La Bigarure: No. 8.
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N°. 8.
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Brief/Leserbrief
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Et chez les gens sensez peu tirent vanité
D’aller par ce chemin à l’Immortalité.
d’un Poete a Messieurs les Fermiers generaux.
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Que j’adresse aujourdhui mes Vœux ; Je sens que dans mon cœurs la Crainte te balance ; Ce n’est qu’en te suivant que l’on peut être heureux ; Rassure ma Muse timide,
Prête lui ton puissant secours ;
C’est toi, Déesse, qui la guide
Près des Mécenes *1de nos jours. Je sçai ce qu’elle risque en prenant cette route, Je connois sa témérité ;
Fais en sorte que l’on l’écoute
En faveur de la Vérité ;
Rends-la touchante sans tristesse,
On gagne l’Esprit par le Cœur,
L’un réussit où l’autre échoue ; Il est avantageux parfois de basarder : L’un blâme ce que l’autre loue ;
L’événement fait décider. Venons au fait, courte en sera l’histoire. D’abord de la Chicane noire J’étudiai le pénible patois. Le stile affreux de son Grimoire
Mit bien-tôt mon ame aux abois. Le Bureau succéda ; les Filles de Mémoire Me détournerent quelquefois ; Pour les Italiens, même pour les François, Tenté par un gain illusoire,
J’abandonnai de bons emplois. Et je vins, à la fin, m’établir à la Foire ;
Le Comique Opera s’y rangea sous mes loix, (a2)
Aux Théatres fameux j’y disputai la gloire De vous amuser quelquefois. Lorsque je régissois ce Spectacle Comique
Je me vis apellé pour amuser la Cour, Et je puis me venter d’avoir été l’unique Qui l’ai produit dans ce brillant sejour. Pendant long-tems l’inconstante Fortune, A qui tout est soumis, varia sur mon sort :
Ainsi qu’un Noutonnier sur les flots de Neptune,
Sans pouvoir aborder, je découvrois le Port. Enfin par un revers funeste
J’ai vu renverser mes projets,
Et pour tout bien il ne me reste Qu’un triste souvenir de mes anciens succès
Avec un long & pénible Procès. Par mes Amis & par ma bourse
Jusqu’à ce jour j’ai pu fournir aux fraix ;
Mais me voyant à la fin sans ressource, Je m’en pris au Destin qui, sans autre appareil
Que son ton imposant, me dicta ce Conseil. *3
Sur l’Air du Veaudeville de l’Oracle.
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Mets tous tes talents en usage, Cherche par ce moyen à sortir d’embaras ; Fais une Epitre, & la presente
Sans crainte à Messieurs les quarante, Cet Oracle est plus sûr que celui de Calchas. »
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Deux Corps illustres dans Paris Sont composez chacun de quarantaine, Tous également chéris ; Auquel faut-il aller ? mon ame est incertaine.
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Tous les deux ont de l’emploi,
Voilà la ressemblance.
L’un au Roi coute de l’or,
L’autre remplit son Trésor,
Voilà la différence.
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Pour me tirer de ce détroit, Il me convient d’aller droit à celui qui donne, Plutôt qu’à celui qui reçoit.
Voici l’instant que je redoute,
Quand on demande qu’il en coute,
Tout honête homme le ressent ; Il ne prend ce parti que dans un cas pressant. Confiez à ma vigilance
Quelques emplois avec un peu d’avance,
Soit en Province, ou bien, soit, à Paris.
Je ne fixe point de Païs,
Répondez à mon espérance,
Ainsi soit fait qu’il est requis.
Ces mots combleroient mes désirs
Rendrez vous mon attente vaine ?
J’ai dépensé pour vos plaisirs ;
Ah ! soulagez moi dans ma peine !
L’Homme N’est jamais content ! Autre preuve de la vérité de cette derniere réflexion dans la piéce suivante. L’Auteur y pense contre la peine que lui a couté une douzaine de Vers que personne ne lui a demandez, & qu’il seroit peut-être très faché qu’on ne trouvat pas aussi beaux qu’ils le lui ont paru. Rondeau.
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Car depuis quatre jours je pense,
Sans qu’en rien cependant j’avance, Pour en composer un nouveau. Laissons donc un emploi si beau Qui renverseroit mon Cerveau,
Et mettroit dans l’impatience Un Diable. J’ai beau suer le sang & l’eau
Mettre des rimes en monceau
Je ferois avec plus d’aisance
Sortir de l’Infernal fourneau Un Diable.
Paris, ce 19. Avril 1750.
et autres.
Qui se vendent à la Haye dans la Boutique de Pierre Gosse Junior Libraire de S. A. R. à la Haye.
Maximes Morales tirées de Balthasar Gracian, Jesuite Espagnol dans son Livre qui a pour titre l’Homme de Cour, sur la Conversation & la manière de bien parler 8. la Haye 1750. Le Spectateur, ou le Socrate Moderne, 12. Tome VII, Amst. 1750. Magazin (le) des Modernes, Opera Comique par Mr. Panard, 8. la Haye, 1750. Monde fou preferé au Monde sage, en vingt six Promenades, 8. 2 vol. Londres 1744. Tablettes Cronologiques de l’Histoire Universelle sacrée & Prophane Ecclésiastique & Civile depuis la Création du Moude jusqu’à l’an 1743. par l’Abbé Langlet du Fresny, 8. 2 vol. Paris, 1743. Histoire Generale de Portugal, par Mr. de la Cléde, 12. 8 vol. Paris, 1735.1* Mécene, Favori de l’Empereur Auguste; fut le Protecteur & le Bienfaiteur de tous les Sçavans & gens à talent qui brillent, en grand nombre, sous le regne de ce Prince.
2(a) L’Auteur de cette Requête a été, pendant plusieurs années, l’Entrepreneur & le Directeur de ce Théatre pour lequel il a même composé plusieurs piéces.
3* Après un Procès, qui a long-tems duré, le Théatre de l’Opera Comique a été enfin suprimé, ce qui n’a pas été une grande perte pour le Public,
4- - - Aonidum paupertas semper adhœrens It comes, & oastris militat ipsa suis. Sive canas acies in Turcica bella paratas, Sive aptas tenui mollia verba Lyrœ, Sive levi captas populi Spectacula socco, Turgidus aut Tragico Syrmate verris humum, Denique quidquid agis, comes assidet improba egestas, Sive poëma canis, sive poëma Homeri; Bella gerunt urbes septem de Patria Homeri; Nulla domus vivo, patria nulla fuit. Ӕger, inops, patrios deplorat Tityrus agros; Statius instantem vix fugat arte famem; Exul, Hyperboreum Naso projectus ad Axem Exilium Musis imputat ille suum. Ipse Deus Vatum vaccas pavisse Pherœas. Dicitur, Ӕmonios & numerasse greges. Calliope longum cœlebs cur vixit in œvum? Nempe nibil dotis, quod numeraret, erat, &c. Buchanan. Eleg. I.
