 1892. Hrsg. von Bernhard Hurch und Patricio Urkizu (2022). In: Bernhard Hurch (Hrsg.): Hugo Schuchardt Archiv. Online unter https://gams.uni-graz.at/o:hsa.letter.10740, abgerufen am 01. 10. 2023. Handle: hdl.handle.net/11471/518.10.1.10740.


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Sare
par St. Jean de Luz
Basses Pyrénées
8 juin 1892

Cher Herr Professeur,

Je vous remercie beaucoup de m’avoir envoyé le tirage à part de votre critique sur la Bibliographie Basque de notre ami Prof. Vinson.1

Vous y signalez les défauts. Ce n’est pas toujours très facile de saisir le dessin et la disposition que l’auteur a voulu adopter.

Il a fait des omissions que je ne comprends pas: des livres dont il a fait une description dans le catalogue qui a jouit à sa traduction de Ribary, dans ses Études, etc.

Je crois qu’il aura mieux fait de ne donner dans ce livre que de livres basques, et de réserver tout ce qui a été écrit sur le Basque, - articles de journaux, d’Encyclopédies, de critiques, voyages, mœurs, etc. pour un autre tôme. C´est si difficile d´en faire un tirage.

Autrement la composition du livre, l’|2| ordre, et l’rrangement des Indices me plait beaucoup. Les notes sur les livres de plus d’importance sont d’une grande valeur.

Quant aux omissions signalées par Dodgson que je trouve dans l’Euskal-Erria du 20 abril 1892 il faut se rappeler que l’impression d´un livre telle que la Bibliographie demande beaucoup de temps; que la mise en vente et la livraison des livres de ces petits imprimeurs et éditeurs de province est souvent postérieure par plusieurs mois à la date sur le tître. Je crois que l’impression de la Bibliographie fut commencée en 1889, de sorte que des 62 cas d’omission signalés par Dodgson, il y en a trente au moins où le livre n’aura pas arrivé à Paris à l’époque où commençait l’impression de la Bibliographie.

Il est bien curieux que vous ayez trouvé cette édition de 1731.2 Partout on voit des faits comme cela. Un spécialiste travaille toute sa vie à la recherche de quelque fait, et il ne le trouve pas; arrive un étranger, ou un indifférent, il l’attrappe du premier coup. Cela m’est arrivé à Rio de Janeiro. Dans les premiers jours de mon séjour j’ai rencontré un nègre qui portait sur ses épaules une |3| espèce de cerf qui était tout-à-fait inconnu aux habitants Européens du pays. Je crois que c’était le premier qu’on avait jamais apporté à Rio de Janeiro. Voyez aussi la feuille des poésies de Dechepare que M. Vaussenat a trouvé à Bagnères-de-Bigorre.3

Quant aux citations des nombreuses éditions des petits livres de devotion en Basque, j’avoue que je n’y tiens guère. Ce sont presque tous de traductions, et de traducteur des livres qui n’ont pas de valeur ni littéraire ni scientifique. Dom Guéranger4 et M. Lassère5 ont bien critiqués les originaux sur ce rapport-là. Ce n’est pas un amoncellement de livres ecclésiastiques en Basque dont on a besoin, mais plustót des exemples du Basque actuel comme il est parlé par les rares Paysans Basques qui ne connaissent pas une autre langue.

La chose la plus utile serait, quant à moi, de faire avec ces vieux paysans, comme font les interviewers des journaux; d’aller causer familièrement avec eux, d’écouter leurs histoires, de les questionner sur les affaires de leur vie ordinaire, de les faire rire, etc. On y trouverait beaucoup de formes grammaticales |4| qui n’ont jamais été écrites; beaucoup de mots techniques sur l’agriculture, et les opérations d’agriculture. Par exemple, pour les jeunes arbres chênes, et chataigniers, les Basques ont presque autant de mots pour les différentes periodes de leur accroisement de leur taille, etc, etc, que nos ancêtres du moyen âge avaient pour les cerfs et les faucons dans leur science de venerie.

Si cela n’est pas fait avec cette géneration qui s’en va, c’est fini. Tous et toutes les jeunes parlent, ou le Français ou l’Espanol. J’ai repété cela à tout le monde depuis plusieurs années. Tous les vieux sont de mon avis là-dessus, mais personne ne fait rien.

Trois ans environs avant sa mort M. le Capitaine Elissamboure m’a dit qu’il avait devant lui, comme Juge de Paix; un procès avec le garde de pêche, et toute une famille Basque; ils s’échauffaient tous dans la discussion, et il m’a dit qu’on faisait usage des formes grammaticales, qu’il pouvait comprendre, mais qu’il n’avait auparavant jamais entendu de sa vie. Il y avait une forme verbale de mépris qu’il n’avait jamais entendu avant. Lui et plusieurs autres m’ont souvent dit, que toutes les fois qu’on allait chez les vieux, qui connaissaient ni le Français ni l’Espagnol on pouvait apprendre quelque chose semblable.6

À present le Basque s’en va. Ce qui a donné à M. Le Prince L. L. B7. sa supériorité, c’était le fait qu’il |5| allait causer avec les paysans sur place. Malheureusement il ne parlait guère que de la langue; et pas assez des choses de la vie ordinaire et agricole, que les paysans comprennent le mieux.

Pardonnez-moi tout ce fatras. Je vous envoie par ce courier The Academy, February 27. avec ma lettre sur Basque Music.8

Aux premiers jours du juillet nous serons installés à Sare, et je tâcherai de vous envoyer un petit mémoir sur Augustin Etcheverri.9 À present si j’y vais, je suis tellement fatigué du trajet, que je n’ai pas de courage de faire des recherches, et de questionner les bons gens du village, comme il faudra, pour en apprendre quelque chose.

J’espère recevoir encore de vos travaux sur le Basque, dont j’apprecie la valeur bien haut.

Toujours votre serviteur devoué
Wentworth Webster


1 Schuchardt (1892). Brevier/Archiv Nr. 259.

2 Schuchardt ergänzt gleich in der ersten Spalte der Besprechung von Vinson eine Ausgabe des Eintrags Nr. 54; von dem dort genannten Werk scheint es demnach mehr Druckversionen zu geben, als von Vinson angenommen.

3 Célestin-Xavier Vaussenat, Ingenieur und einer der Gründer der Société Ramond. Vgl. hier: Vinson 1891: 102.

4 Prosper Guéranger, bekannt als Dom Guéranger, Neugründer der Abtei von Solesmes und wichtiger Vertreter einer neuen liturgischen Bewegung des 19. Jahrhunderts. Webster scheint sich hier auf eine Theologie-interne Diskussion zu beziehen.

5 Henri Lasserre, katholischer Journalist, der 1887 u.a. eine auf den Index Librorum Prohibitorum gesetzte, weil zu moderne Übersetzung der Evangelien angefertigt hat. Zur Rechtfertigung schrieb er 1890 Légitime Defense, lettre a sa Grandeur Monseigneur Perraud, évêque d'Autun. Offenbar wurde, gerade auch unter protestantischen Theologen, diese zeitgenössische Auseinandersetzung rezipiert.

6 Dieser Absatz wurde von Schuchardt mit blauem Stift am Rande hervorgehoben.

7 Louis Lucien Bonaparte.

8 Webster (1892), Basque Music. The Academy No. 1034, Feb. 27: 208-209.

9 Ein kurzer Nekrolog von Webster über Etcheverry erschien schon 1890 in Euskal-Erria, T. 22, p. 123; er zitiert hier ausführlich Schuchardts positive Einschätzung des Verstorbenen (Webster 1890). Eine spätere Arbeit scheint nicht erschienen zu sein.

Faksimiles: Universitätsbibliothek Graz Abteilung für Sondersammlungen, Creative commons CC BY-NC https://creativecommons.org/licenses/by-nc/4.0/ (Sig. 012670)