Sugestão de citação: Anonym (Ed.): "III. Discours", em: Le Spectateur ou le Socrate moderne, Vol.5\003 (1723), S. 15-22, etidado em: Ertler, Klaus-Dieter / Fischer-Pernkopf, Michaela (Ed.): Os "Spectators" no contexto internacional. Edição Digital, Graz 2011- . hdl.handle.net/11471/513.20.1392 [consultado em: ].


Nível 1►

III. Discours

Citação/Divisa► Ego, apis Matinæ
More modóque,
Grata carpentis thyma per laborem
Plurimum, circa nemus, uvidique
Tiburis ripas, operosa parvus
Carmina fingo.
Hor. L. IV. Ode II. 27.

Pour moi, dont le génie n’a rien de sublime, semblable à une Abeille qui, le long des Bois & des eaux de Tivoli, s’applique avec un fois tout particulier à recueillir ce que le thin a de plus doux, ce n’est qu’à force de travail & d’étude que je compose quelques vers. ◀Citação/Divisa

Metatextualidade► Lettre allegorique sur l’Education, l’étude des Langues, la Poësie & les Ecrits de différentes Nations. ◀Metatextualidade

Nível 2► Metatextualidade► Les Lettres suivantes contiennent des réflexions qui paroitront de quelque conséquence pour les Savans, & pour ce qui regarde la vie domestique. Il y a dans la premiere une Allégorie si bien poussée, qu’elle ne peut être que fort agréable à ceux qui ont du goût pour ce qui est spirituel & joliment tourné. ◀Metatextualidade

Nível 3► Carta/Carta ao editor► Mr. le Spectateur,

Narração geral► « L’autre jour que je me promenois dans un beau Jardin, & que j’y observois l’infinie variété de progrès dans les Plantes & dans les Fleurs, au delà de celui où elles [16] auroient pû arriver sans la culture, je vins naturellement à réflechir sur les avantages de l’Education, & sur la maniere dont on s’y prend aujourd’hui. Combien de bonnes qualitez de l’Esprit, me disois je à moi-même, ne voit-on pas se perdre, faute d’un pareil soin & d’une égale adresse à les cultiver ? Combien de Vertus ne voi-ton pas étoufées, par la multitude des Herbes sauvages qu’on laisse croître avec elles ? Quels beaux talens ne voit-on pas tous les jours secher & devenir inutiles, pour être placez dan un mauvais terroir ? Qu’il est même rare que les semences de Vertu produissent le bon fruit que l’on en pourroit atendre, parce qu’on néglige de cultiver, d’émonder & de manier adroitement nos tendres inclinations & les principaux ressorts qui nous font agir ! Enfin ces speculations qui naissoient d’elles-mêmes m’entrainerent à concluire qu’il y a une sorte de Principe végétable dans l’Esprit de tous les Hommes lors qu’ils viennent au Monde. Dans les Enfans qui tetent, les semences demeurent enfevelies & cachées, jusqu’à ce qu’au bout de quelque temps elles poussent des Feuilles raisonnables, qui sont les Mots ; Dans une autre saison les Fleurs commencent à paroitre avec toute la diversité des couleurs les plus vives, & tous les traits enjouez d’une Imagination bouillante ; Le Fruit a qui se forme ensuite, est d’abord verd, acre, desa-[17]gréable au goût, & ne sauroit être cueilli, jusqu’à ce que meuri par le soin & la vigilance, il se découvre dans toutes les belles productions de la Philosophie, des Mathematiques, & d’un Raisonnement exact : Lors que ces Fruits sont parvenus à une juste maturité, & qu’ils sont d’une bonne sorte, ils fournissent à l’Esprit la nourriture la plus solide. Je reflechis de nouveau sur les Feuilles intellectuelles, dont j’ai dit un mot, & je trouvai qu’il y avoit presque autant de varieté entre elles, qu’il en paroit dans le Cercle des Vegetaux. J’y aperçus aisement les Feuilles souples & brillantes de L’Italien ; la legereté & le mouvement perpetuel de celles du Tremble François ; les Arbes toûjours verds des Grecs & des Latins, le Myrthe Espagnol, le Chêne Anglois, le Chardon d’Ecosse, le 1 Lotier d’Irlande, les feuilles épineuses du Houx Allemand & Hollandois, l’Ortie Polonoise & Russienne, outre une infinité de Plantes étrangeres venues d’Asie, d’Afrique & d’Amerique. Je vis plusieurs Arbres stériles, qui n’avoient que des Feuilles, sans aucune esperance de porter jamais ni Fleurs ni Fruit : Les Feuilles de quelques-uns étoient aromatiques & d’une forme reguliere, au lieu que celles des [18] autres étoient de mauvaise odeur & d’une forme irreguliere. Je m’étonnai de voir une troupe de vieux Botanistes bizarres, qui passoient toute leur vie à contempler quelques Feuilles seches qui viennent d’Egypte, du Païs des Cophtes, d’Armenie, ou de la Chine, pendant que d’autres s’occupoient à recueillir, dans des Herbiers plusieurs gros Volumes, toutes les Feuilles de quelque Arbre particulier. Les Fleurs divertissoient de la maniere du monde la plus agréable par la merveilleuse varieté de leurs figures, des couleurs, & des odeurs, quoi que la plupart séchassent bien-tôt, & qu’elles ne durassent tout au plus qu’une année. Quelques Fleuristes de profession en font leur étude continuelle, méprisent tous les Fruits ; on voit aussi de tems en tems un petit nombre de Bourrus qui emploient toute leur vie à cultiver une seule Tulipe, ou un Oeuillet carné : Mais le plus joli de tous les amusemens est de bien choisir ces Fleurs, de les mêler ensemble, & d’en faire des Bouquets pour les présenter aux Dames. On observe que l’odeur des Fleurs d’Italie, de même que celle de ses autres Parfums, est trop forte & qu’elle ofense le cerveau : que l’odeur de celles de France, quoi que chamarrées de diverses couleurs vives & éblouïssantes, est foïble & passagere ; que les Fleurs d’Alemagne & du Nord n’ont que peu ou point d’odeur, ou qu’elle est quelquefois [19] désagréable. Les Anciens avoient le secret de perpetuer la beauté, la couleur & la douceur de quelques-unes de leurs Fleurs exquises, qui ont conservé leur éclat jusques à ce jour, & que peu de Modernes ont l’art d’imiter. Ces Fleurs semées à propos font un assez joli effet, peuvent servir d’ornement d’un Festin ; mais lors qu’on les aime trop qu’on les prodigue, c’est une espece de maladie. Il est rare de trouver une Plante aussi vigoureuse que l’Oranger, & qui donne tout à la fois des Feuilles d’un beau Verd éclatant, des Fleurs d’une odeur agréable & un Fruit delicieux. ◀Narração geral Je suis &c. » ◀Carta/Carta ao editor ◀Nível 3

Metatextualidade► Lettre sur une Femme grondeuse. ◀Metatextualidade

Nível 3► Carta/Carta ao editor► Mon cher Spectateur,

« Vous nous avez donné en dernier lieu un excellent 2 Discours sur la force de la Coûtume, & le merveilleux effet qu’elle a de nous rendre tout agréable. Je ne saurois niér que je n’aie reçu pour plus de deux sols d’Instruction par la lecture de ce Discours, & qu’il ne soit bien de mon goût en général : mais sans compliment, j’ai de bonne foi quelque chagrin de voir que je ne puis croire avec vous que la Coûtume a la vertu de nous rendre tout agréable. Narração geral► En un mot, j’ai l’honeur d’être associé à une jeune Dame, qui est, en bon François, une des plus célèbres Grondeuses qu’il y ait pour son [20] âge. Deux Mois après que nous fumes ensemble, elle s’en donna librement au cœur joie avec moi & avec ses Domestiques ; & quoi que je sois accoûtumé à ce charivari depuis trois années, je ne sâi si c’est ma faute, mais je n’en suis pas plus à mon aise que je l’étois dès les premiers jours. J’ai raisonné là-dessus avec ses Parens, qui me disent tous que sa Mere & sa grand’ Mere étoient l’une & l’autre de cette humeur : de sorte que je ne dois pas attendre qu’elle en revienne ; puisque c’est un mal de Famille, & qu’il roule dans le sang. ◀Narração geral Aïez la bonté de me donner un petit mot d’avis sur mon état : je ne vous demande pas que vous me le rendiez agréable ; ce seroit trop exiger de vous : mais seulement que vous me fournissiez les moïens de le suporter avec indifference. Je suis &c.

P.S. Pour rendre justice à cette pauvre Enfant, je dois vous avertir que notre Mariage n’a pas été de son choix, non plus que du mien ; qu’à cause de cela même j’évite de lui donner aucun sujet de plainte, & que nous vivons mieux ensemble que ne font d’ordinaire ceux qui se haïssoient avant que de s’épouser. D’ailleurs, afin de ne manquer pas de respect envers ceux qui nous ont donné le jour ; ou du moins pour en extenuer le crime, ma chere Moitié maudit mon Pere & ma Mere, & je maudis les siens pour avoir fait notre Mariage. » ◀Carta/Carta ao editor ◀Nível 3

[22] Metatextualidade► Lettre sur les fausses Comparaisons de ceux qui parlent en public. ◀Metatextualidade

Nível 3► Carta/Carta ao editor► Mr. le Spectateur,

« Souvenez-vous, s’il vous plaît de faire imprimer ce Billet en Italique, afin que tout le monde y prenne mieux garde. Je n’ai autre chose en vue que d’avertir tous ceux qui parlent en public, soit au Barteau, sur les Chaires de nos Eglises, ou dans toute autre Assemblée, que leurs Comparaissons ne sont pas toujours fort exactes. Il se commet de si grands abus à cet égard, que j’ai résolu de vous exposer à l’avenir tous ceux qui viendront à ma connoissance : Qu’on se le tienne pour dit. Dimanche dernier, un Prédicateur, que je ne nommerai pas, & qui voulut censurer ses Auditeurs, parce qu’ils étoient debout pendant qu’il lisoit les Prieres, les apostropha en ces termes : On croiroit : à vous voir, que semblables à l’Elephant vous n’avez point de genoux. Or j’ai vû moi-même, à la Foire de S. Barthelemi, un Elephant qui se mit à genoux pour recevoir sur son dos le spirituel Mr. Ragotin. Je suis &c. » ◀Carta/Carta ao editor ◀Nível 3 ◀Nível 2

T. ◀Nível 1

1C’est le Trefle sauvage jaune, que les Irlandois appellent Shambrogue, & dont ils mettent un brin sur leurs Chapeaux le jour de la Fête de S. Patrice, qui est le Patron de l’Isle.

2C’est le lxxii. du Tome iv.