Sugestão de citação: Justus Van Effen [Joseph Addison, Richard Steele] (Ed.): "Discours CVIII.", em: Le Mentor moderne, Vol.3\108 (1723), S. 37-53, etidado em: Ertler, Klaus-Dieter / Hobisch, Elisabeth (Ed.): Os "Spectators" no contexto internacional. Edição Digital, Graz 2011- . hdl.handle.net/11471/513.20.4367 [consultado em: ].


Nível 1►

Discours CVIII.

Nível 2► Comme la plûpart des hommes sont plus touchez des objets sensibles, que de ceux dont on ne sauroit juger que par raisonnement, ils donnent d’ordinaire dans de grandes erreurs, quand il s’agit de comparer ces objets de différente nature ; on trouve un exemple frapant de cette vérité dans l’opinion généralement reçûë, que les gens dévouez à l’Etude & à la Contemplation, sont membres moins utiles de la Société, que ceux qui menent une vie active. Metatextualidade► Je tâcherai de faire voir ici, que ce sentiment n’est pas si bien fondé qu’il le paroît d’abord, & pour cet effet je vai peser les différens mérites d’une vie spéculative, & d’une vie, dont [38] toute l’activité se répand au dehors. ◀Metatextualidade

Les avantages qu’on tire des travaux d’un Politique ou d’un Général, sont bornez à un terrain de petite étenduë ; & ces hommes, qui font une figure si brillante dans le monde ne procurent jamais du bien à l’Etat, qu’ils servent, qu’aux dépens de quelque autre Etat. Mais les lumiéres de l’esprit, qui ont leur source dans l’occupation paisible du Cabinet, ne sont point limitées par les Frontiéres d’un Royaume ou d’un Empire ; elles s’étendent sur tout le Genre-Humain, toute nôtre espéce peut les mettre à profit. D’ailleurs, il n’y a que la réputation des personnes actives qui parvienne à la Posterité ; leurs célébres Exploits, & leurs intrigues rafinées meurent avec eux, ou du moins ne leur survivent pas long-tems : le souvenir seul en subsiste. Les Hommes spéculatifs au contraire sont encore les Bienfaiteurs de leur Païs, & du Monde entier plusieurs milliers d’années après le trépas. . . Leur mérite reste toûjours attaché à leur renommée ; le Genre-Humain leur doit par conséquent une réputation éternelle, qu’il ne faut considérer que comme un Don gratuit, quand on l’accorde à ceux qui ont été, pour ainsi [39] dire, ensévelis avec leurs qualitez utiles au Public.

Quels avantages tirons-nous à présent des Actions glorieuses d’Alexandre & de César, pour continuer à en faire la matiére constante de nos éloges ? Pourquoi sommes-nous si avares en Panegyriques à l’égard de Pythagore, quoi qu’on puisse dire avec vérité, que dans ce Siécle même nous lui sommes redevables de nôtre Commerce, & de nos richesses ? Metatextualidade► Ce que j’avance ici aura sans doute un air de Paradoxe pour la plûpart de mes Lecteurs, mais la remarque suivante les fera revenir de leur étonnement ; ◀Metatextualidade c’est Pythagore, qui trouva la 47. Proposition du premier Livre d’Euclide. Elle est la base de toute la Trigonometrie, & par conséquent de la Navigation, de laquelle dépendent le Commerce & la Richesse de la Grande-Bretagne.

Les Mathématiques servent, avec tant d’étenduë, de soûtien, & d’ornément à la vie humaine, que l’illustre Monsieur Temple reconnoît dans un de ses Ouvrages, qu’elles sont la source de tout ce qui distingue avantageusement les Nations policées d’avec les Peuples Barbares. Si nous avons de si grandes obligations à des Sciences, dont le but [40] principal est borné à des avantages corporels, quelle idée aurons-nous de celles qui forment nos ames à la vertu, qui ouvrent devant nos yeux la perspective d’une vie éternelle, qui nous égayent par les plus belles espérances, & qui remplissent nos cœurs de sentimens grands & sublimes, dignes de l’excellence de notre nature ?

Les plus grands Bienfaiteurs du Genre-Humain ont été certainement ces Sages de l'Antiquité, qui ont enrichi nôtre ame des plus belles idées de la Morale, en nous communiquant leurs réfléxions sur la nature de la Vertu & du Vice, sur la Providence, sur la Dignité & sur l’Immortalité des Etres intelligens. Les Gens sensez & vertueux conserveront toûjours pour ces grands Hommes la plus parfaite estime, & la vénération la plus profonde, au milieu des acclamations bruiantes, dont la multitude honore les Perturbateurs du repos de l’Univers, les Meurtriers du Genre-Humain.

Je viens de tracer, si je ne me trompe, le véritable caractére de ces personnes, dont le grand but est la recherche des véritez utiles & qui trouvent dans la réussite de cette recherche la [41] plus grande satisfaction, dont un Etre intelligent puisse être susceptible. J’ai cru que c’étoit-là le vrai moyen de rectifier les idées de ceux qui jugent du mérite par du bruit, & par des apparences extérieures, & qui ne sont que trop sujets à avilir & à tourner en ridicule les Hommes qui passent leur vie dans un repos laborieux. Rien de plus indigne & de plus méprisable que les railleries, dont ils sont accablez par des gens, qui ne menent qu’une vie animale, & qui font voir par leur conduite, qu’on n’est pas encore suffisamment persuadé dans le monde, qu’il n’y a rien de beau & de grand, qui n’ait son principe dans la Raison. Rien de plus salutaire par conséquent, que de donner une notion exacte du vrai mérite, & d’arracher par là d’un indigne mépris, ceux qui doivent être les objets de notre estime & de nos respects.

Les personnes mêmes, qui se contentent d’aimer & de connoître la vérité, sans communiquer leurs découvertes aux autres, doivent être considérez comme dignes membres de la Société, quand on compare la tranquille innocence de leur vie à l’activité tumultueuse de ceux que la fraude, & le crime [42] portent à des mouvemens perpétuels. Les premiers, j’en conviens, ne sont utiles qu’à eux-mêmes, & une République composée de gens toûjours renfermez dans leurs propres réfléxions, sans les destiner à l’utilité de leur prochain, seroient une République très-malheureuse, & incapable de se soûtenir. Mais ils sont en très petit nombre, au lieu qu’il y a une prodigieuse multitude de gens dont l’activité inquiéte, ne tend qu’à la destruction de la Société.

La Sagesse de la Providence, dont on voit par tout d’évidentes preuves, éclate encore en ceci, que les personnes dévouées aux opérations de l’esprit, sont trés rares, à proportion de ceux qui bornent toute leur activité à l’exercice de leurs Facultez corporelles. Il faut un nombre infini de mains pour fournir à des besoins, qui regardent nos corps, & qui se renouvellent tous les jours ; l’utilité des travaux méchaniques est extrêmement limitée par le Tems, & par le Lieu ; mais l’utilité des travaux de l’esprit est aussi genérale que durable. Platon & Euclide jouïssent d'une espéce d’immortalité ; ils sont encore les Professeurs du Genre-Humain.

[43] Si le Service le plus étendu, & le plus permanent, qu’on puisse rendre aux hommes, consiste à éclairer leur esprit, & à régler leur volonté, rien ne sauroit être plus avantageux, que l’Etablissement du Ministére de l’Evangile, qui est devenu l’objet du mépris d’un tas de Foux Spirituels. Un grand nombre d’hommes se consacre à l’étude des véritez les plus sublimes & les plus salutaires, dans le dessein de les communiquer au Genre-Humain, par des Discours, & par des Ecrits ; ces hommes nous informent de l’Existence & des Attributs de la Divinité ; ils remplissent nos ames de sentimens dignes d’un Etre formé pour une vie éternelle ; ils ne nous expliquent pas seulement la nature de chaque vertu, de chaque devoir, mais ils nous y portent encore par les motifs les plus puissans & les plus efficaces. Qu’y a-t-il de plus excellent ? Qu’y a-t-il de plus nécessaire ? Qu’y a-t-il de plus propre à entretenir l’ordre dans la Société ? En vérité, il n’y a qu’un Esprit-Fort, qui puisse avoir l’insolence, ou la folie, de jetter un ridicule sur une Institution si sage & si belle.

Ceux à qui une impertinente mode a inspiré un dégoût ineffaçable, pour les [44] termes de Religion, d’Eglise, de Prêtre, n’ont qu’à considérer la chose d’un autre point de vûë, Ils n’ont qu’à regarder les Ecclesiastiques comme autant de Philosophes, les Eglises comme des Ecoles, & les Sermons comme autant de Discours Académiques, destinez à éclairer & à étendre l’esprit d’un grand nombre d’Auditeurs. Quelle satisfaction n’auroit-ce pas été pour un Socrate, pour un Ciceron, de voir un pareil établissement ? Quelle haute idée n’auroient-ils pas euë d’un Peuple chez qui des sages Législateurs eussent établi des Philosophes, pour donner un jour de la Semaine des Leçons de Théologie & de Morale, dans plusieurs Auditoires érigez & entretenus aux dépens du Public ? Quel charme pour eux, de voir ces Auditoires ouverts pour les Sujets de tout rang, de tout âge, de tout Sexe ? Quel profond mépris n’auroient-ils pas marqué pour des gens capables de donner une Institution si salutaire, & d’en traverser de toutes leurs forces les heureux effets ?

Il est vrai qu’une certaine vile classe d’Auteurs, qui sont les plus coupables de cette extravagance criminelle, prétend que son unique dessein est de ré-[45]former l’Eglise, & qu’elle n’en veut pas au Clergé, mais aux vices du Clergé. Mais c’est là un prétexte, dont ces gens décourvent eux-mêmes toute la grossiereté ; ils ramassent d’ordinaire dans un seul monceau odieux toutes les actions choquantes des Ecclesiastiques exagerées, & placées dans le jour le plus hideux ; ils n’ont garde de les mettre en parallelle avec le mérite & l’excellent caractere de plusieurs Ministres de l’Evangile, qui ont été, & qui sont actuellement l’ornement & la gloire de l’Eglise, & de la Patrie. C’est là une preuve évidente de la mauvaise foi de ces Messieurs ; d’ailleurs ils sont si charmez de leurs opinions favorites sur ce qu’ils appellent liberté de penser, qu’elles leur échappent, quand ils y pensent le moins ; c’est par là qu’ils déchirent eux-mêmes le voile, qui cachoit leur veritable dessein, & qu’ils nous découvrent, que ce n’est qu’à cause de l’Evangile même, qu’ils haïssent les Ministres de l’Evangile.

Tous les Habitans de la Terre peuvent être rangez dans deux ordres généraux ; celui des honnêtes gens, ou des gens qui vivent en Gentilshommes, & celui des Ouvriers Mechaniques. Le pre-[46]mier est generalement reconnu pour plus honorable que l’autre, dont le seul nom porte avec lui une idée de bassesse. Je veux supposer que les hommes raisonnent juste à cet égard, mais je suis sûr qu’en mille occasions, ils se trompent lourdement, en voulant ranger les hommes, dans celle de ces deux classes, & à laquelle ils s’imaginent qu’ils appartiennent. L’Honnête-homme, l’homme qui vit noblement doit être préféré à l’Artisan, au Mechanique ; d’accord. Mais à qui convient le titre d’Honnête-homme ? à qui convient le nom d’Ouvrier Mechanique ? C’est là qu’il faut s’expliquer.

Les Philosophes distinguent deux parties dans l'homme ; la partie animale, & la partie raisonnable. Cette distinction est la seule, qui me paroisse propre à régler les rangs parmi les hommes de la maniere la plus generale, & à leur assigner la place dans les deux classes, dont il est question ici. De cette maniere l’honnête-homme, l’homme qui vit noblement, sera celui qui fait sa principale occupation d’exercer les facultez de son esprit, & l’on appellera Artisan, ou Mechanique, celui qui s’occupe par-[47]ticulierement à donner de l’exercice aux organes de son corps.

Ou la préférence qu’on donne dans le monde à l’honnête-homme sur le Méchanique, est mal fondée, ou bien elle a pour base le rang que la partie raisonnable doit avoir dans l’homme sur la partie animale. Cette superiorité est très réelle. La partie raisonnable est le sejour de l’intelligence & de la Sagesse ; elle est simple, pure, immortelle ; c’est en elle, que le Créateur a imprimé les marques les plus visibles de ses Divins Attributs. Nous y remarquons la même prééminence, si nous le considerons par rapport aux objets, sur lesquels elle s’exerce. Les operations Méchaniques, sont bornées à un Cercle étroit de choses basses & petites ; il n’en est pas ainsi de la Raison ; elle penetre jusqu’à la nature des Etres intelligens ; elle s’éleve jusqu’aux perfections de la cause premiere ; elle examine la nature de sa propre existence, elle en developpe le grand but, & découvre les moyens les plus naturels & les plus sûrs d’y parvenir.

Supposé même que cette noble faculté daigne se déployer sur des objets plus vils & plus communs, son action [48] n’est point du tout semblable, à celle des organes ; elle n’est point lente, penible, attachée à une seule face de ces objets. Elle en examine tous les differens côtez presque tout à la fois, & en les comparant aux matieres, qui paroissent en être les plus éloignées, elle force ce qu’il y a de plus bas à répandre du jour sur les sujets les plus élevez & les plus sublimes. Un vermisseau la transporte aux reflexions les plus importantes, & elle les fait faire succeder les unes aux autres, avec toute la rapidité imaginable. Ce n’est pas tout, l’adresse des mains, quelque grande qu’elle soit, ne sauroit se faire valoir dans un seul instant indivisible, que sur un seul individu, au lieu que la raison par un seul acte embrasse des Especes entieres.

Disons plus ; non seulement la partie raisonnable est plus noble que la partie animale, & par sa nature, & par ses operations ; elle lui est encore superieure en dignité & en charge, s’il m’est permis de me servir de cette expression ; elle dirige, elle commande ; l’autre obéit, & execute : Les Maçons, qui manient les materiaux, & qui les mettent dans leur place paroissent être les Causes d’un Edifice ; cependant sa pro-[49]portion & sa beauté ne sont dûës qu’à l’Architecte, qui en a tracé le plan dans son Cabinet. De la même maniere tout ce qui dans la Nature sent la regularité & le dessein, procede de nécessité de quelque principe intelligent ou raisonnable, qui forme les projets, que les corps mettent en execution.

La verité de ces observations saute aux yeux, & cependant elle échape à la plûpart des hommes, qui uniquement occupez de la figure & des mouvemens des corps, n’ont pas le loisir de cultiver leur ame, & de suivre l’esprit dans ses operations.

Cette difference entre la partie animale & la partie raisonnable de l’homme est donc très réelle, & comme j’ai déja dit, elle seule peut fonder la distinction entre les honnêtes-gens, & les Ouvriers méchaniques. Il s’ensuit, qu’un homme peut avoir un grand nombre de nobles Ancêtres, être bien élevé, & porter de beaux habits sans être en droit de se ranger dans l’ordre des honnêtes-gens. Il est possible, qu’avec tous ces avantages de la naissance & de la fortune, il ne soit qu’un Ouvrier Méchanique. Sa condition dépend de sa conduite ; on est, selon ma definition, [50] dans la classe des Artisans, des Ouvriers Méchaniques, lors qu’on fait la principale occupation de donner de l’exercice aux organes du corps, n’importe, où ils soient placez, dans les yeux, dans les doigts, dans les pieds, ou dans les muscles du visage. Le mouvement corporel fait l’Ouvrier méchanique, comme la pensée & la reflexion font l’honnête-homme.

Je déclare donc par ces presentes à tous mes Lecteurs de quelque Sexe, & de quelque condition qu’ils soient, que desormais on mettra dans la classe la plus vile toute Créature humaine qui fait sa grande occupation de lorgner, de remuer l’Eventail, de s’habiller, de faire des reverences, & d’arranger devant un Miroir les traits de son visage. Il ne sera permis de placer dans le premier ordre, que ceux qui employeront les facultez de l’ame à la recherche de la Verité, & à la pratique de la Vertu, & ce sera le degré de réussite dans cette noble entreprise, qui réglera parmi eux les rangs.

Tous les autres Individus de notre espece appartiennent à la Classe Méchanique, avec cette difference pourtant, que les Ouvriers de profession, qui ne se pi-[51]quent pas de vivre noblement, & qui se renferment dans leur métier, sont absolument nécessaires dans une République bien réglée ; au lieu que ces autres Ouvriers, qui veulent se confondre avec les Honnêtes-gens, & qui se font un merite de leur inutilité, doivent être regardez comme les fardeaux d’un Etat.

Il me reste encore à parler d’une certaine espece de Machines, qui ont tout l’exterieur de veritables hommes, sans en posseder les qualitez essentielles ; ce sont nos Esprits-forts, qui se font une gloire de déclarer eux-mêmes, qu’ils ne sont point animez par un esprit, ou par un Etre immateriel, mais que toute leur activité procede de la figure & du mouvement de certains petits corpuscules, qui se choquent d’une certaine maniere ; il y a déja long-tems que je suis leur Proselyte, par rapport à cette opinion, & la verité m’en paroît tellement incontestable, que je vais tâcher d’en convaincre les autres ; ce qui ne sera pas bien difficile.

L’Ame étant un Etre invisible, il n’est pas possible de se persuader de son existence, que par les effets qu’elle produit ; tout Ouvrage où l’on trouve de l’ordre, de la symetrie, du dessein, mar-[52]que évidemment une Cause intelligente ; au lieu que toute production destituée de ces qualitez a le sceau de la necessité, ou du Hazard. Or je demande à tous ceux, qui ont lû avec quelque attention les Livres de nos Libertins, s’ils n'y trouvent pas plûtôt l’empreinte du Hazard ou d’une espece de Mechanisme aveugle, que le Caractere d’un Etre qui pense, & qui refléchit. Qu’en faut-il conclure, sinon que les Auteurs de ces Rapsodies ne sont que de pures Machines ?

On peut prouver évidemment la même chose par la simple consideration de la These de ces Messieurs. Ils soûtiennent que tout ce qui se passe dans leur cerveau est purement corporel ; par conséquent ils n’ont pas seulement une notion de la pensée, & pourquoi n’en ont-ils pas la moindre notion ? C’est que réellement ils ne pensent pas, car il est impossible de penser, & de ne pas sentir la difference qu’il y a entre le mouvement & la pensée. Il faudra donc les traiter desormais comme de veritables Automates, & comme de certains Composez d’Os, de Nerfs, de Muscles, d’Arteres, de sang, & d’esprit animaux. Leurs actions sont de [53] la même nature que celles des Marionettes, mais plus criminelles ; ils ne sont machines, que parce qu’ils le veulent bien, & qu’ils ont exilé de leur cerveau le Principe intelligent & immateriel, qui préside aux actions des hommes veritables. ◀Nível 2 ◀Nível 1