Zitiervorschlag: Anonyme (Charles de Fieux de Mouhy) (Hrsg.): "No. 20.", in: La Bigarure, Vol.3\20 (1750), S. 153-160, ediert in: Ertler, Klaus-Dieter / Hobisch, Elisabeth (Hrsg.): Die "Spectators" im internationalen Kontext. Digitale Edition, Graz 2011- . hdl.handle.net/11471/513.20.4651 [aufgerufen am: ].


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N°. 20.

Ebene 2► Brief/Leserbrief► Vous avez quelquefois ouï dire en ma presence, Monsieur, que les Anglois élevoient & dressoient des Dogues dont ils tiroient ensuite un merveilleux usage, en les employant à la découverte & à la chasse des Voleurs, & autres Malfaiteurs qu’ils ne manquoient pas plus, que nos chiens de chasse ne manquent leur gibier. Je vous ai vu rire au récit qu’on vous faisoit de cette espèce de Merveille. Vous regardiez ce qu’on en disoit comme un Conte des Fées, ou de ma Mere Loye, plus propre à amuser des enfans, que digne de la croyance des personnes tant-soit-peu raisonnables. Un evenement des plus Tragiques, qu’un de mes amis, digne de foi, vient de m’écrire d’Angleterre, vous fera, à ce que j’espèce, revenir de la prévention où je vous ai vu sur ce fait que je n’ai jamais révoqué en doute. En effet pourquoi le Chien, qui est un des animaux des plus spirituels, (si l’on peut se servir de cette Epithete en parlant des Bêtes) ne seroit-il pas ce qu’on voit tous les jours faire à certains Officiers, & Archers, de nos Maréchaussées, qui n’ont guére Plus d’esprit que lui ? Cet Animal a même sur ces derniers, des avantages considérables. Outre la force & le courage, la Nature l’a encore pourvu d’une agilité extraordinaire, d’un Odorat extrêmement fin & délicat, & ce qui lui est particulier, d’une espèce de haine, ou, si vous l’aimiez mieux, d’une forte Antipathie, pour les Voleurs & les Malfaiteurs. Vous le sçavez, Monsieur, c’est sur cette Antipathie, autant que sur sa fidélité pour ses Maitres, que nos gens de la campagne fondent la sureté de leurs maisons, & de tous leurs effets, n’ayant point, pendant la nuit, d’autres gardes qui en écartent les Larrons. La seule chose que vous pouriez m’opposer, dans le cas dont il s’agit ici, est elle que j’ai entendu objecter plusieurs fois à quelques personnes qui n’étoient pas plus cré-[154]dules que vous sur cet article : Ebene 3► « Comment voulez-vous, disoient-elles, qu’une Bête, un simple Animal, discerne un fripon d’un honnête homme, un Voleur de grand chemin d’un Voyageur ordinaire, un Assassin, un Meurtrier, d’un Chasseur ? Les hommes eux-mêmes, sans en excepter les plus spirituels, n’y sont-ils presque tous les jours trompez » ? ◀Ebene 3

A cette dernière remarque je pourrois répondre, Monsieur, qu’elle n’a rien de fort extraordinaire vû qu’il s’en faut beaucoup que l’homme, à tous égards, soit le plus parfait des Animaux. Il semble, au contraire, que la Nature lui ait fait acheter le peu de Raison d’esprit qu’il a, aux dépens de quantité de perfections corporelles qu’elles lui a refusées, & qu’elle a comme prodiguées aux autres. Mais je ne veux me servir, pour répondre à l’objection que l’on fait contre les Dogues Anglois dont je vous ai parlé ci-dessus, que de faits que vous ne pourez contester, & qui vous démontreront, d’une manière à n’en pouvoir douter, que dans ce qui vous a paru, & vous paroit peut-être encore incroyable, il n’y a rien que de très vrai.

Il est certain, Monsieur, & c’est une chose démontré par l’Expérience, que de tous nos Animaux Domestiques, il n’y en a point qui ait l’organe de l’Odorat plus délicat, plus parfait, ni plus sûr, que le Chien. Il semble que la Nature ait, pour ainsi dire, transporté dans cet Organe tout le discernement dont son Ame, ou comme l’on dit, son Instinct, est capable. Cet Animal cherche-t-il quelque chose ? Il se sert beaucoup moins de ses yeux, que de son nez pour le trouver. Il flaire dans tous les endroits où il juge & croit qu’elle peut-être. Veut-il aller chercher son Maitre ? Quoiqu’il ne sache point où il est, il ne manquera pas de le trouver, en flairant & suivant la trace de ses pas jusqu’à ce qu’il soit enfin arrivé à l’endroit où il est. C’est de la même manière, qu’à la Chasse il poursuit sa proye, qu’il ne regarde presque jamais, & qu’il ne manque pourtant point. Vous l’avez mille fois vu, & vous le voyez peut-être encore tous les jours.

Je doute, Monsieur, que vous ignoriez les raisons Physiques que l’on donne de ces faits qui sont aussi na-[155]turels, qu’ils sont fréquents. Vous sçavez, sans doute, que du corps de tous les Animaux, & du notre même, il se détache à chaque instant des millions de corpuscules qui, bienqu’invisibles pour nous, ne laissent pas d’être fort réels. Ces corpuscules sont, pour ainsi dire, la Boussole qui dirige le chien dans ses recherches & ses découvertes, sans qu’il ait besoin pour cela du secours de ses yeux : Aussi, comme je viens de le dire, ne s’en sert-il presque jamais dans ces occasions. Le détachement qui se fait de ces petites parties de matière, & auquel nous avons donné le nom de Transpiration, est plus ou moins grand à proportion du mouvement & de l’agitation dans laquelle sont les Corps. De plus, ces corpuscules ont une odeur différente, non seulement suivant la nature de chaque Animal, mais encore suivant les diverses situations dans lesquelles il se trouve. Tout grossier qu’est notre Odorat, en comparation de celui des Animaux, nous ne laissons pas de nous apercevoir tous les jours, même entre nous, de cette différence, Qu’une personne soit malade ; sa transpiration a toute une autre odeur que lorsqu’elle est en parfaite santé ; Est-elle agitée de quelque accès d’une passion violente, on sent aussi-tôt de la différence dans l’odeur qu’elle exhale.

Ces faits, dont la vérité est démontrée par l’Expérience, font tomber l’objection que l’on fait contre l’usage où sont les Anglois d’employer leurs Dogues à la recherche & à la chasse des Voleurs & autres Malfaiteurs. La subtilité & la délicatesse de l’Odorant de ces Animaux leur fait discerner, tout naturellement, un Voleur de grand chemin d’un Voyageur ordinaire, & un Meurtrier, ou un Assassin, d’un Chasseur qui cherche son gibier. Les uns & les autres transpirent d’une manière toute différente. Comme les Scélérats sont violemment agitez & bourellez, ou par les remords, ou par la frayeur de la Justice qu’ils croyent toujours voir à leurs trousses, sont lorsqu’ils vont commettre, soit lorsqu’ils ont commis le crime, leur transpiration alors, & l’odeur qu’elle répand dans l’air, sont toutes différentes de celles d’un Voyageur tranquille qui n’est occupé que du sujet de son Voyage, ou qu’à considérer les beautez que lui offre la campagne. J’en dis [156] autant de celle du Chasseur qui ne pense qu’au plaisir que lui donne sa Chasse. Comme donc la transpiration de ces deux derniers est douce & tranquille, l’odeur qu’elle répand ne fait point sur le nez du Chien la même impression que celle des deux premiers ; & cette impression différente est ce qui lui fait discerner, tout simplement, l’honeste homme du Scélérat ; faveur que la Nature refuse très souvent à celle de toutes ses Créatures qui en auroit le plus besoin.

Je crois, Monsieur, que ces Observations, dont nous sommes redevables à la Physique moderne, & à l’invention des Microscopes, par le moyen desquels elles ont été faites (a1 ), vous feront revenir du prejugé où je vous ai vu sur l’article des Dogues Anglois. Il n’est pas plus difficile à cette Nation, qui a les meilleurs Chiens qui soient en Europe, & peut-être dans tout l’Univers, de les dresser à la Chasse des Voleurs, que nous n’avons de peine à dresser les notres à la Chasse du Lievre, du Renard, du Cerf, du Sanglier, du Loup, &c. La chose est d’autant plus aisée à concevoir, que les Principes Physiques sont les mêmes dans l’une & dans l’autre Chasse, & que d’ailleurs de tous les Animaux il n’y en a point qui se connoisse mieux en hommes, que le Chien, qui est nuit & jour en leur compagnie. Je reviens à l’Histoire Tragique que je vous ai promise sur ce sujet. Elle achevera de vous convaincre de ce que je viens de vous démontrer par le raisonnement. La voici, telle qu’on me l’a envoyée.

Ebene 3► Allgemeine Erzählung► Un Gentilhomme, allant voir un de ses Amis dans les environs de Coventry, Ville considérable de l’Angleterre, dans le Comté de Warwick, n’en étoit plus qu’à quelques milles, lorsque passant par un bois qui est sur la route, il y a été arrêté par un événement des plus tristes. Un grand & vigoureux Dogue, qui l’accompagnoit dans tous ses voyages, l’avoit suivi dans celui-ci. Cet animal s’étant écarté du grand chemin, son Maître, qui s’en aperçut, se mit à l’appeller, mais inutilement. La peur qu’il eut de perdre son Chien, [157] dont il avoit plusieurs fois éprouvé la bonté & la fidelité, le fit retourner sur ses pas, pour sçavoir ce qu’il pouvoit être devenu. Pour cet effet il l’appelle à plusieurs reprises, mais toujours inutilement. Enfin après avoir fait près d’un demi-mille, l’animal, qui entend & reconnoit la voix de son Maitre, ne lui répond que par les hurlements les plus lugubres. A ces cris, le Gentil homme redouble les seins, & continue de l’apeller ; mais le Dogue, au lieu de le venir rejoindre, redouble aussi de son côté ses hurlements. Son Maitre ne doute point alors qu’il n’y ait là quelque chose d’extraordinaire. Pour s’en éclaircir, il quitte le grand chemin, s’enfonce dans le bois, avançant du côté qu’il, entend hurler son Chien. Il arrive, & trouve cet Animal flairant le visage d’une fille qui venoit d’être égorgée. Le sang qui couloit encore de ses blessures le lui fit juger ainsi. Touché de compassion, à ce spectacle, il s’aproche pour voir s’il lui restoit encore quelque soufle de vie, & s’il n’y avoit pas moyen de la secourir ; Mais il la trouva morte, ayant été poignardée de plusieurs coups de Couteau qu’on lui avoit donnez dans le sein. Comme il n’y avoit plus d’espérance, ni de remede, après avoir plaint le Tragique fort de cette infortunée, don il se promit bien de faire arrêter l’assassin s’il pouvoit le découvrir, il reprit le grand chemin, rapella son Chien qui, comme s’il avoit lu dans la pensée de son Maitre, le suivit à l’ordinaire. Mais ce ne fut pas pour long-tems.

En effet, à peine avoient-ils fait ensemble quelques cents pas, que cet Animal quitte encore le grand chien, & rentre dans le bois. Le Gentilhomme, qui croyoit que son Chien le suivoit, fut arrêté tout à coup par les cris perçants d’un homme qu’il sembloit que quelque Bête féroce vouloit dévorer. Il se retourne aussi-tôt pour voir si son Chien le suivoit ; & il ne l’aperçoit point. Il l’apelle ; mais celui-ci qui, comme je l’ai dit, venoit de s’enfoncer dans le bois, ne lui répond qu’en grondant d’une manière effrayante, comme fond ces Animaux lorsqu’ils sont en fureur, & qu’ils tiennent une proye qu’ils ont peur qui ne leur échape. Le Gentil-homme court aussi-tôt au bruit qu’il entend, & [158] trouve son Dogue aux prises avec un homme, assez bien mis, qu’il étoit sur le point d’étrangler. Celui-ci ne s’étoit préservé de ce malheur, qu’en garantissant son cou avec ses mains & ses bras que l’Animal furieux déchiroit à belles dents, pour lui pouvoir sauter ensuite à la gorge. Le sang, qui en découloit de tous côtez, avoit mis ce malheureux dans un état qui fit dabord campassion au Gentil homme. Il rappelle son Chien qui, par les mouvements de sa queuë, lui témoigne qu’il l’entend fort bien ; mais il n’en continue pas moins à déchirer ce misérable. Enfin, à force de caresses, il vient à bout de lui faire lâcher prise.

Le Gentil homme connoissoit trop bien la bonté de son Chien pour ne pas reconnoitre qu’il y avoit dans cette seconde Avanture quelque chose de plus extraordinaire encore que dans la première. Il soupçonna ce que ce pouvoit être ; mais il se garda bien d’en rien faire connoitre au malheureux à qui il venoit de sauver la vie. Il le consolo, au contraire, du malheur qui vient de lui arriver, lui en fait ses excuses ; & comme il en avoit été la cause innocente, il lui bande ses playes le mieux qu’il peut pour en arrêter le sang, lui offre de le faire panser à ses dépens, & l’engage à venir pour cet effet avec lui jusqu’au prochain Vilage. Pour l’y résoudre, il l’assure qu’il ne lui arrivera aucun accident tant qu’il sera en sa compagnie, au lieu qu’il ne lui répond pas de sa vie, que son Chien lui oteroit immanquablement s’il s’écartoit un moment de lui, par ce que pour lors ils n’en seroit plus le Maitre. Quelques raisons qu’on puisse avoir, on ne s’expose guére, volontairement, à une mort assurée & inévitable. Ce que ce misérable venoit d’éprouver de la part de cet Animal furieux, & les assurances que lui donna le Gentil -homme , dont il ne pénétra pas le dessein, le déterminerent à le suivre. Ils arrivent ensemble au Vilage, sans que le Dogue fit, en chemin, la moindre insulte à sa proye. Cet Animal se contente de ne la point perdre de vue en suivant son Maitre.

Arrivez dans l’Hôtellerie, le Gentilhomme s’informe s’il y avoit un Chirurgien dans le Vilage, & aprenant qu’il n’y en avoit point, sous prétexte d’en aller chercher un à quelques milles de-là, il monte à cheval, & laisse à [159] son Chien la garde du blessé au quel il fait entendre qu’il va lui-même lui chercher promtement du secours, & qu’en attendant il n’a qu’à se tranquiliser. Il revient en effet, quelques heures après, non avec un Chirurgien, mais avec un Conétable *2 accompagné d’une troupe d’Archers. A cette vue, le blessé & le Conétable sont aussi consternez l’un que l’autre. « Vous moquez vous de moi, Monsieur, dit le dernier au Gentil-homme, de me vouloir faire arrêter cet homme comme un Criminel ? Je le connois pour un brâve & honnête homme ; C’est un de mes Voisins, & même de mes Amis ». Quand ce seroit votre Frere, & même votre Pere, lui répondit le Gentil-homme, je vous le dénonce comme un Criminel, & comme l’auteur d’un Meurtre qui vient d’être commis dans un bois, par lequel je viens de passer ; & je vous fais pendre vous même, comme complice de son crime, si vous refusez plus long tems de faire votre devoir. On peus <sic> se figurer quelle étoit la situation du blessé en entendant ce discours. Flottant entre la crainte & l’espérance, il se voyoit entre la vie & la mort, incertain qui l’emporteroit du Conétable, ou du Gentil-homme. Le premier persistoit dans ses refus ; & le second s’obstinoit à demander qu’on arrêtât cet homme comme criminel. Une troisième Avanture termina enfin le débat.

En arrivant dans l’Hôtellerie, le blessé, que la frayeur du péril qu’il venoit d’échaper, ses blessures, & la fatigue du chemin avoient considérablement altéré, avoit été saisi d’une fievre qui l’avoit obligé de se mettre au lit. Pendant la contestation que le Gentil-homme venoit d’avoir avec le Conétable, le premier s’aperçut que son Chien ne cessoit point de flairer la poche de l’habit du malade, que celui-ci avoit mis sur une chaise. A cette vue, nouveaux soupçons dans l’esprit du Gentil-homme qui, pour les éclaircir, s’avise de fouiller dans cette poche, d’où il tire un Mouchoir & un Couteau tout ensanglantés. Il présente l’un & l’autre au Conétable qui ayant examiné le Mouchoir, reconnut par la marque à qui il étoit. Dialog► O Ciel ! s’écria-t-il dans le transport de la plus vive douleur, c’est le Mouchoir de ma fille ! Aurois-tu été assez malheureux, & assez scélérat, pour l’as- [160] sassiner ? Je t’ai dit hier qu’elle devoit aller porter cinquante Guinées à un de mes Créanciers, & je t’ai même prié de l’accompagner dans ce Voyage. . . Votre fille, interrompit le Gentil-homme ! De « quel âge à peu près, de quelle taille, de quelle figure étoit-elle, & comment étoit-elle mise ? » Le Conétable, ayant répondu à toutes ces questions, N’en doutez point, continua le Dénonciateur, c’est la personne même que je viens de trouver égorgée dans le bois, & voilà son Meurtrier. Voulez-vous vous en assurer encore mieux ? Faites-le fouiller, & je vous suis caution que vous trouverez sur lui vos cinquante Guinées. ◀Dialog

Autant que le Conétable avoit été sourd à la premiére réquisition du Gentil-homme, autant fut-il actif dès qu’il lui eut donné ce fatal & terrible éclaircissement. Il fait fouiller le blessé, sur lequel on trouve les mêmes especes qu’il avoit données, la veille, à sa fille, & que ce scélérat lui avoit volées après l’avoir égorgée. Ce malheureux est aussi-tôt saisi & chargé de chaines, Pour achever de le convaincre, & s’assurer lui-même de son malheur, le désolé Conétable se transporte, avec une partie de ses Archers & le Gentil-homme, dans l’endroit du bois où celui-ci dit qu’il a trouvé sa fille. Ils arrivent. . . . Quel Spectacle pour un Pere ! Il la trouve sans vie, noyée dans son sang, & le sein percé de sept à huit coups de Couteau. Son Cadavre est porté à l’Hôtellerie, & confronté avec le prisonnier qui avoue son crime. Il fait plus ; il admire la Justice Divine qui a permis qu’il n’en portat pas loin la peine, en le faisant découvrir & arrêter par ce Chien furieux qui ne lui avoit, vraisemblablement, laissé la vie, que pour que son suplice serve d’exemple & d’instruction aux autres. C’est à quoi ce misérable doit s’attendre bientôt, aussi bien que dix-huit ou vingt autres Criminels qui doivent être exécutés de même incessamment à Londres, avec le Boureau de cette Capitale. Ce dernier y doit aussi être pendu, pour l’expiration d’un crime qu’il a commis, quoiqu’il l’ait mille fois puni dans les autres ; Tant il est vrai qu’il y a dans le monde des cœurs insensibles sur lesquels rien ne peut faire impression ! *3 ◀Allgemeine Erzählung ◀Ebene 3

Voila, Monsieur, un événement dont le récit ne fera certainement pas rire les personnes à qui vous le communiquerez. Mais je crois qu’elles n’auront pas pour cela moins de plaisir à l’entendre. Les Histoires Tragiques ont leur agrément, aussi bien que les Comiques, & les larmes que les premières font répandre n’ont pas moins de charmes que les ris qu’excitent les Avantures les plus facétieuses. J’ai assez bonne opinion de vos Dames pour me persuader que la lecture de celle-ci leur fera autant de plaisir, que vous en poura faire la petite Dissertation Physique qui lui sert comme de Prélude. J’ai l’honneur d’être, &c.

Paris ce 4 Juin 1750.

◀Brief/Leserbrief ◀Ebene 2

fin du Tome Troisième.

Jeudi le 11 Juin 1750.

◀Ebene 1

1(a) Voyez des choses très curieuses & fort extraordinaires sur ce sujet dans les Meslanges d’Histoire & de Littérature, par M. de Vigneul-Marville. Tome II. pag. 407. & suiv. Edit. de Rotterdam, 1700.

2* Officier de Justice qui, en Angleterre, a la même autorité que nos Commissaires, ou nos Prevôts de la Maréchaussée

3* Ce dernier a été pendu seul depuis la réception de cette Lettre.