
<TEI xmlns="http://www.tei-c.org/ns/1.0" xmlns:xsi="http://www.w3.org/2001/XMLSchema-instance" xsi:schemaLocation="http://www.tei-c.org/ns/1.0 http://gams.uni-graz.at/mws/schema/mws.xsd">
  <teiHeader type="mws">
    <fileDesc>
      <titleStmt>
        <title>N°. XXVIII.</title>
        <author>Anonym [Jean Rousset de Missy / Nicolas de Guedeville]</author>
      </titleStmt>
      <editionStmt>
        <edition>Moralische Wochenschriften</edition>
        <respStmt>
          <name>Klaus-Dieter Ertler</name>
          <resp>Herausgeber</resp>
        </respStmt>
        <respStmt>
          <name>Hannah Bakanitsch</name>
          <resp>Mitarbeiter</resp>
        </respStmt>
        <respStmt>
          <name>Karin Heiling</name>
          <resp>Mitarbeiter</resp>
        </respStmt>
        <respStmt>
          <name>Elisabeth Hobisch</name>
          <resp>Herausgeber</resp>
        </respStmt>
        <respStmt>
          <name>Veronika Mussner</name>
          <resp>Mitarbeiter</resp>
        </respStmt>
        <respStmt>
          <name>Sarah Lang</name>
          <name>Gerlinde Schneider</name>
          <name>Martina Scholger</name>
          <name>Johannes Stigler</name>
          <name>Gunter Vasold</name>
          <resp>Datenmodellierung</resp>
          <resp>Applikationsentwicklung</resp>
        </respStmt>
      </editionStmt>
      <publicationStmt>
        <publisher>
          <orgName ref="http://romanistik.uni-graz.at/">Institut für Romanistik,
                        Universität Graz</orgName>
        </publisher>
        <publisher>
          <orgName ref="http://informationsmodellierung.uni-graz.at">Zentrum für
                        Informationsmodellierung, Universität Graz</orgName>
        </publisher>
        <pubPlace>Graz</pubPlace>
        <date when="2018-04-27">27.04.2018</date>
        <idno type="PID">o:mws.6418</idno>
      </publicationStmt>
      <sourceDesc>
        <bibl>Anonym: Le Censeur ou Caractères des Mœurs de la Haye. La Haye: Henri
                    Scheurleer, 1715, 217-224 </bibl>
        <bibl type="Einzelausgabe" xml:id="CHa">
          <title level="j">Le Censeur ou Caractères
                        des Mœurs de la Haye</title>
          <biblScope unit="volume">1</biblScope>
          <biblScope unit="issue">028</biblScope>
          <date>1715
                        [1714]</date>
          <placeName key="#GID.1">Frankreich</placeName>
        </bibl>
      </sourceDesc>
    </fileDesc>
    <encodingDesc>
      <editorialDecl>
        <interpretation>
          <ab type="interpGrp">
            <interpGrp type="Narrative_Darstellungsebenen">
              <interp xml:id="E1">Ebene 1</interp>
              <interp xml:id="E2">Ebene 2</interp>
              <interp xml:id="E3">Ebene 3</interp>
              <interp xml:id="E4">Ebene 4</interp>
              <interp xml:id="E5">Ebene 5</interp>
              <interp xml:id="E6">Ebene 6</interp>
            </interpGrp>
            <interpGrp type="Narrative_Darstellungsformen">
              <interp xml:id="AE">Allgemeine Erzählung</interp>
              <interp xml:id="SP">Selbstportrait</interp>
              <interp xml:id="FP">Fremdportrait</interp>
              <interp xml:id="D">Dialog</interp>
              <interp xml:id="AL">Allegorisches Erzählen</interp>
              <interp xml:id="TR">Traumerzählung</interp>
              <interp xml:id="F">Fabelerzählung</interp>
              <interp xml:id="S">Satirisches Erzählen</interp>
              <interp xml:id="EX">Exemplarisches Erzählen</interp>
              <interp xml:id="UT">Utopische Erzählung</interp>
              <interp xml:id="MT">Metatextualität</interp>
              <interp xml:id="ZM">Zitat/Motto</interp>
              <interp xml:id="LB">Leserbrief</interp>
            </interpGrp>
          </ab>
        </interpretation>
      </editorialDecl>
    </encodingDesc>
    <profileDesc>
      <creation>
        <name type="place">Graz, Austria</name>
      </creation>
      <langUsage>
        <language ident="fr">French</language>
      </langUsage>
      <textClass>
        <keywords scheme="http://gams.uni-graz.at/mws">
          <term>
            <term xml:lang="de">Erziehung und Bildung</term>
            <term xml:lang="it">Educazione e Formazione</term>
            <term xml:lang="en">Education and
                            Formation</term>
            <term xml:lang="es">Educación y Formación</term>
            <term xml:lang="fr">Éducation et formation</term>
          </term>
        </keywords>
      </textClass>
      <textClass>
        <keywords scheme="cirilo:normalizedPlaceNames">
          <list>
            <item>
              <placeName xml:id="GID.2">
                <country>Netherlands</country>
                <settlement>The Hague</settlement>
                <name ref="http://geonames.org/2747373" type="fcode:PPLG">The Hague</name>
                <location>
                  <geo>4.29861,52.07667</geo>
                </location>
              </placeName>
            </item>
            <item>
              <placeName xml:id="GID.1">
                <name ref="http://geonames.org/3017382" type="fcode:PCLI">France</name>
                <location>
                  <geo>2.0,46.0</geo>
                </location>
              </placeName>
            </item>
            <item>
              <placeName xml:id="GID.3">
                <country>Netherlands</country>
                <settlement>Amsterdam</settlement>
                <name ref="http://geonames.org/2759794" type="fcode:PPLC">Amsterdam</name>
                <location>
                  <geo>4.88969,52.37403</geo>
                </location>
              </placeName>
            </item>
          </list>
        </keywords>
      </textClass>
    </profileDesc>
  </teiHeader>
  <text>
    <group>
      <text ana="layout">
        <body xml:space="preserve">
<p rend="EU"><milestone unit="E1" xml:id="FR.1"></milestone> </p>
<div1><head>N°. <hi rend="smallcaps">xxviii</hi>.</head>
<p rend="date"><hi rend="italic">Le Lundi </hi>17<hi rend="italic">. de Septembre</hi> 1714.</p>
<p rend="SO"><hi rend="smallcaps"><milestone unit="E2" xml:id="FR.2"></milestone> Pl</hi>us soûmis à nos préjugez, à nos sens, &amp; à l’Empire absolu de l’Exemple, qu’aux saines Loix de la Raison, nous tombons tous les jours dans mille fautes, nous sucombons à mille passions différentes ; C’est-là une thése que je tâche de prouver depuis six mois en éxaminant les divers vices dans lesquels on tombe, je me suis toûjours borné à faire sentir que le manque de consulter notre raison en est la principale source. Mais ce n’en est pas la premiére.</p>
<p><milestone unit="E3" xml:id="FR.3"></milestone> Cette premiére source, ce sont les fautes qu’on commet dans l’Education de la Jeunesse ; fautes presqu’irréparables, fautes qui influent sur toutes nos actions sur tout le cours de notre Vie. Les Parens tombent dans ces fautes de cinq maniéres. 1. Par l’amour qu’ils portent à leurs Enfans. 2. Par le choix des Maîtres. 3. Par les Exemples. 4. Par le choix d’une Profession. 5. Enfin, en les établissant.</p>
<p><pb n="218"></pb> 1. Rien de plus ordinaire, rien de plus général que de trouver des Péres &amp; des Méres assez imprudens &amp; assez injustes pour mettre entre leurs Enfans une distinction que la nature plus sage qu’eux n’y a pas mis. Je ne vois pas qu’on puisse excuser un pareil caprice. Car en vain, me dira-t-on, que l’un est d’un naturel plus doux, plus flateur, plus engageant ; ce ne sont que des paroles qui ne signifient rien. Vos Enfans sont tels que vous les voulez avoir, leur naturel, leurs talens dépendent de vous. Parlez-leur avec affabilité, avec tendresse, avec douceur, dès avant qu’ils puissent vous connoître, &amp; vous éprouverez qu’ils seront doux &amp; affables ; rudoïez-les, faites retenir à leurs oreilles une voix continuellement menaçante, ils deviendront, chagrins, grondeurs ; un jeune Enfant est comme une cire mole dont un Artiste adroit fait tout ce qu’il veut ; ainsi cette excuse est frivole ; &amp; ces amitiez de préférence ne viennent que d’un caprice qui n’a rien que de très condamnable, sur tout quand on pense que de là naissent des haines dans les Familles qui y sont engendrez par la jalousie que produit ces préferen-<pb n="219"></pb>ces. J’ai vû une petite Fille de huit ans mourir de chagrin, parce qu’on lui préféroit ouvertement sa cadette, pour laquelle elle avoit conçû une jalousie &amp; une aversion qu’on ne peut exprimer ; Et qui connoît <persName corresp="CHa" key="Augerion" rend="italic" subtype="F" xml:id="PN.1">Augerion</persName>, &amp; ne sait pas l’animosité qui régne entre lui &amp; une Epouse qu’il a autre fois chéri tendrement ; quelle en est la raison ? elle chérit <persName corresp="CHa" key="Francion" rend="italic" subtype="F" xml:id="PN.2">Francion</persName> que son Pére ne peut soufrir, &amp; elle ne veut pas voir <persName corresp="CHa" key="Amélie" rend="italic" subtype="F" xml:id="PN.3">Amélie</persName> qui est l’objet du plus tendre amour de son Mari. Joignons à cela que les Enfans, qui réfléchissent sur tout, aprennent de là à être aussi injustes &amp; aussi capricieux que leurs Parens dans le choix des objets de leur amitié, ou de leur estime.</p>
<p>Ce seroit ici le lieu, ce me semble, de faire réfléchir les Parens sur le ridicule des aplaudissemens qu’ils donnent à toutes les sotises de leurs Enfans favorisez. Ignorent-ils donc qu’ils jettent ainsi dans ces petites créatures les détestables semences d’un criminel orgueil, &amp; qu’insensiblement ils perdent tout le fruit de la plus belle éducation. Pour les rendre aussi ridicules qu’ils sont dans ces ocasions je pourrois leur apliquer la Fable du Hibou &amp; de ses petits, mais je me contente de l’avis suivant.</p>
<lg><l rend="G1"><pb n="220"></pb> <hi rend="italic">Péres charmez des vos Enfans,</hi></l>
<l rend="GF"><hi rend="italic">Recevez cet avis sincére,<lb></lb>Etant seul prenez votre tems<lb></lb>Pour jouir des plaisirs de Pére :<lb></lb>Mais en public en vérité<lb></lb>Suspendez la Paternité.<lb></lb>Un Pére aveugle croit toûjours<lb></lb>Que son Fils dit choses exquises ;<lb></lb>Mais d’autres voudroient être sourds<lb></lb>Pour n’entendre pas ses sotises :<lb></lb>Car il faut de nécessité<lb></lb>Aplaudir à l’Enfant gâté.</hi></l>
</lg><p>2. Le Choix des Maîtres fait l’article le plus essentiel du devoir d’un Pére à l’égard de l’éducation de ses Enfans. Il seroit inutile de me récrier ici contre la malheureuse coûtume si générale de s’informer combien un Gouverneur, un Précepteur, une Maître, veulent gagner avant de s’informer de sa capacité &amp; de ses mœurs. C’est un mal trop invétéré. On épargne dans cette ocasion, où on devroit être prodigue, car comme il est assez rare de trouver une grande probité jointe à un grand savoir, &amp; à tous les talens qu’il faut pour l’éducation, on ne devroit rien ménager pour se procurer des personnes si rares ; Mais fait-on cela ? j’en appelle à l’experience ; on ne marchandera pas avec un Maître de Danse, ou de Chant, pendant qu’on cherchera à rogner autant qu’on poura sur la pension d’un Gouverneur, ou d’une Gouvernante ; cependant les uns travaillent, à quoi ? à donner un petit agrément, <pb n="221"></pb> un petit air à votre corps, &amp; les autres donnent leurs soins à former votre esprit, votre cœur, qui sont des biens qui doivent vous rester jusqu’au tombeau, &amp; de la solidité desquels dépend &amp; la tranquilité de votre vie, &amp; même (mais c’est à quoi on pense le moins) un bonheur éternel. <milestone unit="E4" xml:id="FR.4"></milestone> <milestone unit="FP" xml:id="FR.5"></milestone> Que ne doit-on pas penser de <persName corresp="CHa" key="Sélénie" rend="italic" subtype="F" xml:id="PN.4">Sélénie</persName>, &amp; quel blame ne mérite-t-elle pas d’avoir mis auprès de sa jeune Fille me &lt;sic&gt; Gouvernante telle que <persName corresp="CHa" key="Rosine" rend="italic" subtype="F" xml:id="PN.5">Rosine</persName>. Elle parle bien François, il est vrai, elle brode bien une jupe, elle nuance bien une Tapisserie, je l’avouë, mais elle est orgueilleuse, pleine de son propre mérite, fourbe, rafinée dans les mistéres galans, elle a une passion sans bornes pour l’argent ; <persName corresp="CHa" key="Sélénie" rend="italic" subtype="F" xml:id="PN.6">Sélénie</persName> le savoit, &amp; aujourd’hui elle est étonnée de voir sa Fille en proïe à tous les vices de sa Gouvernante &amp; devenir la Maîtresse de tous les Etrangers qui abordent dans la Ville. <milestone rend="closer" unit="FP"></milestone> <milestone rend="closer" unit="E4"></milestone></p>
<p>Est-il nécessaire que je déduise ici toutes les conséquences qui naissent de la faute que font les Parens à cet égard, &amp; y a-t-il quelqu’un qui ne comprenne aisément que de là seul dépend que des jeunes Gens deviennent ou scélérats, ou gens d’honneur, ou hipocrites ; car le Disciple est toûjours la copie fidèle de son Gouverneur, &amp; cela influë tellement sur le bien de sa Société, que je ne suis pas le premier qui avancerai qu’il seroit à souhaiter pour le bien d’un Etat que le Souverain établît des Académies, ou plûtôt des espéces de Seminaires de Précepteurs. <milestone unit="E4" xml:id="FR.6"></milestone> <milestone unit="EX" xml:id="FR.7"></milestone> Je me souviens, à propos de ceci, de la coûtume d’une certaine république de la Gréce, <pb n="222"></pb> où l’on enlevoit les Enfans à leurs Parens dès le moment de leur naissance, &amp; ils étoient élevez aux dépens de l’Etat sous la conduite d’un bon nombre d’excellens &amp; vertueux Maîtres. Ces jeunes Gens ne connoissoient d’autres Parens que leur Patrie, pouvoient-ils être que de bons, de fidèles, de sages citoïens : de là la félicité d’une Société ! <milestone rend="closer" unit="EX"></milestone> <milestone rend="closer" unit="E4"></milestone></p>
<p>3. De toutes les choses qui demandent des Parens le plus de prudence &amp; de précaution dans l’Education des jeunes Gens, on peut dire que c’est leur conduite en leur présence. Un Enfant aïant un Esprit qui ne peut être oisif, il faut qu’il fasse ses fonctions, dont la principale est de <hi rend="italic">penser</hi>, de <hi rend="italic">réflechir</hi>. Les personnes d’un certain âge trouvent dans les différens états où leur naissance, leur fortune, leur éducation les a mises, différens sujets sur lesquels elles éxercent leurs pensées ; Mais les Enfans n’aïant la tête embarassée ni de revenus, ni de détes, ni de négoces, ni de ménage, ni de gloire, ni de réputation, ils fixent leurs réfléxions &amp; leurs pensées sur les objets les plus intéressans qui s’offrent à leurs yeux, les actions de ceux qu’ils sont apris à respecter &amp; à aimer dès leurs plus tendres ans, les excitent, les atirent, les arêtent infiniment plus que celles de quelqu’étranger ; &amp; naturellement ils donnent leur aprobation à tout ce qui vient de gens qu’ils craignent &amp; qu’ils respectent. Ceci est prouvé par l’expérience même, quels soins doit donc avoir un Pére de ne rien faire devant ses Enfans, ou à leur sû, qui pût ou les rendre moins honnêtes gens, ou le rendre lui-même méprisable.</p>
<p><pb n="223"></pb> <milestone unit="E4" xml:id="FR.8"></milestone> <milestone unit="FP" xml:id="FR.9"></milestone> Si <persName corresp="CHa" key="Phocion" rend="italic" subtype="F" xml:id="PN.7">Phocion</persName> avoit fait réfléxion sur cette vérité le veroit-on toûjours en colére en présence de son Fils, n’éviteroit-il pas les yeux de ce jeune Homme quand il veut faire venir chez lui <persName corresp="CHa" key="Catos" rend="italic" subtype="F" xml:id="PN.8">Catos</persName> qu’il entretient dans la vieille ruë, ou <persName corresp="CHa" key="Dorine" rend="italic" subtype="F" xml:id="PN.9">Dorine</persName> qu’il tient en chambre garnie dans le Westeynde, prononceroit-il en sa presence plus d’obsénitez que n’en contiennent <persName corresp="CHa" key="Martial" rend="italic" subtype="H" xml:id="PN.10">Martial</persName>, <persName corresp="CHa" key="Petron" rend="italic" subtype="H" xml:id="PN.11">Pétrone</persName>, &amp; <persName corresp="CHa" key="Rousseau, Jean-Jacques" rend="italic" subtype="H" xml:id="PN.12">Rousseau</persName> ; Cependant, <persName corresp="CHa" key="Phocion" rend="italic" subtype="F" xml:id="PN.13">Phocion</persName> voudroit que son Fils fut un second <hi rend="italic">Caton</hi>, &amp; quand on lui vient dire qu’on a vû son Fils dans un tel lieu de débauche, qu’il a insulté un tel, qu’il a maltraité cette Femme, qu’il dit telle ou telle chose de son Pére, il fait l’étonné, il acuse la Corruption de la nature, il ne sait où son Fils a pris une conduite si déréglée ; semblable en cela à un certain Seigneur, à qui un Gouverneur se plaignoit de ce que son Fils juroit à chaque parole, &amp; qui répondoit, <hi rend="italic">ma foi je ne sais d’où ce défaut lui vient, car </hi><persName corresp="CHa" key="Gott" rend="italic" subtype="F" xml:id="PN.14">Dieu</persName><hi rend="italic"> me damne je ne jure jamais. <milestone rend="closer" unit="FP"></milestone> <milestone rend="closer" unit="E4"></milestone></hi></p>
<p>4. De quelque rang que l’on soit, il faut dans la vie se fixer à quelque chose. Les grands aspirent aux grands Emplois, les petits se bornent à certaines professions. Il seroit trop tard d’atendre à vingt ans à faire aprendre à un Enfant la profession qu’il doit éxercer toute sa vie, on s’y prend de bonne heure avec raison, mais on s’y prend mal ; parce qu’on ne consulte en cela, ou que des intérêts de Familles, ou du moins tout autre chose que ce qu’on devroit consulter, je veux dire l’inclination de l’Enfant. Personne en effet n’y a plus d’intérêt que lui : c’est de là que naissent tant de maux, tant de desordres dans les Familles qui influent sur toute la Société. <milestone unit="E4" xml:id="FR.10"></milestone> <milestone unit="FP" xml:id="FR.11"></milestone> <persName corresp="CHa" key="Fabius" rend="italic" subtype="F" xml:id="PN.15">Fabius</persName> est mis dans les armes par ses Parens, il y reste par obéïssan-<pb n="224"></pb>ce, il n’a ni valeur, ni intrépidité, ni prudence, il auroit même mieux aimé la <hi rend="italic">Robbe</hi>, cependant, ses Parens ont du crédit, ils lui procurent des Emplois ; plus <persName corresp="CHa" key="Fabius" rend="italic" subtype="F" xml:id="PN.16">Fabius</persName> est élevé, plus il fait de fautes de toutes les espéces, il devient la risée de ses égaux, &amp; le mépris de ses inférieures ; ses Parens meurent : devenu libre il abandonne le service &amp; devient la honte de sa Famille à laquelle il auroit fait honneur, si en consultant on l’avoit fait seoir sur les Lys. <milestone rend="closer" unit="FP"></milestone> <milestone rend="closer" unit="E4"></milestone></p>
<p>5. <milestone unit="MT" xml:id="FR.12"></milestone> Le peu d’espace qui me reste ne me permet pas de m’étendre beaucoup sur le cinqiéme article, qui même semble être au delà de l’Education ; mais je l’y fais entrer, parce que, comme on doit, selon moi, raporter l’éducation au bien de la Société, &amp; le Mariage, qui fait une de ses parties la plus considérable, dépendant ordinairement de la volonté des Parens, il semble que cette circonstance doit être comme le perfection &amp; l’accomplissement des soins paternels. <milestone rend="closer" unit="MT"></milestone> Cependant, y a-t-il quelque partie de l’Education où on fasse de plus lourdes fautes qu’en celle-ci, &amp; quoi qu’un Enfant soit obligé indispensablement à l’obéïssance, cependant, je n’ai jamais pû improuver ce que disoit la Fille de <persName corresp="CHa" key="Cato, Marcus Porcius" subtype="H" xml:id="PN.17">Caton</persName>, <hi rend="italic">volo maritum qui me malit quam mea</hi>, l’injustice &amp; l’avarice des Péres force souvent à prononcer ce <hi rend="italic">Volo</hi>, ou à tomber dans certaines fautes où la pudeur étant une fois sacrifiée, on ne doit pas espérer qu’on la recouvre jamais. C’est l’union des cœurs qui fait le Mariage &amp; non l’union des cofres. Ainsi on ne cessera jamais d’improuver la conduite des Péres qui forcent l’inclination de leurs Enfans, d’autant plus qu’on ne voit sortir de ces Mariages, que jalousie, discorde, haine, amours criminels, Enfans haïs &amp; mal élevez ; quel desordre dans la Société qu’un Mariage forcé. <milestone rend="closer" unit="E3"></milestone> <milestone unit="MT" xml:id="FR.13"></milestone> Ce seroit me défier des lumiéres de mes Lecteurs de tirer moi-même de tout ceci les conséquences qui influent sur toute la vie, il vaut mieux leur en laisser le soin. <milestone rend="closer" unit="MT"></milestone> <milestone rend="closer" unit="E2"></milestone></p>
<p><hi rend="smallcaps">A </hi><placeName corresp="CHa" key="#GID.2" ref="geonameID:2747373" rend="smallcaps" xml:id="PL.1">la Haye</placeName><hi rend="smallcaps">,</hi></p>
<p>Chez <persName corresp="CHa" key="Scheurleer, Henri" rend="smallcaps" subtype="H" xml:id="PN.18">Henri Scheurleer</persName>.</p>
<p>Et à <placeName corresp="CHa" key="#GID.3" ref="geonameID:2759794" xml:id="PL.2">Amsterdam</placeName> chez <persName corresp="CHa" key="Wolters, Jean" rend="smallcaps" subtype="H" xml:id="PN.19">Jean Wolters</persName>. <milestone rend="closer" unit="E1"></milestone></p>
<p></p></div1></body>
      </text>
      <text ana="framings">
        <body>
          <div>
            <ab>
              <seg synch="#FR.1" type="E1">
                <seg type="U1">N°. xxviii.</seg>
                <seg type="DT">Le Lundi 17. de Septembre 1714.</seg>
                <seg synch="#FR.2" type="E2"> Plus soûmis à nos préjugez, à nos
                                    sens, &amp; à l’Empire absolu de l’Exemple, qu’aux saines Loix
                                    de la Raison, nous tombons tous les jours dans mille fautes,
                                    nous sucombons à mille passions différentes ; C’est-là une thése
                                    que je tâche de prouver depuis six mois en éxaminant les divers
                                    vices dans lesquels on tombe, je me suis toûjours borné à faire
                                    sentir que le manque de consulter notre raison en est la
                                    principale source. Mais ce n’en est pas la premiére. <seg synch="#FR.3" type="E3"> Cette premiére source, ce sont les
                                        fautes qu’on commet dans l’Education de la Jeunesse ; fautes
                                        presqu’irréparables, fautes qui influent sur toutes nos
                                        actions sur tout le cours de notre Vie. Les Parens tombent
                                        dans ces fautes de cinq maniéres. 1. Par l’amour qu’ils
                                        portent à leurs Enfans. 2. Par le choix des Maîtres. 3. Par
                                        les Exemples. 4. Par le choix d’une Profession. 5. Enfin, en
                                        les établissant. <pb n="218"></pb> 1. Rien de plus ordinaire,
                                        rien de plus général que de trouver des Péres &amp; des
                                        Méres assez imprudens &amp; assez injustes pour mettre entre
                                        leurs Enfans une distinction que la nature plus sage qu’eux
                                        n’y a pas mis. Je ne vois pas qu’on puisse excuser un pareil
                                        caprice. Car en vain, me dira-t-on, que l’un est d’un
                                        naturel plus doux, plus flateur, plus engageant ; ce ne sont
                                        que des paroles qui ne signifient rien. Vos Enfans sont tels
                                        que vous les voulez avoir, leur naturel, leurs talens
                                        dépendent de vous. Parlez-leur avec affabilité, avec
                                        tendresse, avec douceur, dès avant qu’ils puissent vous
                                        connoître, &amp; vous éprouverez qu’ils seront doux &amp;
                                        affables ; rudoïez-les, faites retenir à leurs oreilles une
                                        voix continuellement menaçante, ils deviendront, chagrins,
                                        grondeurs ; un jeune Enfant est comme une cire mole dont un
                                        Artiste adroit fait tout ce qu’il veut ; ainsi cette excuse
                                        est frivole ; &amp; ces amitiez de préférence ne viennent
                                        que d’un caprice qui n’a rien que de très condamnable, sur
                                        tout quand on pense que de là naissent des haines dans les
                                        Familles qui y sont engendrez par la jalousie que produit
                                        ces préferen-<pb n="219"></pb>ces. J’ai vû une petite Fille de
                                        huit ans mourir de chagrin, parce qu’on lui préféroit
                                        ouvertement sa cadette, pour laquelle elle avoit conçû une
                                        jalousie &amp; une aversion qu’on ne peut exprimer ; Et qui
                                        connoît Augerion, &amp; ne sait pas l’animosité qui régne
                                        entre lui &amp; une Epouse qu’il a autre fois chéri
                                        tendrement ; quelle en est la raison ? elle chérit Francion
                                        que son Pére ne peut soufrir, &amp; elle ne veut pas voir
                                        Amélie qui est l’objet du plus tendre amour de son Mari.
                                        Joignons à cela que les Enfans, qui réfléchissent sur tout,
                                        aprennent de là à être aussi injustes &amp; aussi capricieux
                                        que leurs Parens dans le choix des objets de leur amitié, ou
                                        de leur estime. Ce seroit ici le lieu, ce me semble, de
                                        faire réfléchir les Parens sur le ridicule des
                                        aplaudissemens qu’ils donnent à toutes les sotises de leurs
                                        Enfans favorisez. Ignorent-ils donc qu’ils jettent ainsi
                                        dans ces petites créatures les détestables semences d’un
                                        criminel orgueil, &amp; qu’insensiblement ils perdent tout
                                        le fruit de la plus belle éducation. Pour les rendre aussi
                                        ridicules qu’ils sont dans ces ocasions je pourrois leur
                                        apliquer la Fable du Hibou &amp; de ses petits, mais je me
                                        contente de l’avis suivant. <pb n="220"></pb> Péres charmez des
                                        vos Enfans, Recevez cet avis sincére,<lb></lb>Etant seul prenez
                                        votre tems<lb></lb>Pour jouir des plaisirs de Pére :<lb></lb>Mais en
                                        public en vérité<lb></lb>Suspendez la Paternité.<lb></lb>Un Pére
                                        aveugle croit toûjours<lb></lb>Que son Fils dit choses
                                        exquises ;<lb></lb>Mais d’autres voudroient être sourds<lb></lb>Pour
                                        n’entendre pas ses sotises :<lb></lb>Car il faut de
                                        nécessité<lb></lb>Aplaudir à l’Enfant gâté. 2. Le Choix des
                                        Maîtres fait l’article le plus essentiel du devoir d’un Pére
                                        à l’égard de l’éducation de ses Enfans. Il seroit inutile de
                                        me récrier ici contre la malheureuse coûtume si générale de
                                        s’informer combien un Gouverneur, un Précepteur, une Maître,
                                        veulent gagner avant de s’informer de sa capacité &amp; de
                                        ses mœurs. C’est un mal trop invétéré. On épargne dans cette
                                        ocasion, où on devroit être prodigue, car comme il est assez
                                        rare de trouver une grande probité jointe à un grand savoir,  
                                      &amp; à tous les talens qu’il faut pour l’éducation, on ne
                                        devroit rien ménager pour se procurer des personnes si
                                        rares ; Mais fait-on cela ? j’en appelle à l’experience ; on
                                        ne marchandera pas avec un Maître de Danse, ou de Chant,
                                        pendant qu’on cherchera à rogner autant qu’on poura sur la
                                        pension d’un Gouverneur, ou d’une Gouvernante ; cependant
                                        les uns travaillent, à quoi ? à donner un petit agrément,
                                            <pb n="221"></pb> un petit air à votre corps, &amp; les
                                        autres donnent leurs soins à former votre esprit, votre
                                        cœur, qui sont des biens qui doivent vous rester jusqu’au
                                        tombeau, &amp; de la solidité desquels dépend &amp; la
                                        tranquilité de votre vie, &amp; même (mais c’est à quoi on
                                        pense le moins) un bonheur éternel. <seg synch="#FR.4" type="E4">
                      <seg synch="#FR.5" type="FP"> Que ne doit-on pas penser
                                                de Sélénie, &amp; quel blame ne mérite-t-elle pas
                                                d’avoir mis auprès de sa jeune Fille me &lt;sic&gt;
                                                Gouvernante telle que Rosine. Elle parle bien
                                                François, il est vrai, elle brode bien une jupe,
                                                elle nuance bien une Tapisserie, je l’avouë, mais
                                                elle est orgueilleuse, pleine de son propre mérite,
                                                fourbe, rafinée dans les mistéres galans, elle a une
                                                passion sans bornes pour l’argent ; Sélénie le
                                                savoit, &amp; aujourd’hui elle est étonnée de voir
                                                sa Fille en proïe à tous les vices de sa Gouvernante
                                                &amp; devenir la Maîtresse de tous les Etrangers qui
                                                abordent dans la Ville. </seg>

                    </seg> Est-il nécessaire que je déduise ici toutes les
                                        conséquences qui naissent de la faute que font les Parens à
                                        cet égard, &amp; y a-t-il quelqu’un qui ne comprenne
                                        aisément que de là seul dépend que des jeunes Gens
                                        deviennent ou scélérats, ou gens d’honneur, ou hipocrites ;
                                        car le Disciple est toûjours la copie fidèle de son
                                        Gouverneur, &amp; cela influë tellement sur le bien de sa
                                        Société, que je ne suis pas le premier qui avancerai qu’il
                                        seroit à souhaiter pour le bien d’un Etat que le Souverain
                                        établît des Académies, ou plûtôt des espéces de Seminaires
                                        de Précepteurs. <seg synch="#FR.6" type="E4">
                      <seg synch="#FR.7" type="EX"> Je me souviens, à propos
                                                de ceci, de la coûtume d’une certaine république de
                                                la Gréce, <pb n="222"></pb> où l’on enlevoit les Enfans
                                                à leurs Parens dès le moment de leur naissance,
                                                &amp; ils étoient élevez aux dépens de l’Etat sous
                                                la conduite d’un bon nombre d’excellens &amp;
                                                vertueux Maîtres. Ces jeunes Gens ne connoissoient
                                                d’autres Parens que leur Patrie, pouvoient-ils être
                                                que de bons, de fidèles, de sages citoïens : de là
                                                la félicité d’une Société ! </seg>

                    </seg> 3. De toutes les choses qui demandent des Parens le
                                        plus de prudence &amp; de précaution dans l’Education des
                                        jeunes Gens, on peut dire que c’est leur conduite en leur
                                        présence. Un Enfant aïant un Esprit qui ne peut être oisif,
                                        il faut qu’il fasse ses fonctions, dont la principale est de
                                        penser, de réflechir. Les personnes d’un certain âge
                                        trouvent dans les différens états où leur naissance, leur
                                        fortune, leur éducation les a mises, différens sujets sur
                                        lesquels elles éxercent leurs pensées ; Mais les Enfans
                                        n’aïant la tête embarassée ni de revenus, ni de détes, ni de
                                        négoces, ni de ménage, ni de gloire, ni de réputation, ils
                                        fixent leurs réfléxions &amp; leurs pensées sur les objets
                                        les plus intéressans qui s’offrent à leurs yeux, les actions
                                        de ceux qu’ils sont apris à respecter &amp; à aimer dès
                                        leurs plus tendres ans, les excitent, les atirent, les
                                        arêtent infiniment plus que celles de quelqu’étranger ;
                                        &amp; naturellement ils donnent leur aprobation à tout ce
                                        qui vient de gens qu’ils craignent &amp; qu’ils respectent.
                                        Ceci est prouvé par l’expérience même, quels soins doit donc
                                        avoir un Pére de ne rien faire devant ses Enfans, ou à leur
                                        sû, qui pût ou les rendre moins honnêtes gens, ou le rendre
                                        lui-même méprisable. <pb n="223"></pb>
                    <seg synch="#FR.8" type="E4">
                      <seg synch="#FR.9" type="FP"> Si Phocion avoit fait
                                                réfléxion sur cette vérité le veroit-on toûjours en
                                                colére en présence de son Fils, n’éviteroit-il pas
                                                les yeux de ce jeune Homme quand il veut faire venir
                                                chez lui Catos qu’il entretient dans la vieille ruë,
                                                ou Dorine qu’il tient en chambre garnie dans le
                                                Westeynde, prononceroit-il en sa presence plus
                                                d’obsénitez que n’en contiennent Martial, Pétrone,
                                                &amp; Rousseau ; Cependant, Phocion voudroit que son
                                                Fils fut un second Caton, &amp; quand on lui vient
                                                dire qu’on a vû son Fils dans un tel lieu de
                                                débauche, qu’il a insulté un tel, qu’il a maltraité
                                                cette Femme, qu’il dit telle ou telle chose de son
                                                Pére, il fait l’étonné, il acuse la Corruption de la
                                                nature, il ne sait où son Fils a pris une conduite
                                                si déréglée ; semblable en cela à un certain
                                                Seigneur, à qui un Gouverneur se plaignoit de ce que
                                                son Fils juroit à chaque parole, &amp; qui
                                                répondoit, ma foi je ne sais d’où ce défaut lui
                                                vient, car Dieu me damne je ne jure jamais. </seg>

                    </seg> 4. De quelque rang que l’on soit, il faut dans la vie
                                        se fixer à quelque chose. Les grands aspirent aux grands
                                        Emplois, les petits se bornent à certaines professions. Il
                                        seroit trop tard d’atendre à vingt ans à faire aprendre à un
                                        Enfant la profession qu’il doit éxercer toute sa vie, on s’y
                                        prend de bonne heure avec raison, mais on s’y prend mal ;
                                        parce qu’on ne consulte en cela, ou que des intérêts de
                                        Familles, ou du moins tout autre chose que ce qu’on devroit
                                        consulter, je veux dire l’inclination de l’Enfant. Personne
                                        en effet n’y a plus d’intérêt que lui : c’est de là que
                                        naissent tant de maux, tant de desordres dans les Familles
                                        qui influent sur toute la Société. <seg synch="#FR.10" type="E4">
                      <seg synch="#FR.11" type="FP"> Fabius est mis dans les
                                                armes par ses Parens, il y reste par obéïssan-<pb n="224"></pb>ce, il n’a ni valeur, ni intrépidité, ni
                                                prudence, il auroit même mieux aimé la Robbe,
                                                cependant, ses Parens ont du crédit, ils lui
                                                procurent des Emplois ; plus Fabius est élevé, plus
                                                il fait de fautes de toutes les espéces, il devient
                                                la risée de ses égaux, &amp; le mépris de ses
                                                inférieures ; ses Parens meurent : devenu libre il
                                                abandonne le service &amp; devient la honte de sa
                                                Famille à laquelle il auroit fait honneur, si en
                                                consultant on l’avoit fait seoir sur les Lys. </seg>
                    </seg> 5. <seg synch="#FR.12" type="MT"> Le peu d’espace qui
                                            me reste ne me permet pas de m’étendre beaucoup sur le
                                            cinqiéme article, qui même semble être au delà de
                                            l’Education ; mais je l’y fais entrer, parce que, comme
                                            on doit, selon moi, raporter l’éducation au bien de la
                                            Société, &amp; le Mariage, qui fait une de ses parties
                                            la plus considérable, dépendant ordinairement de la
                                            volonté des Parens, il semble que cette circonstance
                                            doit être comme le perfection &amp; l’accomplissement
                                            des soins paternels. </seg> Cependant, y a-t-il quelque
                                        partie de l’Education où on fasse de plus lourdes fautes
                                        qu’en celle-ci, &amp; quoi qu’un Enfant soit obligé
                                        indispensablement à l’obéïssance, cependant, je n’ai jamais
                                        pû improuver ce que disoit la Fille de Caton, volo maritum                                       
 qui me malit quam mea, l’injustice &amp; l’avarice des Péres
                                        force souvent à prononcer ce Volo, ou à tomber dans
                                        certaines fautes où la pudeur étant une fois sacrifiée, on    
                                    ne doit pas espérer qu’on la recouvre jamais. C’est l’union
                                        des cœurs qui fait le Mariage &amp; non l’union des cofres.
                                        Ainsi on ne cessera jamais d’improuver la conduite des Péres
                                        qui forcent l’inclination de leurs Enfans, d’autant plus
                                        qu’on ne voit sortir de ces Mariages, que jalousie,
                                        discorde, haine, amours criminels, Enfans haïs &amp; mal
                                        élevez ; quel desordre dans la Société qu’un Mariage forcé. </seg>
                  <seg synch="#FR.13" type="MT"> Ce seroit me défier des lumiéres
                                        de mes Lecteurs de tirer moi-même de tout ceci les
                                        conséquences qui influent sur toute la vie, il vaut mieux
                                        leur en laisser le soin. </seg>
                </seg> A la Haye, Chez Henri Scheurleer. Et à Amsterdam chez Jean
                                Wolters. </seg>
            </ab>
          </div>
        </body>
      </text>
    </group>
  </text>
</TEI>
