Zitiervorschlag: Anonym (Hrsg.): "L. Discours", in: Le Spectateur ou le Socrate moderne, Vol.6\050 (1726), S. 313-317, ediert in: Ertler, Klaus-Dieter / Fischer-Pernkopf, Michaela (Hrsg.): Die "Spectators" im internationalen Kontext. Digitale Edition, Graz 2011- . hdl.handle.net/11471/513.20.1620 [aufgerufen am: ].


Ebene 1►

L. Discours

Zitat/Motto► Qui purè tranquillet, honos, an dulce lucellum,
Au secretum iter, & fallentis semita vitae.

Hor. Lib. I. Epist. XVIII. 102.

Enfin ils vous feront connoitre si les honeurs, la vie privée, ou la douceur qu’on sent à faire profiter son argent, nous rendent parfaitement heureux. ◀Zitat/Motto

Metatextualität► La Vertu fait la véritable Grandeur de l’Homme. ◀Metatextualität

Ebene 3► Ebene 2► Brief/Leserbrief► Mr. le Spectateur,

Vous avez observé dans 1 quelcun de vos Discours que la veritable Grandeur ne se trouve pas au milieu [314] de la Pompe & du bruit où la plûpart des Hommes la cherchent. Vous y ajoutez que la Vertu cachée dans l’obscurité paroit souvent plus illustre aux yeux des Etres superieurs, que tout ce qui passe pour grand & magnifique dans l’esprit du monde.

Lors que nous lisons l’Histoire de ceux qui ont porté les glorieux titres de Rois, de Ministres d’Etat ou de Genéraux, ils nous paroissent dépouillez de tous ces ornemens exterieurs qui éblouissoient les yeux de leurs Comtemporains, & nous les trouvons grands ou petits, dignes ou indignes de notre estime, à proportion de la noblesse de leurs Vertus ou de l’énormité de leurs Vices. Les sages maximes, les beaux sentimens, & la conduite desinteressée d’un Philosophe, au milieu d’une fortune très-modique, l’élevent plus haut dans notre estime que les plus grands Potentats de la terre, lors que nous les considerons, lui & les autres, à travers un éloignement de plusieurs siécles. Si les Mémoires d’un Homme qui a vêcu dans l’obscurité, mais aussi d’une maniere digne de sa Raison, & conforme aux Regles de la Vertu, étoient exposez à nos yeux ; nous ne trouverions rien dans ce Ca-[315]ractére qui ne le pût mettre à niveau des Personnes les plus élevées. L’Extrait suivant des Papiers manuscrits d’un honête Gentilhomme de la Campagne donneront un nouveau jour à ma Thése, peut-être que vos Lecteurs se formeront une idée plus avantageuse de lui à cause de ces actions faites en secret & sans témoin, que de ceux qui se sont attiré l’admiration de la multitude.

Ebene 4► Mémoire.

Fremdportrait► A l’âge de 22. ans, je sentis une violente passion pour la Femme de mon Cousin Charles, & peut-être que j’aurois eu le malheur de réussir, si à cause de cela-même je n’avois entrepris d’aller voir les Païs etrangers.

Peu de tems après mon retour en Angleterre, j’eus une entrevûe avec mon Oncle François . . . . . qui vouloit me donner tout son Bien ; mais je le refusai & j’obtins de lui qu’il ne desheriteroit pas son Fils Edouard.

N. B. II faut se souvenir de ne dire jamais cette particularité à mon Cousin Edouard de peur qu’il n’eût mauvaise opinion de feu son Pere, quoi qu’il parle toujours mal de moi à cette occasion.

[316] Afin de prévenir un Procès scandaleux entre mon Neveu Henri * * * & sa Mere, j’alouë à celle-ci, sous main & de mon propre argent la somme annuelle, qui causoit leur dispute.

J’ai procuré un Benefice à un jeune Homme, parce qu’il étoit Néveu de mon honête Précepteur, qui est mort depuis une vingtaine d’années.

Donné dix Livres sterlin a la pauvre Mlle * * * Veuve de mon Ami H . . . . . 

N. B. II faut se souvenir de retrancher un plat de ma table, jusqu’à ce que j’aie recouvré cette Somme.

N. B. Je ne dois pas oublier non plus de reparer ma Maison & de finir mes Jardins pour emploїer les pauvres Paїsans à ce travail après la Recolte.

Ordonné à Jean de relâcher, de nuit les Brebis du bon-Homme D . . . . . qui avoient été enfermées, pour avoir été prises en défaut, & de n’en rien dire à mes autres Valets.

Obtenu de Mr l’Ecuїer M. T. qu’il ne poursuivra pas en Justice le Fils du Fermier qui avoit tiré une Perdrix, & qu’il lui rendra son Fusil.

Paїé l’Apoticaire, pour avoir guéri une vieille Femme qui se croїoit Sorciere.

[317] Remis à la discretion d’un Mendiant mon chien favori qui l’avoit mordu.

Amené le Ministre de la Paroisse & un Juge à Paix Whig à la même opinion, après les avoir engagez tous deux à s’expliquer leurs idées.

N.B. II faut chasser Pierre de ma Maison, pour avoir tué une Daine d’un coup de Pistolet pendant qu’elle mangeoit des Glands sur sa main.

Lorsque mon voisin Jean, qui m’a fait souvent tort, viendra demain pour me presenter sa Requête, je dois me souvenir que je l’ai pardonné.

Quitté mon Carrosse & vendu mes Chevaux pour être en état de secourir les Pauvres dans une disete de Grain.

Rabatu, cette même année, à mes Fermiers, un cinquiéme de la Rente qu’ils me doivent.

Lors que je me promenois aujourd’ui (sic), il m’est venu une pensée dans l’Esprit qui m’a rempli le cœur de joie, & je me flate qu’elle aura une heureuse influence sur moi le reste de mes jours.

N. B. Il faut ordonner à mon Fils, en particulier, de ne m’ériger aucun Monument après ma Mort ; mais je n’en dois rien dire dans mon Testament. » ◀Fremdportrait ◀Ebene 4 ◀Brief/Leserbrief ◀Ebene 3 ◀Ebene 2 ◀Ebene 1

1C’est le XL.