Le Mentor moderne: Discours LI.

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Discours LI.

Citação/Lema

- Primoque, a cæde ferarum,
Incaluisse putem maculatum sanguine ferrum.

Ovid.

Je crois qu’à force de répandre le sang des bôtes le fer meurtrier s’est alteré de celui des hommes.

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Je ne croi pas donner dans une chimere, en me mettant dans l’esprit, que les hommes sont aussi responsables de l’abus qu’ils font de leur empire sur les brutes, que de la Tyrannie qu’ils exercent sur leurs semblables. Plus notre pouvoir sur les animaux d’un ordre inférieur est absolu & despotique, & plus nous sommes obligez, ce me semble, de les gouverner avec sagesse, & avec bonté. Ce qui ajoute encore de la force à cette considération, c’est le sort même des brutes ; desquels il a plu au Créateur de nous distinguer d’une maniere si avantageuse, & qui par leur nature sont incapables d’être dédommagés dans une autre vie de ce qu’on leur fait soufrir dans celle-ci. Il est très remarquable que les Bêtes féroces, dont la force nous pourroit être si pernicieuse, évitent naturellement les hommes, à moins que nos armes mêmes ou la violence de la faim ne les animent contre nous. Pour nous, nous allons suivre les traces des animaux sauvages les moins nuisibles, nous leur déclarons la guerre, & nous faisons tous nos efforts pour les détruire. Montagne observe, comme une particularité qui ne fait gueres honneur à l’homme, que peu de gens se plaisent à voir les bêtes se caresser ou badiner ensemble, & que le grand nombre se fait un délice de la rage avec laquelle elles se déchirent les unes les autres. Je suis mortifié de ce que cette remarque soit plus applicable à notre Nation, qu’à toute autre, & que les étrangers trouvent généralement répandu parmi nous, le Caractere indigne de nous faire le spectacle le plus charmant des combats cruels où nous engageons les pauvres brutes. Il est certain que nous aurions bien de la peine à justifier, au tribunal de la raison, la liberté que nous nous donnons, de détruire le moindre animal, par un simple principe de Petulence. Nos enfans néanmoins sont élevez dans ce principe afreux ; & un des premiers plaisirs, que nous leur permettons, c’est de faire soufrir les animaux, qui ne leur ont rien fait, & qui leur sont inferieurs en force ou en malice. A peine sentons nous nous mêmes ce que c’est que la vie, que nous trouvons un lache plaisir à l’ôter a d’autres créatures. Les Enfans ne laissent pas d’avoir en general du penchant pour les animaux, avec lesquels ils aiment à badiner, faute de connoitre encore les divertissemens qui conviennent à un âge plus mur. Les oizeaux sur-tout leur plaisent extraordinairement, & il seroit aizé de leur rendre utile cette espece de foiblesse. Monsieur Locke nous le fait voir, par l’éxemple d’une Mere, qui donnoit à ses fils autant d’oizeaux, qu’ils en pouvoient souhaiter ; mais, qui les récompensoit, ou les punissoit, selon qu’ils traittoient ces pauvres bêtes, avec douceur, ou avec inhumanité. Par là, elle formoit ses Enfans à la bonté par un éxercice continuel, & faisoit de leur amusement une route sure à la vertu. Il y a certains animaux, qui, sans aucune raison imaginable, sont traittez comme les ennemis communs du Genre-humain. Le Proverbe Anglois, qui donne neuf vies à un Chat, coute la vie à neuf d’entre dix de ces bêtes : à peine y a-t-il un seul Polisson dans nos rues, qui à cet égard n’ait effacé les travaux d’Hercule, qui s’est acquis tant de Réputation en tuant un monstre, dont la vie n’étoit que triple. Je ne sai, au reste, si c’est notre animosité terrible contre cet utile Domestique, qui nous porte à persécuter avec tant d’ardeur les Hiboux, qui sont une espece de Chats emplumez ; ou bien si c’est la haine déraisonnable, que la mode nous inspire pour toutes les Phisionomies graves & serieuses. Quoique ce dernier motif paroisse assez vraisemblable, je suis pourtant plus tenté de me déclarer pour l’autre, parce que je remarque que la seule raison pourquoi l’on travaille avec tant de zêle à la destruction des Grenouilles, c’est la ressemblance qu’elles ont malheureusement avec les Crapeaux. C’est encore un bonheur pour tous ces animaux disgraciez, au milieu de tant de desastres qui les accablent, que jusqu’ici nous n’aions pas eu encore la fantaisie de les manger. Si une fois nos compatriotes se mettent dans l’esprit de rencherir sur le Cuisinier François, le Ciel fait à quelle barbarie sont réservez les Chats, les Hiboux, & les Grenouilles. A proportion que nous avançons en âge notre cruauté naturelle devient, pour ainsi dire, plus virile ; & le divertissement sanguinaire de la chasse succede à l’inhumanité enfantine. Je n’ôserois me déclarer contre un plaisir appuié par la coutume de tant de siecles, & par les éloges d’un si grand nombre de fameux Auteurs ; mais, on me permettra bien de dire, que selon moi, il n’y a que les mouvemens tumultueux qui accompagnent cet exercice, soutenus de l’exemple, qui nous empechent d’entendre les reproches, par lesquels notre propre raison tache de nous inspirer de la compassion pour les bêtes, contre lesquelles on unit la force à la ruse. Je n’avancerai pas avec M. Fleuri, que ce divertissement est un reste de la Barbarie Gothique ; mais, je ne saurois m’empecher de m’arrêter un peu sur une coutume, qui regne encore parmi nos Chasseurs, & qui m’a assez l’air de tirer son origine des Scythes, qui passent chez certains savants pour nos dignes Ancêtres. Quand une Dame de qualité se trouve présente à la mort de la bête, une politesse farouche oblige nos chasseurs de lui présenter le couteau, & de la prier de vouloir bien couper la gorge au Cerf ensanglanté,

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Qui semble par ses cris, prêt à finir ses jours, De la pitié du sexe implorer le secours.
Si nos plaisirs sont cruels, notre friandise l’est encore d’avantage ; & je me trompe fort, si elle ne place notre inhumanité dans son jour le plus afreux. Se peut-il une volupté plus barbare, que de procurer à un palais dégouté des mets tendres & délicats, en faisant mourir des Porcs à coup de fouet, & en grillant des écrevices tout en vie ? Ce sont pourtant là d’infames échantillons de notre cruauté ingénieuse, qui doit faire horreur à tous ceux, qui n’y ont pas familiarisé leur imagination. Ceux qui, comme s’exprime Seneque, partagent leur vie, entre les remords d’une conscience alarmée, & les dégouts d’un palais usé ; trouvent la punition de leur friandise bisarre dans les tristes effets, qu’elle cause elle-même : semblables aux autres bêtes Féroces, ils rencontrent des pieges dans leurs alimens, & par les rafinements de leur gout ils deviennent leurs propres Meurtriers, ou, pour mieux dire, leurs propres Bourreaux. Y a-t-il un plus hideux spectacle que celui, qui frappe la vue, lorsqu’on entre dans les cuisines de nos gens, qui se piquent d’avoir un gout à la mode ? On n’y découvre que des ruisseaux de sang, & des animaux de toutes sortes, qui expirent sous les mains de ceux qui leur donnent la torture ; & on les prendroit pour ces Cavernes de Géants, que les Amadis nous représentent, comme couverts des membres encore palpitants de ceux qu’on venoit d’immoler à la fureur de ces Barbares. Plutarque, qui dans ses ouvrages nous donne plus de marques d’un bon naturel qu’aucun autre Auteur de l’Antiquité, nous a laissé une excellente réflexion sur ce sujet.

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Citação/Lema

Si nous avons, dit-il, la mauvaise honte de n’oser pas être humains, de peur de pecher contre la mode, que du moins notre cruauté ait de bornes, & qu’elle soit accompagnée de quelque moderation. Tuons des animaux puisque nous nous sommes accoutumez à faire dépendre notre vie de leur mort ; mais, en les tuant, ayons quelque pitié de leur triste condition, & ne nous donnons pas l’abominable plaisir de les laisser languir long-tems : Songeons, qu’il y a toujours une sorte de Dureté à détruire une créature vivante ; addoucissons la, autant qu’il est possible. Si ce ne sont pas des hommes, ce sont du moins des Etres, qui ont du sentiment, & une Espece d’intelligence.
Ce même auteur, en parlant de la severité de Caton le Censeur, laquelle dans sa vieillesse alloit jusqu’à la férocité, le blame extremement de la maniere, dont il traittoit ses bêtes, quand elles étoient incapables de lui rendre les services ordinaires, & voici le raisonnement dont il accompagne une Censure si bien fondée : « Les hommes devroient s’estimer heureux, de ce que l’humanité n’est pas renfermée dans les mêmes bornes étroites, qui renferment la simple justice. L’obligation d’être équitable, à l’égard de ceux qui sont hommes comme nous, est un devoir indispensable, qui sort de notre naturel même, & qu’on ne sauroit violer qu’avec répugnance ; mais, l’humanité, plus génereuse, & plus étendue, a pour objet tous les differents ordres de créatures vivantes, & descend même, jusqu’à celles qui passent pour les plus viles. La charité, qu’on exerce sur elles, est comme le débordement d’un excellent naturel qui se répand par l’Univers entier, & qui se prodigue à tout ce qui est au dessous de nous. Un bon cœur, par conséquent, a soin de ses chiens, & de ses chevaux, non seulement quand ils ne viennent que de naitre, & qu’il les menage pour une utilité future ; mais encore, quand, à force de lui rendre des services, ils sont devenus incapables de lui en rendre de nouveaux. » L’Histoire nous parle d’une Nation sage & polie, qui refusa la charge de juge à un homme de qualité, simplement parce que pendant son enfance il s’étoit fait un plaisir de déchirer ou d’écraser des oizeaux. Un autre peuple, également dévoué à l’humanité, chassa du Sénat un des Citoyens, à cause qu’il avoit jetté contre la terre un moineau, qui s’étoit réfugié dans son sein. Chacun sait jusqu’à quel dégré les Turcs ont porté de tout tems leur charité pour les brutes, & que generalement tous les Orientaux s’en font un devoir indispensable. On en trouve une preuve très sensible dans un Auteur Arabe, qui a voulu faire voir jusqu’où un homme, qui passeroit sa vie dans un desert sans jamais voir aucune Créature humaine, pourroit se pousser dans la connoissance de la Morale, en faisant attention aux objets dont il seroit environné. Une des prémieres Réflexions, qu’il lui fait faire, roule sur la bonté generale que la Nature fait paroitre pour tous ses ouvrages, en les protégeant & en empechant leur destruction. Il en conclut que son Anachorête, à qui il suppose un bon cœur, & un esprit bienfait, se sentiroit d’abord du penchant à imiter cette conduite de l’être suprême ; & que le prémier devoir, que lui prescriroit sa Philosophie, seroit celui de secourir les animaux de tout son pouvoir, de subvenir à leurs besoins, & de soulager leurs miseres. On voit dans les Métamorphoses d’Ovide un morceau très bien tourné, & fort pathetique, qui me paroit assez applicable à notre sujet.

Citação/Lema

Quid meruistis oves, placidum genus, inque tegendos Natum homines, pleno quæ fertis in ubere nectar ?
Mollia quæ nobis vestras velamina lanas
Præbetis, vitaque magis, quam morte juvatis ?
Quid meruere boves, animal sine fraude dolisque,
Innocuum, simplex, natum tolerare labores ?
Immemor est demum, & frugum munere dignus,
Qui potuit, curvi demto modo pondere aratri
Ruricolam mactare suum. . . .
Quam male consuevit ! quam se parat ille cruori
Impius humano, vetuli qui guttura cultro
Rumpit, & immotas præbet mugitibus aures,
Aut qui vagitus similes puerilibus Hædum
Edentem jugulare potest. « En quoi nous avez-vous offensez, paisibles Brebis, vous qui nous prodiguez un Nectar aussi sain qu’agréables ; vous, dont la toison nous fournit de quoi nous défendre contre les injures de l’air ; vous, qui nous êtes plus utiles par votre vie, que par votre mort ? Par quel crime les bœufs ont-ils pu s’attirer notre colere, animal doux, & sans malignité, qui ne paroit né, que pour nous décharger des plus rudes Travaux ? Malheureux cet homme, indigne de jouïr des fruits de la terre, qui par la plus noire ingratitude a pu se résoudre le premier à égorger un taureau, dans le moment même qu’il lui avoit ôté le joug, sous lequel il venoit de labourer les campagnes de son indigne maître ! N’est-ce pas se former à l’habitude la plus afreuse ? N’est-ce pas se préparer à répandre le sang humain, que de plonger le fer dans le sein d’une jeune genisse, en fermant l’oreille à ses mugissemens, & d’égorger un chevreau, dans le tems qu’il pousse des cris si semblables aux cris enfantins ?
Que sait-on, en effet, si ces cris d’un si grand nombre d’animaux, qui a tant de rapport à certains sons de la voix humaine, ne leur a pas été donné par l’être suprême, pour exciter notre pitié, & pour prévenir les cruautez, que nous aimons tant à exercer sur des êtres, qui sortent de la main du Créateur aussi bien que nous. Il est certain, du moins, que ces sentimens de barbarie ne répondent pas au but de Dieu, & à sa conduite à l’égard des animaux destituez de raison. Quand, dans le livre de Jonas, il exprime la répugnance qu’il sent à détruire Ninive, il se sert de ces termes dignes de remarque ; N’épargnerois-je pas Ninive, cette grande Ville, où il y a plus de six vingt mille personnes, & une si grande quantité de bétail ? Cette même bonté étendue de la Divinité paroit dans une Loi du Deuteronome, appuyée, comme les Loix de la plus grande importance, sur la promesse des Bénedictions temporelles.

Citação/Lema

Si vous rencontrez en votre chemin un Nid d’oiseaux, vous ne prendrez pas la Mere avec les Petits, vous la laisserez aller absolument, si vous voulez prospérer, & que vos jours soient prolongez sur la terre.
Notre propre raison nous enseigne, ce me semble, suffisamment, que nous devons une certaine reconnoissance aux animaux, qui sont, pour ainsi dire, nos bienfaiteurs. Pour ceux, qui sont nuisibles à l’homme, & qui ne sont pas destinez par cela même au moindre commerce avec nous, nous sommes en droit de les détruire, par un principe d’amour légitime pour nous-mêmes ; mais, je suis persuadé, que nous n’avons aucun droit sur la vie de ceux, qui ne nous font ni bien ni mal, & que nous sommes obligez de leur procurer les agremens qui sont du ressort de leur condition. La plupart des Réflexions, qu’on vient de voir sont mises dans le jour le plus agréable par Pilpai fameux Auteur de Fables Indiennes, & l’Esope de cette partie de l’Orient.

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Fábula

« Un homme vit une Couleuvre. Ah ! méchante, dit-il, je m’en vais faire une œuvre
Agreable à tout l’univers.
A ces mots, l’animal pervers,
(C’est le Serpent que je veux dire,
Et non l’homme ; on pourroit aizement s’y tromper : )
A ces mots, le Serpent se laissant attrapper
Est pris, mis dans un sac, & ce qui fut le pire,
On résolut sa mort, fut-il coupable ou non.
Afin de le payer toutefois de raison,
L’autre lui fit cette harangue :
Symbole des ingrats ! être bon aux méchants,
C’est être sot ; meurs donc : ta Colere & tes dents
Ne me nuiront jamais. Le serpent en sa langue
Reprit du mieux qu’il put. S’il falloit condamner
Tous les ingrats qui sont au monde,
A qui pourroit-on pardonner ?
Toi-même tu te fais ton procez. Je me fonde
Sur tes propres leçons : jette les yeux sur toi.
Mes jours sont en tes mains ; tranche-les : ta justice
C’est ton utilité, ton plaisir, ton caprice.
Selon ces Loix condamnes moi ;
Mais trouve bon, qu’avec franchise
En mourant au moins je te dise,
Que le symbole des ingrats
Ce n’est point le serpent, c’est l’homme.
Ces paroles
Firent arrêter l’autre. Il recula d’un pas :
Enfin, il repartit, Tes raisons sont frivoles :
Je pourrois décider ; car, ce droit m’appartient.
Mais, rapportons-nous en. . . Soit fait, dit le reptile.
Une Vache étoit-là. L’on l’appelle, elle vient ;
Le cas est proposé, c’étoit chose facile.
Falloit-il pour cela, dit-elle, m’appeller ?
La Couleuvre a raison : Pourquoi dissimuler ?
Je nourris celui-ci depuis longues années ;
Il n’a sans mes bienfaits passé nulles journées.
Tout n’est que pour lui seul, mon lait & mes Enfans
Le font à la maison retourner les mains pleines :
Même, j’ai rétabli sa santé, que les ans
Avoient altérée ; & mes peines
Ont pour but son plaisir, ainsi que son besoin.
Enfin, me voila vieille ; il me laisse en un coin
Sans herbe. S’il vouloit encor me laisser paitre,
Mais, je suis attachée ; & si j’eusse eu pour maitre
Un Serpent, eut-il su jamais pousser si loin
L’ingratitude ? adieu : j’ai dit ce que je pense.
L’homme, tout étonné d’une telle sentence,
Dit au serpent, Faut-il croire ce qu’elle dit ?
C’est une radotteuse : elle a perdu l’esprit.
Croyons ce Bœuf. Croyons, dit la rampante Bête.
Ainsi dit, ainsi fait : le Bœuf vient à pas lents.
Quand il eut ruminé tout le cas dans sa tête,
Il dit, que du labeur des champs
Pour nous seuls il portoit les soins les plus pésants,
Parcourant sans cesser ce long cercle de peines,
Qui revenant sur soi ramenoit dans nos Plaines
Ce que Ceres nous donne, & vend aux animaux ;
Que cette suite de travaux
Pour récompense avoit de tous tant que nous sommes
Force coups, peu de gré. Puis, quand il étoit vieux,
On croyoit l’honorer chaque fois que les hommes
Achetoient de son sang l’indulgence des Dieux.
Ainsi parla le Bœuf. L’homme dit, Faisons taire
Cet ennuieux Déclamateur.
Je le recuse aussi. L’Arbre étant pris pour Juge,
Ce fut bien pis encor : Il servoit de refuge
Contre le chaud, la pluie, & la fureur des vents ;
Pour nous seuls il ornoit les jardins, & les champs ;
L’Ombrage n’étoit pas le seul bien, qu’il sut faire,
Il courboit sous les fruits. Cependant, pour salaire,
Un Rustre l’abbatoit : c’étoit là son Loyer,
Quoique pendant tout l’an liberal il nous donne
Ou des fleurs au Printems, ou du fruit en Autône,
L’Ombre l’Eté, l’Hyver les plaisirs du foyer.
Que ne l’émondoit-on, sans prendre la Cognée ?
De son temperemment il eut encor vécu.
L’Homme, trouvant mauvais, que l’on l’eût convaincu,
Voulut à toute force avoir cause gagnée.
Je suis bien bon, dit-il, d’écouter ces gens-là !
Puis, décidant tout seul le cas selon sa tête,
Du sac & du serpent aussi-tôt il donna
Contre les Murs, tant qu’il tua la Bête. »