Sugestão de citação: Justus Van Effen [Joseph Addison, Richard Steele] (Ed.): "Discours CXIV.", em: Le Mentor moderne, Vol.3\114 (1723), S. 104-110, etidado em: Ertler, Klaus-Dieter / Hobisch, Elisabeth (Ed.): Os "Spectators" no contexto internacional. Edição Digital, Graz 2011- . hdl.handle.net/11471/513.20.4373 [consultado em: ].


Nível 1►

Discours CXIV.

Citação/Divisa► Noctes atque dies patet atri janua Ditis,

Les portes de la mort sont ouvertes le jour & la nuit ◀Citação/Divisa

Nível 2► Les autheurs moraux, qui aiment à parler sentence nous disent, qu’il n’y a qu’une porte pour entrer dans le monde, & qu’il y en a mille & mille pour en sortir. Allegorie► J’ai vu un Songe effrayant composé par un Espagnol ingenieux, dans lequel il introduit la Mort, qui comme un autre Protée se metamorphose dans un nombre prodigieux de formes differentes. Son but est de représenter par là à l’imagination, de la maniere la plus sensible, les mala-[105]dies, & les accidens, qui menacent de toutes parts la vie des hommes. D’abord la mort s’offre aux yeux comme un corps de feu, & un moment après, comme un homme de nege ; Ensuite elle se roule par la chambre comme un boulet de Canon, & l’instant qui suit elle s’étale sur une table, sous la fiigure <sic> d’une pillule dorée. Elle se transforme encore successivement en Epée, en poignard, en Eguille, en Epingle, & à la fin, elle revet l’apparence d’un simple Cheveu. ◀Allegorie

Cette ingenieuse Allegorie nous fait voir, qu’à peine y a t-il dans toute la nature quelque chose de si méprisable, & de si indigne de notre attention, qui ne soit capable de creuser le tombeau sous nos pas.

Je me souviens d’un passage remarquable, qu’on trouve dans les Reflexions de M. Pascal sur la Providence. Voici comme il y parle de la mort de nôtre fameux Cromwel. Nível 3► Citação/Divisa► Cet Usurpateur, qui avoit ruiné la Famille Royale dans sa propre Nation, qui avoit fait trembler tous les Princes de l’Europe, & qui avoit porté la terreur dans Rome même, fut enfin arraché du monde, par un Accez de Grazelle. Un atome, un grain de sable, qui [106] dans tout autre lieu du monde n’auroit été d’aucune importance, placé dans un certain lieu particulier, fut un Instrument entre les mains de la Providence, pour causer les plus heureuses Révolutions ; & pour effacer de dessus la Terre ce Perturbateur du repos du repos Genre-Humain. ◀Citação/Divisa ◀Nível 3

Pour donner en peu de mots une idée des dangers, qui environnent notre vie, il est certain, que des volées de maladies voltigent continuellement au dessus de nos têtes. Dans quelque situation, que nous puissions nous trouver, chez nous, en voyage, assis, debout, dormans, éveillez, mille acccidens funestes sont en embuscade autour de nous, tous les Elemens, tous les Climats, toutes les Saisons nous tendent des piéges invisibles ; toute la Nature est enceinte de la Mort.

Les hommes sont encore exposez à plus de périls, que les femmes ; ils courent des dangers qui leur appartiennent en propre, dans les Batailles, dans les Voyages de long cours, & dans plusieurs professions & métiers, qui peuvent leur être funestes. J’ai vû un Traité composé par un habile Medecin sur les maladies particuliéres à ceux qui travaillent en marbre, ou en autres pier-[107]res de taille. Aussi a-t-il été observé, qu’il naît dans le monde plus d’Enfans mâles que d’Enfans femelles ; ce qui prouve clairement, que la Divinité attentive à la conservation de notre espéce, supplée d’avance à la perte supérieure où notre Sexe ne sauroit qu’être sujet. Cette observation est si bien fondée, qu’en tout tems je m’offre à parier cinq contre quatre, qu’on verra plus d’Enfans mâles que femelles dans tous les Billets qui nous instruisent chaque Semaine du nombre d’hommes, qui dans cette Ville sont entrez dans le monde, & qui en sont sortis. C’est là à mon avis un des argumens les plus forts, pour prouver la réalité de la Providence Divine.

Il y a encore des accidens, & des desastres particuliérement attachez à chaque rang, à chaque maniére de vivre. Cette vérité d’expérience donna un jour occasion à un de mes amis de dire, qu’il y auroit peut-être quelque chose de nouveau & de divertissant dans un Billet mortuaire qui nous informeroit des maladies, dont on meurt dans les Villages. Je communiquai cette idée à un Gentilhomme, qui étoit sur le point de partir pour sa Terre ; & je le priai [108] de faire un recueil de toutes les morts differentes, qui arriveroient dans son voisinage, pendant une année entiere, & de m’envoyer ce recueil dressé précisément comme un des Billets en question ; il me le promit, & le Lecteur va voir, qu’il s’est parfaitement bien acquitté de sa promesse. Afin de rendre cette Piéce plus curieuse, il a mêlé aux maladies réelles, quelques accidens imaginaires, auxquelles Villageois sont accoûtumez d’attribuer la mort de leurs Parens, & de leurs Voisins. Je n’en veux extraire que les maladies, qui sont particuliéres à la Campagne, en laissant là celles, qu’elle a en commun avec le Villes ; telles sont les Fiévres, les Apoplexies, les petites Veroles, &c.

Nível 3► De differens accidens à la Chasse. 4

De deux Duels ; le premier entre une Fourche,
& une Lechefrite, l'autre entre un Pot à Bière,
& une Escahelle. 2

De Sortilege. 13

D’une mauvaise Langue. 9

De s’être cassé le Col, en volant un Colombier. 1

D’une coupure dans le doit tournée en gangrene
par l’onguent [109] d’une Demoiselle du Village. 1

D’avoir fait des excès en Lait caillé & en Creme. 2

De Rhumatisme attrapé endormant à l’Eglise. 11

De l’Eau cordiale de Mylady N. 2

D’un coup de bouteille à la tête. 1

De frayeur causée par la vûë d’un Chien
sans tête, avec des yeux tout enflammez. 1

De la Biere d’Octobre. 25

D’une veine rompuë à force de crier dans
l’Election d’un Membre de 1a Chambre
des Communes. 1

Trois vieilles femmes accusées de Sortileges,
noyées dans l’Epreuve ordinaire, & par la
déclarées innocentes. 3

D’une chûte arrivée en voulant dénicher des
Oiseaux. 1

D’avoir mangé de la Chaux & du Fruit vert. 4

D’une chûte dans un Marais causée par un feu follet. 1

Morts de peur en faisant l’exercice militaire
avec les Milices de la Campagne. 1

De s’être crevé à manger à des Funerailles. [110] 1

Gueux mordus par le Dogue d’un Gentilhomme
de la Paroisse. 2

D’un Charlatan. 6

De son Jean-Farine. 1

Du Bain froid. 1

De Vieillesse. 100

Du mal Ven . . . 0 ◀Nível 3 ◀Nível 2 ◀Nível 1