La Bigarure: No. 4.
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N°. 4.
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Brief/Leserbrief
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Satire
Et pour Polichinelle ont abandonné Gille ;
La rareté !
Il ne leur reste plus qu’à montrer par la ville
La Curiosité.
Scene des deux portes.
Voltaire,
rousseau, en exemt.
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Dialog
Selbstportrait
Poëte sans égal, Historien du Roi,
Le Monsonge & l’Erreur sont soumis à ma loi ;
Je puis, quand il me plaît, obscurcir l’Evidence,
Aux faits les plus douteux donner la vraisemblance.
L’Ombre de Richelieu réclame vainement
La gloire d’avoir fait un certain Testament,
Je méprise en ce point la croyance publique.
Tout ce que je soutiens doit être sans replique. . . . Rousseau. Ah ! vous me permettez de répliquer un mot : Vous oubliez encor que vous êtes un sot ;
Car enfin être un sot, c’est faire des sotises,
Et vous en avez fait, parbleu ! des plus exquises,
Vous me dispenserez d’en faire le détail ;
On compteroit plutôt les filles du Serail.
Un Héros tel que vous est connu dans l’Histoire ;
On peut s’en raporter aux filles de Mémoire.
Voltaire.
Qu’entends-je ? Est-ce l’Enfer avec son atirail ? Rentre dans le néant, Atome du Parnasse !Pour le petit Rousseau c’est montrer trop d’audace.
Ce nom fut de tout tems funeste à mes succès ;
Mais du moins le premier mérita tous mes traits, *2
Il a senti mes coups, l’Hipocrite, le Traitre !
Mes pareils à deux fois ne se font pas connoitre,
Je porte la Vengeance au-de là du Trépas.
Tremblez, petit Rousseau. Rousseau. Tout autre que Voltaire Auroit pu m’effrayer, mais vous m’avez appris.
De ce noble couroux quel doit être le prix. Voltaire. Gardes, vous l’entendez, ce fou, ce téméraire ; Assurez-vous de lui . . . . saisissez vous de moi (a3).
Quoique mon cœur benin se soit fait une loi
De ne jamais tirer cette lame funeste.
Je sens dans ce moment tous les transports d’Oreste ; (b4)
Dans le trouble où je suis je serois dangereux
Et j’aurois le malheur d’aller contre mes vœux,
Rousseau.
Gardes, ne craignez rien, son ame est pacifique. Son dépit, sa fureur n’est qu’un feu PoëtiqueQui partant du cerveau sort un exhalaisons,
Et s’en va, tout au plus, aux Petites-Maison *5 Voltaire. Gardes, & vous Exemt, je demande justice ; Qu’on traine l’insolent au Juge de Police.
Du Salomon du Nord (a6) l’illustre Fa<sic>uori
Se voir ainsi traiter par une vile engeance ! . . .
A Berlin il iroit, du moins, au Pilori :
On est trop indulgent dans ce païs de France
D’Arnaud, Moliere, à moi (b7) ; rassembez vos Amis
Généreux Protecteurs de n.a Sémiramis,
Confondez, étouffez par vos bruyants sufrages
Les Jaloux de ma gloire & de mes avantages.
Gardes, & vous Exemt, qu’on ôte de mes yeux
Les Rousseaux, les Frerons, & tous mes envieux. L’Exemt. Messieurs, vous auriez dû, par respect pour vous même, Modérer les Transports d’une folie extréme.
Le sage Magistrat qu’on vient de réclamer,
En blâmant vos excès, exigera cédule
Que vous vous engagiez, si non à vous aimer ;
Du moins en apparence à vous mieux estimer ;
Mais il vous restera toujours un ridicule.
Vos Clamenrs ont troublé les cœurs & les esprits ;
Vous n’avez enfanté tous deux qu’une souris.
Vers.
Composez par Sa Majesté, le Roi de Prusse, au sujet du Testament Politique de Cardinal de Richelieu.
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Sont le bisare Composé
Du Héros le plus Avisé.
Il jette des traits de lumiere ;
Mais cet Astre, dans sa cariere,
Ne brille pas d’un feu constant.
L’esprit le plus profond s’éclipse ;
Richelieu fit son Testament,
Et Newton son Apocalipse.
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Allgemeine Erzählung
Zitat/Motto
Sçavoir se faire un front qui ne rougit jamais.
Qui se vendent dans la Boutique de Pierre Gosse Junior, Libraire de S. A. R.
Semiramis, tragedie par Mr. de Voltaire, 8. Amst. 1750. Nanine, Comedie par Mr. de Voltaire, 8. Amst. 1750. Aristomene, Tragedie par Mr. Marmontel, 8. Haye 1750. Coup d’Oeil Anglois sur les Ceremonies du Mariage, avec des Notes & des Observations Historiques & Critiques pour & contre les Dames, auxquelles on a joint les avantures de Mr. Harry & de ses sept Femmes, 12. Geneve 1750.1* Ces deux Auteurs ont donné plusieurs piéces au Théatre François. Ils travailloient alors que l’Opera Comique, & donnerent au Théatre des Marionnetes une petite piéce intitulée Pierros Romulus, que tout Paris alla voir. C’étoit <sic> uue Parodie, en Vaudevilles, de la Tragedie de Romulus, par M. de la Mete, qu’on jouoit alors à la Comédie Françoise.
2* Le plus grand Poëte du Parnasse François, pour la Poësie Lyrique. On n’a jamais pardonné, & l’on ne pardonnera jamais à M. de V. . . la basse jalousie & le mépris qu’il a toujours eu pour ce grand Poëte.
3(a) Il fait mine de vouloir tirer son epée.
4(b) Derniere Tragedie de M. de Voltaire.
5* C’est ainsi que l’on nomme un des Hôpitaux de Paris où l’on renferme les Foux.
6(a) Le Roi de Prusse.
7(b) Jeunes Poëtes, très médiocres, dont M. de Voltaire se sert, dit-on, comme de Trompetes, pour préconiser ses derniers Ouvrages.
8* Madame la Duchesse d’Aiguillon. Voyez le N°. 38. Tome II. pag. 148.
