Sugestão de citação: Anonym (Ed.): "LIV. Discours", em: Le Spectateur ou le Socrate moderne, Vol.3\054 (1716), S. 334-339, etidado em: Ertler, Klaus-Dieter (Ed.): Os "Spectators" no contexto internacional. Edição Digital, Graz 2011- . hdl.handle.net/11471/513.20.1208 [consultado em: ].


Nível 1►

LIV. Discours

Citação/Divisa► Est huic diversum vitio vitium propè majus.

Hor. Ep. xviii. 5.

Le Vice qui est oposé à la Flatterie, me paroît encore plus insuportable. ◀Citação/Divisa

Metatextualidade► Lettre sur les défauts de quelques personnes mariées. ◀Metatextualidade

Nível 2► Nível 3► Carta/Carta ao editor► Mr. le Spectateur,

« Lorsque vous parlez de l’Amour, & des Liaisons qu’elle forme, il me semble que vous devriez prendre connoissance de tous les défauts qui regardent l’état du Mariage : Ce qui m’en choque le plus est de voir que les deux Parties intéressées manquent d’occasions, à ce qu’on croiroit, d’être souvent tête à tête, & qu’elles sont réduites à se gronder ou à se faire des amitiez en bonne compagnie. Mr Feu-ardent & son Epouse ont toûjours quelque dureté à se dire, en presence de leurs Amis ; & cela va même si loin, que tout le monde est dans l’inquiétude & dans la crainte qu’ils n’en viennent à quelque extrêmité fâcheuse, dont aucun d’eux ne voudroit être le temoin. D’un autre côté, Mr. Mignard & sa jolie Femme s’entrebaisent par tout où ils se trouvent, & ils s’imaginent sans doute qu’il en revient quelque plaisir à ceux qui le [335] voient. Ne sauriez-vous proposer un milieu entre imiter les Guêpes ou les Pigeons en public ? Il me semble qu’il seroit beaucoup mieux si vous exhortiez les Gens mariez à se haïr ou à s’aimer de bonne foi : puis qu’en ce cas, leur Haine seroit trop violente, pour en venir à toute heure à se critiquer sur des bagatelles ; & que leur Amitié seroit trop douce & trop bien réglée, pour s’évaporer en excès contraires à la bienséance. Alors ils se sauveroient du moins les aparences ; mais comme ceux qui péchent du côté de la tendresse sont infiniment le plus petit nombre, je souhaiterois qu’il vous plût de les attaquer les premiers, & de relever sur tout les manieres licentieuses de certaines Femmes, qui, non contentes de caresser leurs Epoux en public, font des allusions malhonnêtes à leurs plus grandes familiaritez, & à d’autres choses de cette nature. Lucine passe pour une Dame des plus discrettes que nous ayons, & qui d’ailleurs entend la Médecine : En vertu de ces deux beaux talens, il n’y a rien qu’elle ne dise en presence de nous autres Filles, & tous les jours elle parle d’un air fort grave, de certaines matieres, qu’on ne devroit jamais insinuer que dans un besoin extrême. Ceux qu’on apelle de drôles Corps, Gens de bonne humeur, sociables & de la meilleure compagnie du monde, sont les [336] plus sujets à ce défaut. Je vous ouvre ici un vaste champ à une honnête Plaisanterie, & je me flatte que vous prouverez à tous ces Diseurs de grossieretez, que du moins ils ne sont pas spirituels : ce qui épargnera bien des occasions de rougir à celle qui s’y voit exposée tous les jours, & qui est sincerement, &c. »

Sus. 1 Philocalie. ◀Carta/Carta ao editor ◀Nível 3

Metatextualidade► Lettre sur les Hommes qui flattent les Dames. ◀Metatextualidade

Nível 3► Carta/Carta ao editor► Mr. le Spectateur,

«Metatextualidade►  Dans 2 un de vos derniers Discours, vous & votre Correspondant traitez bien mal ceux que vous apellez Coquets ; mais il me semble que vous ne taxez les Hommes d’un Vice imaginaire, que pour complimenter les Dames, & leur insinuer qu’elles ne sont pas les plus coupables, quoique vous suposiez en même-tems qu il y en a de si foibles, qu’elles se laissent prendre à de belles paroles & à de fausses protestations. ◀Metatextualidade Je ne croi pas que vous ayez en vue d’empêcher les deux Sexes de se voir pour leur avantage mutuel, s’ils observent du moins toutes les régles de la Bienséance & de l’Honneur. Je ne croi pas non plus que vous prétendiez les encourager à s’entretenir de bagatelles, ou de Politique, en bûvant le [337] Thé ou le Caffé ensemble : Mais si de pareils Discours leur sont défendus, tant qu’il y aura des Femmes au monde qui aimeront les Eloges, & qui pourront souffrir la vue d’un Homme abattu à leurs pieds, je ne m’étonnerai pas qu’il y ait des Hommes capables de leur rendre cette impertinente adoration. Il y auroit peu de Gens assez fous pour mettre en vogue la Flatterie, si la plûpart étoient assez sages pour la mépriser. J’avoue que vous feriez un œuvre méritoire, si vous pouviez prévenir qu’on en imposât à la simplicité des jeunes Filles ; mais, s’il m’est permis de le dire, je ne trouve pas que vous ayez accusé juste à l’égard de la Personne criminelle dans ce Cas, & je me flatte même que vous me pardonnerez si je vous découvre ma pensée là-dessus. Les Novices & les Innocentes du beau Sexe, qui sont les plus exposées à ces attaques, ont toûjours, ou doivent avoir quelque personne discrette pour veiller sur leur conduite, & leurs Parens eux-mêmes y doivent prendre garde, s’ils ne veulent encourir le blâme du mal qui peut résulter de leur négligence ; mais si ceux qui devroient empêcher ces indignes bassesses, les favorisent les premiers, on a lieu de les soupçonner de quelque secret motif qui les anime, & alors je vous laisse à juger de quel côté se trouve la faute. Il y a quel-[338]ques Demoiselles qui ont atteint l’âge de discrétion, je veux dire qui ne sont plus sous la ferrule de leurs Parens ou de leurs Gouvernantes, qui sont Maitresses d’elles-mêmes, & qui avec tout cela se voyent en bute à de pareils assauts ; mais si elles y succombent, vous m’excuserez bien si je les blâme de ce que leur sagesse n’a pas cru à proportion de leurs années. Quoi qu’il en soit, Mr. Strephon, que vous avez sommé de se déclarer au plûtôt, vous remercie de votre avis, & vous demande en grace de lui donner encore une semaine de tems, ou jusques à l’entrée des vacations à la fin de ce Quartier, & alors il comparoîtra gratis sans demander un jour au-delà. Je suis, &c. »

3 Philanthrope. ◀Carta/Carta ao editor ◀Nível 3

Metatextualidade► Lettre sur une Dame qui étoit d’une humeur fort changeante. ◀Metatextualidade

Nível 3► Carta/Carta ao editor► Mr. le Spectateur,

« Je rendis visite hier au soir à une Dame que j’estime beaucoup, & que j’ai toûjours prise pour ma bonne Amie ; mais elle me fit une reception si differente de celle que j’attendois de sa part, que je ne saurois m’empêcher de vous en adresser mes plaintes. Au lieu de ces manieres civiles & familieres, qu’elle avoit accoûtumé de prendre [339] avec moi, son air hautain & son froid glaçant m’annoncerent à haute voix que je n’étois pas la bien-venue, quoique la tendresse, qu’elle m’a souvent témoignée, m’insinuât que je devois l’être. Metatextualidade► C’est là sans doute, Monsieur, un grand défaut, & il est devenu si commun, qu’il mérite que vous le releviez dans quelqu’un de vos Discours. ◀Metatextualidade Ayez la bonté de nous aprendre l’Art de cultiver cette Amitié valetudinaire, qui est sujette à tant de révolutions de chaud & de froid, & vous obligerez celle qui est, &c. »

Mirande. ◀Carta/Carta ao editor ◀Nível 3

T. ◀Nível 2 ◀Nível 1

1Ce mot Grec signifie, Qui aime les choses honnêtes.

2Je ne l’ai pas traduit pour la même raison qui m’en a fait négliger plusieurs autres.

3Ce mot Grec signifie Celui qui aime les Hommes ; C’est l’oposé de Misantrope.