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    <fileDesc>
      <titleStmt>
        <title>Ami lecteur</title>
        <author>Justus Van Effen</author>
      </titleStmt>
      <editionStmt>
        <edition>Moralische Wochenschriften</edition>
        <respStmt>
          <name>Michaela Fischer</name>
          <resp>Editor</resp>
        </respStmt>
        <respStmt>
          <name> Katharina Jechsmayr</name>
          <resp>Editor</resp>
        </respStmt>
        <respStmt>
          <name> Barbara Thuswalder<hi rend="smallcaps"></hi>
          </name>
          <resp>Editor</resp>
        </respStmt>
      </editionStmt>
      <publicationStmt>
        <publisher>Institut für Romanistik, Universität Graz</publisher>
        <date when="2014-12-15">15.12.2014</date>
        <idno type="PID">info:fedora/o:mws.3107</idno>
      </publicationStmt>
      <sourceDesc>
        <bibl>Justus Van Effen: Le Nouveau Spectateur ou Discours dans lesquels on voit un
                    Portrait naïf des Mœurs de ce Siecle. La Haye: Jean Neaulme 1725, I-IV, </bibl>
        <bibl type="Einzelausgabe" xml:id="NS1">
          <title level="j">Le Nouveau Spectateur
                        français</title>
          <biblScope type="vol">1</biblScope>
          <biblScope type="issue">000</biblScope>
          <date>1723-1725</date>
          <placeName key="#GID.1">Frankreich</placeName>
        </bibl>
      </sourceDesc>
    </fileDesc>
    <encodingDesc>
      <editorialDecl>
        <interpretation>
          <ab type="interpGrp">
            <interpGrp type="Narrative_Darstellungsebenen">
              <interp xml:id="E1">Ebene 1</interp>
              <interp xml:id="E2">Ebene 2</interp>
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              <interp xml:id="E4">Ebene 4</interp>
              <interp xml:id="E5">Ebene 5</interp>
              <interp xml:id="E6">Ebene 6</interp>
            </interpGrp>
            <interpGrp type="Narrative_Darstellungsformen">
              <interp xml:id="AE">Allgemeine Erzählung</interp>
              <interp xml:id="SP">Selbstportrait</interp>
              <interp xml:id="FP">Fremdportrait</interp>
              <interp xml:id="D">Dialog</interp>
              <interp xml:id="AL">Allegorisches Erzählen</interp>
              <interp xml:id="TR">Traumerzählung</interp>
              <interp xml:id="F">Fabelerzählung</interp>
              <interp xml:id="S">Satirisches Erzählen</interp>
              <interp xml:id="EX">Exemplarisches Erzählen</interp>
              <interp xml:id="UT">Utopische Erzählung</interp>
              <interp xml:id="MT">Metatextualität</interp>
              <interp xml:id="ZM">Zitat/Motto</interp>
              <interp xml:id="LB">Leserbrief</interp>
            </interpGrp>
          </ab>
        </interpretation>
      </editorialDecl>
    </encodingDesc>
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      <creation>
        <name type="place">Graz, Austria</name>
      </creation>
      <langUsage>
        <language ident="fr">French</language>
      </langUsage>
      <textClass>
        <keywords scheme="http://gams.uni-graz.at/mws">
          <term>
            <term xml:lang="de">Autopoetische Reflexion</term>
            <term xml:lang="it">Riflessione Autopoetica</term>
            <term xml:lang="en">Autopoetical
                            Reflection</term>
            <term xml:lang="es">Reflexión Autopoética</term>
            <term xml:lang="fr">Réflexion autopoétique</term>
          </term>
        </keywords>
      </textClass>
      <textClass>
        <keywords scheme="cirilo:normalizedPlaceNames">
          <list>
            <item>
              <placeName xml:id="GID.1">
                <name ref="http://geonames.org/3017382" type="fcode:PCLI">France</name>
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              </placeName>
            </item>
            <item>
              <placeName xml:id="GID.2">
                <country>Netherlands</country>
                <settlement>Amsterdam</settlement>
                <name ref="http://geonames.org/2759794" type="fcode:PPLC">Amsterdam</name>
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          </list>
        </keywords>
      </textClass>
    </profileDesc>
  </teiHeader>
  <text>
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      <text ana="layout">
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                    <p rend="SO"><milestone unit="E1" xml:id="FR.1"></milestone></p>
                    <div1>
                        <head>Ami lecteur</head>
                        <p><milestone unit="E2" xml:id="FR.2"></milestone>
                            <milestone unit="MT" xml:id="FR.3"></milestone> Je vous donne ici un Livre, &amp;
                            par consequent, il vous faut une préface ; c’est la règle ; il y a assés
                            d’apparence que vous ne la lirés point ; c’est la règle encore. Les
                            idées <hi rend="italic">d’ennui</hi> &amp; de <hi rend="italic">préface</hi> sont depuis un tems immémorial, si étroitement unies
                            dans le cerveau humain, que l’une ne va gueres sans l’autre. Si pourtant
                            vous daignés jetter les yeux sur cette piece préliminaire, vous la
                            trouverés assés petite pour ne vous ennuyer que très-laconiquement. Il
                            ne tenoit qu’à moi de la déguiser sous le titre d’<hi rend="italic">Avertissement du Libraire</hi>. C’est une petite finesse
                            passablement en vogue parmi mes collègues, les beaux esprits, qui sont
                            charmés de se ménager la ragoutante occasion de se donner des éloges à
                            perte de vûë, &amp; de se payer de leur travail par leurs propres mains.
                            Quoique le public soit plus dupe qu’il ne se l’imagine, il ne l’est pas
                            assés d’ordinaire, pour donner dans cette orgueilleuse ruse, dont
                            souvent l’unique effet consiste à decouvrir la fatuité des Auteurs, qui
                            sont assés susceptibles de ce [II] petit defaut. Sans me servir de ce
                            stratageme, &amp; sans me casser la tête pour en inventer un nouveau,
                            qui soit propre à faire gouter &amp; ma Préface, &amp; mon Livre, je
                            vous dirai tout uniment, que voyant que le <hi rend="italic">Nouveau
                                Spectateur</hi> fait à present un volume d’une raisonnable grosseur,
                            je vous invite à le lire tout de suite, si vous en avés le loisir &amp;
                            l’envie. J’ai tâché de le rendre amusant &amp; instructif, &amp; si vous
                            trouves qu’il n’a ni l’une ni l’autre de ces qualités, ce n’est
                            peut-être ni votre faute ni la mienne. Pour moi, je vous avertis que
                            j’ai fait de mon mieux. La sphere de mes petits talens ne s’étend pas
                            plus loi, &amp; je vous proteste sincerement que j’en suis plus faché
                            que vous. Le succès de la plûpart de ces pieces n’a pas assés rebuté
                            pourtant ni mon Libraire ni moi, pour que nous soyons d’avis de laisser
                            là notre entreprise. Nous la continuerons sur le même pied, excepté que
                            sans distribuer l’ouvrage par lambeaux, nous en donnerons le temps en
                            temps un volume à la fois. La raison en est que de plus importantes
                            occupations empêchent <hi rend="italic">M. </hi><persName corresp="#" key="Neaulme, Jean" subtype="H " xml:id="PN.1">Neaulme </persName>de
                            vaquer envoyer par tout ces feuilles vo-[III]lantes. Il croit que le
                            debit n’en sera pas plus mauvais ; c’est son affaire ; la mienne est de
                            plaire autant que je pourrai. Je m’engage de nouveau, Ami Lecteur, à
                            faire des efforts pour produire quelque chose de divertissant, mais je
                            vous déclare aussi que je pretens quelquefois vous donner du serieux,
                            &amp; du très-serieux même. Ce n’est pas la votre gout ; je ne le sai
                            que trop, &amp; je vous trouve fort à plaindre à cet égard : mais c’est
                            le mien, &amp; je serois ravi d’avoir un tour d’esprit assés heureux,
                            pour vous le communiquer. Tant que vous vous trouverés de l’aversion
                            pour les matieres qui demandent un esprit attentif &amp; de la
                            réfléxion, contés que vous aurés l’ame malade. Ce dégout en est un
                            symptome sûr.</p>
                        <p>Je commencerai mon second volume par deux pieces que je vous ai promises.
                            La premiere offrira à votre curiosité, les memoires abregés qu’un
                            vieillard, homme de bien, a faits de lui-même. La seconde sera une
                            dissertation sur le caractère d’esprit du celébre Monsieur de la Motte,
                            &amp; sur ses ouvrages. Si vous n’y trouvés pas les lumières fort sures,
                            ni [IV] fort étendues, j’ose croire que vous y trouverés l’équité ;
                            cette disposition de l’ame éleve assés souvent les raisonnemens d’un
                            genie mediocre au dessus des réfléxions d’un esprit superieur, qu’un
                            cœur mal placé livre au préjugé &amp; à la passion. Je ne vous dis rien
                            des autres sujèts que je traitterai dans ce second volume, la raison en
                            est, que je n’en sai rien encore moi-même, &amp; que vous le verrés de
                            reste. Adieu, Ami Lecteur, jusqu’au revoir. <milestone rend="closer" unit="MT"></milestone>
                            <milestone rend="closer" unit="E2"></milestone></p>
                        <p rend="SO"></p>
                        <p rend="SO"><hi rend="smallcaps">Avertissement du Libraire.</hi></p>
                        <p><hi rend="italic">Ceux qui voudront insérer quelques pieces dans le
                                second volume de ce Spectateur, pourront toûjours lui adresser
                                franco leurs lettres, ou les faire remettre, aussi franco, à son
                                adresse chez Messieurs </hi><persName corresp="#" key="l’Honoré" subtype="U" xml:id="PN.2">l’Honoré</persName><hi rend="italic">&amp; </hi><persName corresp="#" key="Chatelain" subtype="U" xml:id="PN.3">Chatelain</persName><hi rend="italic">, Libraires à
                                </hi><placeName corresp="#" key="#GID.2" ref="geonameID:2759794" xml:id="SID.1">Amsterdam</placeName><hi rend="italic">. <milestone rend="closer" unit="E1"></milestone></hi></p>
                        <p></p>
                    </div1>
                </body>
      </text>
      <text ana="framings">
        <body xml:space="preserve">
                    <div>
                        <ab>
                            <seg synch="#FR.1" type="E1">
                                <seg type="U1">Ami lecteur</seg>
                                <seg synch="#FR.2" type="E2">
                                    <seg synch="#FR.3" type="MT"> Je vous donne ici un Livre, &amp;                                       
 par consequent, il vous faut une préface ; c’est la règle ;
                                        il y a assés d’apparence que vous ne la lirés point ; c’est
                                        la règle encore. Les idées d’ennui &amp; de préface sont
                                        depuis un tems immémorial, si étroitement unies dans le
                                        cerveau humain, que l’une ne va gueres sans l’autre. Si
                                        pourtant vous daignés jetter les yeux sur cette piece
                                        préliminaire, vous la trouverés assés petite pour ne vous
                                        ennuyer que très-laconiquement. Il ne tenoit qu’à moi de la
                                        déguiser sous le titre d’Avertissement du Libraire. C’est
                                        une petite finesse passablement en vogue parmi mes
                                        collègues, les beaux esprits, qui sont charmés de se ménager
                                        la ragoutante occasion de se donner des éloges à perte de
                                        vûë, &amp; de se payer de leur travail par leurs propres
                                        mains. Quoique le public soit plus dupe qu’il ne se
                                        l’imagine, il ne l’est pas assés d’ordinaire, pour donner
                                        dans cette orgueilleuse ruse, dont souvent l’unique effet
                                        consiste à decouvrir la fatuité des Auteurs, qui sont assés
                                        susceptibles de ce [II] petit defaut. Sans me servir de ce
                                        stratageme, &amp; sans me casser la tête pour en inventer un
                                        nouveau, qui soit propre à faire gouter &amp; ma Préface,
                                        &amp; mon Livre, je vous dirai tout uniment, que voyant que
                                        le Nouveau Spectateur fait à present un volume d’une
                                        raisonnable grosseur, je vous invite à le lire tout de
                                        suite, si vous en avés le loisir &amp; l’envie. J’ai tâché
                                        de le rendre amusant &amp; instructif, &amp; si vous trouves
                                        qu’il n’a ni l’une ni l’autre de ces qualités, ce n’est
                                        peut-être ni votre faute ni la mienne. Pour moi, je vous
                                        avertis que j’ai fait de mon mieux. La sphere de mes petits
                                        talens ne s’étend pas plus loi, &amp; je vous proteste
                                        sincerement que j’en suis plus faché que vous. Le succès de
                                        la plûpart de ces pieces n’a pas assés rebuté pourtant ni
                                        mon Libraire ni moi, pour que nous soyons d’avis de laisser
                                        là notre entreprise. Nous la continuerons sur le même pied,
                                        excepté que sans distribuer l’ouvrage par lambeaux, nous en
                                        donnerons le temps en temps un volume à la fois. La raison
                                        en est que de plus importantes occupations empêchent M.
                                        Neaulme de vaquer envoyer par tout ces feuilles
                                        vo-[III]lantes. Il croit que le debit n’en sera pas plus
                                        mauvais ; c’est son affaire ; la mienne est de plaire autant
                                        que je pourrai. Je m’engage de nouveau, Ami Lecteur, à faire
                                        des efforts pour produire quelque chose de divertissant,
                                        mais je vous déclare aussi que je pretens quelquefois vous                               
         donner du serieux, &amp; du très-serieux même. Ce n’est pas
                                        la votre gout ; je ne le sai que trop, &amp; je vous trouve
                                        fort à plaindre à cet égard : mais c’est le mien, &amp; je                                     
   serois ravi d’avoir un tour d’esprit assés heureux, pour
                                        vous le communiquer. Tant que vous vous trouverés de
                                        l’aversion pour les matieres qui demandent un esprit
                                        attentif &amp; de la réfléxion, contés que vous aurés l’ame
                                        malade. Ce dégout en est un symptome sûr. Je commencerai mon
                                        second volume par deux pieces que je vous ai promises. La
                                        premiere offrira à votre curiosité, les memoires abregés
                                        qu’un vieillard, homme de bien, a faits de lui-même. La
                                        seconde sera une dissertation sur le caractère d’esprit du
                                        celébre Monsieur de la Motte, &amp; sur ses ouvrages. Si
                                        vous n’y trouvés pas les lumières fort sures, ni [IV] fort
                                        étendues, j’ose croire que vous y trouverés l’équité ; cette
                                        disposition de l’ame éleve assés souvent les raisonnemens
                                        d’un genie mediocre au dessus des réfléxions d’un esprit
                                        superieur, qu’un cœur mal placé livre au préjugé &amp; à la
                                        passion. Je ne vous dis rien des autres sujèts que je
                                        traitterai dans ce second volume, la raison en est, que je
                                        n’en sai rien encore moi-même, &amp; que vous le verrés de
                                        reste. Adieu, Ami Lecteur, jusqu’au revoir. </seg>
                                </seg> Avertissement du Libraire. Ceux qui voudront insérer quelques
                                pieces dans le second volume de ce Spectateur, pourront toûjours lui
                                adresser franco leurs lettres, ou les faire remettre, aussi franco,
                                à son adresse chez Messieurs l’Honoré&amp; Chatelain, Libraires à
                                Amsterdam. </seg>
                        </ab>
                    </div>
                </body>
      </text>
    </group>
  </text>
</TEI>
