Le Monde: Chapitre III.

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Chapitre III.

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Brief/Leserbrief

A Monsieur de Bastide.

Monsieur, Dans le projet que vous avez formé pour enrichir votre livre d’un agréable mêlange de toutes sortes de sujets, vous avez peut-être oublié un genre d’autant plus important qu’il est extrêmement à la mode. Négligerez-vous d’y joindre des morceaux sur les Arts, tandis que vous voyez qu’il n’est presque point de Journal, quelque chétif qu’il soit, qui ne s’en décore. Si notre siecle n’est pas plus fertile en grands Artistes que celui qui l’a précédé, il a du moins la gloire de le surpasser par l’abondance des juges, & nous ne courons plus que le risque de manquer d’ouvrages qui puissent exercer la critique. Il le faut avouer, à peine le travail assidu des Artistes les plus laborieux peut-il fournir à la quantité d’Ecrivains qui sont à l’affut de ce qu’ils mettent au jour. Je ne vous propose pas cependant de prévenir l’exécution, ni de deviner & juger provisionnellement comme font quelques-uns ; en cela semblables à ces mouches avides qui se hâtent de tirer le suc des fleurs avant qu’elles soient en maturité pour n’en composer qu’un miel acide & malfaisant : mais on peut saisir promprement les occasions, en amuser le Public & diriger son jugement avant qu’il ait eu le tems de prononcer. Peut-être êtes-vous arrêté par la difficulté de trouver quelqu’un qui puisse raisonner sur ces matieres avec certitude, vous avez cependant plusieurs exemples qui prouvent qu’on peut suppléer à ce défaut par la hardiesse. Si l’on en croit quelques Auteurs, un peu de connoissance de l’Histoire, une légere intelligence des Poëtes, quelque esprit & beaucoup d’emphase, suffisent pour en parler d’un ton décisif : si l’on s’en rapporte à certains Artistes, ce sont mysteres impénétrables au vulgaire, eux seuls ont droit d’en sonder la profondeur. Ce sentiment est outré & ridicule ; je ne puis même approuver Quintilien lorsqu’il dit : Heureux les Artistes s’il n’étoient jugés que par leurs pareils. Cependant j’exige une connoissance un peu particuliere de l’art, avant que de s’ériger en juge. Je ne veux donc m’offrir à vous qu’en vous faisant connoître à quels titres que puis me flater d’être précisément l’homme dont vous avez besoin. Je suis d’autant mieux fondé à me donner pour connoisseur, que j’ai acheté plus cher cette connoissance. J’ai un cabinet considérable ; je l’ai commencé comme il est assez ordinaire par acquérir tout ce qu’on me présentoit sous un nom célebre ; de-là un mêlange informe qui a demandé une grande réforme : mais enfin à force d’étaler les curiosités de mon cabinet, je suis parvenu à en discerner moi-même les bons choix. Ma pénétration va jusqu’à avoir des marques infaillibles pour reconnoître si un tableau est véritablement d’un Maître. Je me suis fait des principes, & ma propre expérience m’a convaincu que les ouvrages les plus chers sont toujours les meilleurs, & qu’ils gardent entr’eux la proportion qui se trouve entre leur prix. J’ajouterai que le nom du Maître est de la plus grande importance, & que la principale étude du connoisseur est de distinguer les manieres afin qu’on ne puisse lui en imposer. Quelque beau que puisse paroître un tableau, si l’on n’en connoît pas l’auteur avec certitude, il se faut garder de l’acquérir. C’est pourquoi je ne me suis point livré aux conseils des Artistes. Peu accoutumés à donner l’attention nécessaire à ces délicatesses de main qui différencient les maîtres, ils semblent ne poser pour regle du beau que l’imitation de la nature ; & dès qu’ils trouvent cette sorte de perfection ils ne s’informent de rien au-delà ; mais un fin connoisseur ne met ce mérite qu’au second rang. L’essentiel est de sçavoir si l’ouvrage est en effet d’un homme du premier ordre, & s’il est du tems où il étoit le plus en vogue. La moindre bagatelle qui peut servir à en prouver la date, cause un plaisir plus sensible que toutes les beautés de détail qu’on peut y découvrir à force de réflexions. J’ai exercé par amusement presque tous les Arts, j’ai beaucoup dessiné, quoique peu d’après nature. Mais c’est dans les petits tableaux des Flamans & des Hollandois que j’ai trouvé cette source de lumieres dont je me propose de faire usage en votre faveur. J’ai peint, sinon au point de me comparer aux maîtres de l’art, du moins assez bien pour obtenir d’eux des complimens qui ne peuvent être que sinceres. Quant à la Sculpture, j’avoue que je ne l’ai point tentée : elle n’est pas aussi amusante, & d’ailleurs elle est pénible ; mais comme elle est fondée sur les mêmes principes que la Peinture, je puis en juger avec la même solidité. La Miniature, la Gouasse, la Gravure, enfin tous les genres agréables me sont faciles ; sur-tout je dessine supérieurement les figures de modes françoises. J’ose croire que ces connoissances ne vous paroîtront pas médiocres ; on passe pour connoisseur à moins. Vous dire que j’ai étudié les Flamans, & que mon cabinet n’est composé que de leurs ouvrages, c’est vous faire assez connoître combien je suis passionné pour la couleur, sur-tout lorsqu’elle a beaucoup de force. Je n’estime pas même certains tons de Teniers, tout Flamand qu’il est, & je lui préfere la couleur de Skalken. J’admire dans Polembourg la variété & la finesse de tons de chair, dans Vandervers le lissé & luisant de ses chairs ; & sur-tout dans cet Auteur, ainsi que dans plusieurs autres, ce fini admirable, dont on ne peut appercevoir les détails qu’à l’aide d’une loupe ; je suis enchanté dans Vanhuisum de la propreté étonnante de son exécution & de cet art de finir tout, également dans l’ombre comme dans la lumiere. Je ne m’engagerai pas plus avant dans cette dissertation, quelque instructive qu’elle puisse être. Seulement pour achever de vous donner quelqu’idée de la justesse de mon goût, je vous apprendrai que j’ai banni de chez moi les tableaux italiens ; je les respecte cependant, quoique peut-être sur des préjugés ; mais leur couleur ordinairement n’est point vive, aussi ne puis-je appeler couleur ces tons grisâtres du Guide qu’on veut nommer argentins pour les excuser, ni ces gris colorés qu’on est convenu de louer dans Pierre de Cortone. On ne cesse de vanter la science du dessin dans ces Garraches ; mais qu’est-ce que le dessin sans le coloris , & de quoi nous sert qu’un Artiste ait perdu le tems consacré à l’étude à chercher de prétendues beautés qu’on convient qui ne sont sensibles qu’à ceux qui on fait le même travail ? La peinture ne doit-elle pas être faite pour plaire à tous les yeux. Le coloris est l’ame de la peinture, & j’ajouterai à ce sentiment assez généralement reçu qu’il n’y en a qu’un seul, & que c’est celui des Flamans. Malheur à ceux qui ne voyent pas la nature de cette couleur, ils ne seront jamais coloristes. D’autres raisons encore m’ont éloigné des Italiens : je n’aime que les sujets agréables ; leurs tableaux présentent souvent des sujets si tristes. On a beau dire que les sujets pathétiques sont ceux qui développent plus les grandes parties de l’art : la peinture est faite pour le plaisir ; dès qu’elle cesse d’en inspirer, elle n’est plus recevable. Ces tableaux ne sont presque jamais d’une grandeur propre à entrer dans un joli cabinet, & d’ailleurs ils sont communément d’un prix si médiocre en comparaison des petits tableaux Flamans, qu’il y auroit une apparence d’œconomie peu honorable à s’en contenter. Mon affection pour les Flamans ne me fera pas cependant déclarer la guerre à tous les modernes ; & comme je vous l’ai déjà fait entendre, j’ai choisi dans chaque genre l’Artiste, dont la maniere a le plus de rapport avec mon goût, & sans balancer je lui donne la préférence sur tous ses contemporains. J’y suis d’autant mieux autorisé qu’il n’y a qu’un seul bon goût, & par conséquent qu’une seule bonne maniere ; ainsi tout ce qui s’en écarte ne peut être que mauvais. Ceux qui se trouveront exposés à ma critique m’accouseront sans doute de partialité ; mais il est un ton décisif qu’il faut sçavoir prendre à propos, & qui termine toutes les petites contestations. Il n’est pas besoin de vous dire que j’ai toutes les connoissances de la Poésie, de la Peinture, & des usages des nations dans les divers siecles. J’ose avancer, de plus, que j’ai le génie de la composition, & que la sécondité de mes idées est telle, que je ne vois presque point traiter de sujets que je ne l’eusse conçu autrement. Vous en jugerez lorsque je décrirai mes conceptions sur différens sujets. Je connois les termes de l’art, & je sçais les employer avec élévation. Et si je ne vous écris pour cette premiere fois que d’un style épistolaire, attendez-vous à me voir quand il en sera tems toute l’emphase & la magnificence qu’exigent les descriptions des plus petits sujets. C’est principalement dans les disserations instructives pour les Artistes que je m’éleverai, & que je leur retracerai d’un ton sublime les grands principes de l’art, connus de tout le monde, excepté d’eux. Ne croyez pas qu’il me soit toujours nécessaire pour cet effet de traiter des matieres importantes ; l’énergie des termes suppléera à la foiblesse des choses. Je m’éleverai contre les abus les plus consacrés par un long usage. Tantôt je m’attacherai à prouver l’absurdité de leurs inventions : ces Chérubins qu’on ose supposer vivans avec une tête sans corps, ces Syrenes, ces Cariatydes & tant d’autres chimeres d’autrefois ; je m’étendrai sur l’usage ridicule de poser une statue équestre sur un piedestal, où le cheval ne pourroit faire un pas sans se précipiter ; ce sont-là les matieres qu’il faut nous hâter de dérober à ceux qui peuvent avoir déjà formé le projet de les traiter ; ce sont-là les grandes leçons que les Artistes dociles ont lieu d’attendre de nous, & peut-être aurons-nous la consolations d’éclairer leurs yeux couverts d’épaisses ténebres. Mais ce qui doit vous paroître plus important encore, j’ai une singuliere sagacité pour découvrir les moindres défauts dans les ouvrages qu’on répute les plus parfaits : nulle beauté ne peut me séduire ; & si j’ose le dire, je suis tout jugement. Si je me répands en éloges en faveur de ceux qui sçavent me plaire, d’autre part je sçais jetter le plus parfait mépris sur ceux qui ne sont pas de mon goût. Je dédaigne alors de disserter & de m’abaisser à rapporter ce qu’on peut alléguer peur leur défense, une ironie à propos prouve plus que tous les raisonnemens : c’est ainsi qu’il faut aiguillonner les Arts, qui sans ce secours tomberoitent dans une léthargie mortelle. Peut-être même ne doivent-ils leur émulation & la vie dont ils jouissent encore, & qu’aux juges séveres & aux sçavans Ecrivains, qui dans ces derniers tems ont bien voulu les honorer de leur critique. Cependant que leur a-t-on appris ? ce qu’il étoit impossible de présumer qu’ils ne sçussent pas : de grands principes que dicte le sens commun, mais dont il est toujours à propos de supposer que le Public manque. Il est quantité de vérités qui vous paroîtroient puériles, que néanmoins on ne peut trop répéter. Vous trouveriez peut-être superflu de leur apprendre que les objets qui sont éloignés sont plus foibles que ceux qui sont proches, que les montagnes qui sont à l’horison participent de la couleur bleue du ciel ; que les hommes du commun doivent être d’une nature plus forte & musclées que ceux qui sont élevés délicatement ; qu’il faut mettre des shpinx & des pyramides dans les sujets lorsque la scene se passe en Egypte ; qu’il est des choses où la Sculpture ne peut prétendre à faire illusion, telles que les nuages, la transparence des eaux ; & quantité d’autres pareilles. Ce sont cependant ces matieres, qui peuvent paroître de peu d’importance, que je me propose de traiter, & je me flate que vous serez étonné de ce que j’en sçaurai tirer. J’entrevois une multitude de dissertations sçavantes & approfondies, qui, jusqu’à ce jour, n’avoient été qu’effleurées. Après l’exposé que je vous fais de mes talens, je pense que vous sentirez combien je suis à portée d’intéresser le Public en faveur de votre livre. Ce qui me reste à vous proposer doit encore vous toucher davantage ; des raisons m’obligent à garder l’anonyme pendant quelque tems. Je consens que vous donniez mes productions sous votre nom ; quel sacrifice ! Cependant il est bien sans réserve, & je m’engage de plus, lorsque je voudrai paroître, à changer tellement de style, qu’on ne pourra jamais reconnoître que ce soit le même Auteur. Je vous promets encore de ne jamais dévoiler que vous vous soyez fait honneur de mes lumieres. Quelque considération que vous ayez acquise en qualité d’Auteur, celle d’Ecrivain sur les Arts ne peut que vous faire beaucoup d’honneur. Il est difficile qu’on ne se persuade que tout homme qui écrit sur ces matieres en a une connoissance particuliere, surtout lorsqu’il en parle d’un ton imposant : aussi-tôt vous serez l’oracle de mille compagnies où l’on aime plus les Arts qu’on ne les connoît. On vous consultera sur tout ; sur les expositions de tableaux, sur les grands monumens de sculpture, sur les décorations de théatre, &c. Ne vous effrayez point du rôle que vous aurez à soutenir, il n’est pas aussi difficile que vous le pensez. Ah ! Monsieur, combien de gens ne doivent leur existence qu’à cette agréable boursouflure. Il vous suffira d’être avare de louanges, si ce n’est dans les cas où le cri général vous préviendroit ; car il est toujours dangereux de le contredire trop durement. Mais en récompense combien d’autres occasions où vous trouverez à blâmer, ne fût-ce que des bagatelles : les connoissances les plus légeres dans les Arts sons si peu communes, ou si souvent données à des personnes qui ont toujours la balance en main, & qui n’osent rien affirmer dans la crainte de n’avoir pas fait un examen assez judicieux. J’avois négligé de vous dire que je suis lié avec des Artistes du premier ordre ; & qu’ainsi lorsque nous aurons besoin de louer, il me sera aisé de les faire parler. Pour vous en donner un exemple capable de vous rassurer contre ceux qui pourroient vous faire entendre qu’il est plus rare de sentir & de bien apprécier les beautés que d’appercevoir les défauts : il suffit de vous rapporter le précis d’une conversation que j’eus ces jours derniers avec l’un d’entr’eux.

Allgemeine Erzählung

Cet Artiste revenoit de voir le modele en plâtre du monument que la ville de Rheims se propose d’ériger à la gloire de notre Monarque dans une de ses places. C’est une statue du Roi en pied, élevée sur un piedestal, orné de figures allégoriques. Plein de la satisfaction que lui avoit causé cet ouvrage, il me fit d’abord l’éloge de l’idée du sujet, qu’en effet j’approuve aussi, (ce que je me gardai cependant bien de lui dire ; car il ne faut pas que les Artistes se persuadent qu’ils peuvent penser leurs sujets aussi bien que nous, autrement les leçons que nous nous proposons de leur donner paroîtroient superflues) . M. Pigalle a pensé que l’usage ordinaire de mettre des esclaves au pied de ces statues, outre qu’il n’a plus le mérite de nouveauté, a le défaut de ne point caractériser un regne plus particulierement qu’un autre, & semble donner à croire que nous faisons consister la grandeur des Rois dans la seule puissance militaire, & que nous sommes encore assez plongés dans la barbarie pour ne pas sentir combien plus grands sont ceux qui par la douceur de leur gouvernement font la félicité de leurs peuples. C’est ce que M. Pigalle a exprimé en mettant d’un côté une femme appuyée sur un gouvernail, qui de la main droite conduit un lion sans effort, & le tenant seulement par quelques poils de sa criniere. Cette figure représente allégoriquement la douceur du gouvernement, la docilité des peuples, & leur attachement pour le Souverain. De l’autre côté, on voit un citoyen paisible & satisfait, goûtant les douceurs de la tranquillité, de l’esprit & de la sureté dans la possession de ses richesses ; c’est pourquoi il est assis sur des caisses & des balots de marchandises. Une bourse est ouverte à ses pieds, & près de lui le loup & l’agneau dormant ensemble. Si j’en crois mon Artiste, ce morceau est un des chef-d’œuvres de M. Pigalle, & une des plus belles choses qui ayent été faites en Sculpture. La figure du Roi est dans une attitude simple, noble & gracieuse. Il étend doucement la main sur ses sujets, qu’il prend sous sa protection : l’autre est appuyée sur son épée. Il est vêtu à la romaine, avec un manteau sur les épaules, drapé d’une maniere sage & naturelle. La plus exacte justesse de dessin s’y fait voir jointe à une maniere de modeler large & grande. La figure de femme par la souplesse de son attitude, par la beauté & les graces de sa tête, caractérise la douceur qu’elle représente. Elle est parfaitement bien drapée, & l’on admire sur tout le vêtement de dessous, qui en se jouant avec grace & délicatesse, dessine le nud sans affectation dans tous les endroits où il est nécessaire de le faire appercevoir. Le manteau orné de fleurs de lis présente une étoffe plus épaisse, & conséquemment de grands plis : il me vanta également le jet ingénieux & l’effet qu’elle produit par les enfoncemens & les ombres adroitement ménagées dans tous les endroits où il est nécessaire d’indiquer les formes principales de la figure. Mais sur quoi mon Artiste ne tarit point, c’est sur la figure du citoyen. Les Artistes en général regardent comme le comble de la difficulté, de bien exprimer la beauté & les graces du nud. Il y trouve des vérités de nature admirables, des détails d’une finesse & d’une justesse étonnantes, une connoissance exacte de l’anatomie, & en même tems toute la mollesse & la flexibilité de la chair. La justesse des attachemens, l’exécution parfaite des parties, comme tête, pieds & mains : le tout soutenu d’une maniere de modeler si moëlleuse, si large & si grande, qu’il ne baance point à le comparer aux chefs-d’œuvres immortels du Puget. Enfin c’est, selon lui, la nature même, embellie, s’il est possible, par l’art de la rendre. Il ajouta que c’ést le plus grand dommage qu’une si belle figure ne fût destinée que pour être en plomb, & par le peu de solidité de cette matiere exposée à divers accidents ; au lieu que si elle étoit jettée en bronze ou plaston, exécutée en marbre, matiere bien plus fusceptile de rendre avec grace toutes les beautés de détail de ce modele ; il étoit certain que ce seroit une des plus belles choses qu’ait jamais produites la Sculpture en France. Il me fit pareillement l’éloge des figures de l’Annonciation de la Vierge qu’exécute M. Falconet à l’Autel de la Vierge de l’Eglise de S. Roch, aussi bien que d’un autre morceau dans la même Eglise, singulier, & très-pittoresque qu’il a traité d’une manière tout-à-fait ingénieuse. Il représente un Calvaire : je pourrai dans la suite vous rendre compte de tout ce qu’il me dit sur ce sujet.
Cependant je ne souscris pas entierement à l’enthousiasme de mon Artiste sur ces ouvrages ; il les a vus avec des yeux d’Artistes que les beautés aveuglent & empêchent de remarquer les défauts ; je les veux voir avec les yeux d’amateur, & mes remarque <sic> seront un nouveau font de richesses pour votre livre : faites attention aux offres que je vous fais. Je suis en attendant votre réponse. Monsieur, Votre très-humble, Le D.P. (E)